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mardi 30 janvier 2018

Prisons, motards, France périphérique : cette colère qui monte et qu’ils n’entendent pas

 
 

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Le 30/01/2018


Le gouvernement devrait se méfier de ces révoltes nées de mesures vexatoires toujours dirigées contre les mêmes.

Les 80 km/h ne passent vraiment pas.
Notamment pour les conducteurs, motards ou automobilistes, qui habitent la province, cette France périphérique éloignée des autoroutes et des transports en commun.
Partout en France, des collectifs de motards ont décidé de se faire entendre auprès des élus LREM. Dans le Sud-Ouest, samedi, les mouvements « Colère 24 » en Dordogne et « Colère 47 » en Lot-et-Garonne sont parvenus à mobiliser efficacement et bruyamment des centaines de conducteurs ulcérés par toutes ces mesures qui les frappent directement (80 km/h, mais aussi hausse des carburants, nouveaux contrôles techniques, etc.).
Dans le Lot-et-Garonne, plus de 1.500 manifestants se sont invités lors des vœux du parti présidentiel LREM, à Damazan.
Partis d’Agen, ces motards menés par Jérôme Pentolini étaient bien plus nombreux que la semaine dernière, et ils ont été rejoints par des voitures, des taxis, même des ambulances.
« Nous n’avons pas été entendus samedi dernier, alors on le sera aujourd’hui ! assure le leader.
Inutile de dire que dans la salle des fêtes censée accueillir les macronistes du département, il n’y avait pas foule.
Au moins jusqu’à l’arrivée de ces citoyens en colère.
Rapidement, la discussion entre les trois députés LREM, MM. Olivier Damaisin, Michel Lauzzana et Alexandre Freschi, et les motards a tourné au dialogue de sourds.
Très bruyamment !
Il faut noter que le député de Villeneuve-sur-Lot, M. Damaisin, s’est illustré par une formule assez désopilante du « en même temps » macronien qui restera dans les annales de la langue de bois:
« 80 km/h, je ne suis pas pour car dans ma circonscription, il n’y a pas d’autoroute, il n’y a pas de voie rapide quasiment. Oui, il faut écouter tout le monde. Mais cela ne se décidera pas au Parlement. C’est réglementaire. On peut le regretter mais c’est comme ça.
Il n’a évidemment pas convaincu.
Un autre motard en colère a pris la parole : « Nous tentons de faire comprendre à nos élus que c’est un ras-le-bol général. Il y a une grogne dans ce putain de pays ! »

Réponse de notre député : « Si tu n’es pas content de ce pays, tu te barres ! »

Je vous laisse deviner la réponse de ces citoyens français en colère…
Notre député aurait-il tenu le même langage à nos migrants ou nos clandestins mécontents ?
Aux détenus indignés par la grève des surveillants ?

Ce qui est sûr, c’est que cette mesure révolte la France périphérique, et le gouvernement, qui a péché par assurance sur la question des prisons, devrait se méfier de ces révoltes nées de mesures vexatoires toujours dirigées contre les mêmes.

Pour le moment, ce n’est qu’une révolte.

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