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jeudi 25 février 2016

Gabegie financière : les premières découvertes de Valérie Pécresse

 

Publié le lepoint.fr


 
Le bail d'un château en Ile-de-France a été renouvelé pour neuf ans en novembre 2015, en pleine campagne des élections régionales... © AFP/ Manuel Cohen

La nouvelle présidente de la région Ile-de-France a commandé un audit. Mais a déjà découvert quelques dépenses fantasques de l'équipe Huchon...
 
Depuis leur arrivée à la tête de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse et ses élus commencent à écoper les décisions de la majorité précédente.
 Un audit a été commandé à un cabinet externe, mais avant même sa publication quelques pépites affleurent. Thierry Solère, député des Hauts-de-Seine et président du groupe LR au conseil régional, découvre ainsi que son bureau ne dispose pas d'ordinateur.
"On m'a demandé de patienter trois mois, le temps de passer la commande publique, soupire-t-il. Vous pensez qu'on peut se passer d'un outil de travail pendant trois mois ?"

Un numéro d'appel à prix d'or

Les demandes de subventions commencent à affluer.
Ainsi, les organisateurs de la fête de l'Huma comptaient bien se voir attribuer une aide, comme les années précédentes.
 "C'est non," répond le cabinet de la présidente. Il faut dire que le PCF avait bénéficié d'un total de 100 000 euros en 2015, divisés en plusieurs petits lots (un pour la bâche, l'autre pour un stand...) de manière à ce que la somme ne semble pas trop importante...
Trop tard en revanche pour revenir sur les 500 000 euros alloués à l'édition 2016 du Festival du film de l'environnement.
 "Une somme énorme pour un festival suivi par 10 000 visiteurs !" s'insurge l'entourage de la présidente.
Valérie Pécresse ne renouvellera pas la subvention annuelle du service téléphonique "Jeunes violences écoute" qui avait fait l'objet d'un marché en 2013.
En 2015, c'est un million d'euros qui a été consacré à ce service qui reçoit en moyenne... 9,6 appels par jour.

Valérie Pécresse considère non seulement que ce service fait doublon avec d'autres structures, mais aussi que le coût de revient par appel (285 euros) est bien trop onéreux.
 
Le bail d'un château renouvelé pour 9 ans

Autre découverte : la région Ile-de-France administre un petit château, celui de Villarceaux, 600 hectares transformés en magnifique résidence d'artistes, qui offre aussi des ateliers pédagogiques aux enfants du Vexin.
En fait, la "bergerie de Villarceaux" appartient à la fondation Charles Leopold Mayer pour le progrès de l'homme.
La région paie à celle-ci un loyer d'un euro symbolique.
Le bail court sur neuf ans.
Il a été renouvelé en novembre 2015 pour neuf nouvelles années.
Valérie Pécresse constate, avec amertume, qu'une décision aussi lourde a été prise en pleine campagne des régionales...
Les retombées fiscales ne sont pas négligeables : la région acquitte en effet 20 000 euros annuels de taxes foncières et d'habitation, alors que Villarceaux ne génère aucune recette.
 
La dernière fête aux espaces verts

Autre incongruité du domaine de la région : le lycée professionnel Mariano-Fortuny, dans le 17e arrondissement de Paris, a été fermé en 2010.
Il accueillait les apprentis coiffeurs.
Depuis, l'établissement est loué à l'acteur Albert Dupontel pour 300 euros par semaine...
Une somme jugée dérisoire par la nouvelle majorité.
Enfin, Valérie Pécresse est pressée de se plonger dans les gestions des nombreux "organismes associés" qui dépendent de la région.

 Ils se sont multipliés sous le règne de Jean-Paul Huchon, et permettaient surtout d'y placer de nombreux élus régionaux.

Parmi eux, l'agence des espaces verts présidée par le conseiller régional PS, Olivier Thomas, maire de Marcoussis.

Stupeur des services de Pécresse de voir remonter une facture de 3 700 euros concernant une réception "à l'occasion du départ du président".

La facture date de janvier 2016, soit après les élections régionales.

Techniquement, très discutable.

En somme, pour le PS à la région Ile-de-France, même quand la fête est finie, on trouve le moyen de dépenser pour une dernière bamboche...

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