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mercredi 28 octobre 2015

Calais, ou les valeurs de la gauche

                                                    

Le 28/10/2015
 
Prendre soin des gens qu’on accueille, c’est pas une valeur de gauche, ça ? Ou alors, faut pas les accueillir. Mais on ne laisse pas des humains en déshérence tout en se baladant sur les plateaux de télé pour faire le beau et le généreux.
   
« À gauche, les valeurs décident de tout », assène un Jean-Christophe Cambadélis qui a cru bon de confier cette intime conviction à l’éditeur Plon pour inonder notre beau pays de cette forte sentence.
Aux dernières nouvelles, moins de 300 personnes ont acheté le petit livre blanc de Solférino.
 Qu’est-ce qui fait fuir les lecteurs ?
 Ne serait-ce pas ces fichues « valeurs », dégainées à tout propos, au saut du lit comme à la brune, pour un oui, un non, un peut-être ou un sûrement pas, par tout ce qui reste de socialistes en France, c’est-à-dire, en gros, les membres du gouvernement et leurs prébendés.
 Alors, parlons-en, de ces valeurs.
Dans l’imaginaire populaire, la gauche, historiquement, a été synonyme de générosité, d’attention aux autres, notamment aux plus faibles, de mieux-être, même si tout cela coûte cher et que la gauche a toujours eu du mal avec le financement de ses idées.
On a eu le repos du dimanche (1906), la semaine de 40 heures et les congés payés (1936), deux, puis trois, quatre, et maintenant cinq semaines (depuis 1981).
 On a eu la Sécu et les allocs, avec de Gaulle (1945 et 1946). On a eu le RMI (1988) et les 35 heures (1998 et 2000).

Ça, c’était avant.
Puis est arrivé 2012.
Vous vous souvenez : « Le changement, c’est maintenant ! »
 Il avait raison, le bougre
. Mais il n’a pas dit que le changement, c’est tourner le dos à l’idéal de ce qu’il est convenu d’appeler « la gauche » depuis plus d’un siècle.
C’est ce reniement, cette volte-face – on oserait même parler d’apostasie – qui fonde la colère du peuple de France.
Qui n’est pas dans la rue, aujourd’hui ?
 On y a vu les familles, les profs, les parents d’élèves, les médecins, les avocats, les professionnels du droit, les gardiens de prison, les taxis, les Bretons…
 Et voilà que l’État socialiste omnipotent, omniprésent, est attaqué au tribunal par deux organisations dont on ne peut soupçonner ni l’activisme échevelé ni l’antisocialisme primaire : Médecins sans frontières et le Secours catholique.
Pourquoi ?
Parce que l’État ne fait pas ce qu’il faut dans cette pétaudière insalubre qu’est devenu le bidonville de Calais.

Ils dénoncent trois points d’eau seulement pour 6.000 êtres humains, l’insalubrité absolue des lieux, le manque total d’hygiène et d’accès aux soins.
 Et, en prime, les viols et les violences.

 Bref, les singes, les girafes, bref les animaux du zoo de Vincennes sont mille fois mieux traités.
 Prendre soin des gens qu’on accueille, c’est pas une valeur de gauche, ça ?
 Ou alors, faut pas les accueillir.

Mais on ne laisse pas des humains en déshérence tout en se baladant sur les plateaux de télé pour faire le beau et le généreux.

 C’est plus que de l’indécence : c’est du cynisme obscène.

Voilà des mois et des mois que ces deux organisations, et bien d’autres, tirent la sonnette d’alarme.
 Et il ne se passe rien !
Rien que des paroles, du baratin, du bla-bla-bla.
Faut-il qu’elles soient à bout pour demander à la justice d’obliger ces « gouvernants » à faire un boulot qui les répugne : « Calais ?Vous rigolez ! Je vais salir mes Weston ! »

Ces gens-là sont la honte de la France.

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