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vendredi 10 octobre 2014

Ebola : vers la psychose collective ?


la-mort


Le 10 octobre 2014


   
Ebola, pour l’instant, ce sont 3.500 morts. 3.500 morts de trop, dira-t-on. Mais "seulement" 3.500 morts.

Bien sûr, l’actuelle épidémie du virus Ebola est un drame.
 Dans notre société de plus en plus hygiéniste, de plus en plus aseptisée, les microbes sont devenus une hantise.
D’où les récentes psychoses de la vache folle, de la tremblante du mouton, du virus H1N1, à l’occasion desquelles des animaux furent massacrés par centaines de milliers, au nom du sacro-saint « principe de précaution », tandis qu’on nous fourguait des vaccins par wagons entiers, le tout aux frais du contribuable, pour une utilité somme toute assez peu avérée ; même Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé, en convient aujourd’hui en loucedé.
Ebola, pour l’instant, ce sont 3.500 morts. 3.500 morts de trop, dira-t-on. Mais « seulement » 3.500 morts.
 Soit finalement assez peu, une fois comparés aux 30 millions de décès dus à la grippe espagnole, en 1918, ou aux 34 autres millions de la tristement célèbre peste noire du Moyen Âge.
 On notera que ces pandémies étaient autrement plus mortelles, sachant qu’il suffisait d’en respirer les miasmes pour se trouver contaminés.
Rien de tout cela avec le SIDA, par exemple, ou l’Ebola pour ce qui nous occupe en ces lignes.
On notera encore que ces deux maladies ont en commun – hormis le modeste nombre de leurs victimes (pour l’instant ?) – de présenter une forte charge émotionnelle.
 La première ?
La peste du show-biz, des homosexuels et des Africains.
 La seconde ?
 Celle des Africains tout court.
Avec tous les fantasmes que cela peut charrier dans des esprits enfiévrés, quelles que soient leurs options politico-religieuses : syndrome de « pédés » ou « d’arriérés » n’ayant, pour diverses raisons, rien à faire « chez nous »…

En 1990, durant la première guerre du Golfe, nombre de nos compatriotes dévalisaient déjà les supermarchés afin de faire provision de nouilles, d’huile et de farine.
 Tout cela pour une guerre se déroulant à plusieurs milliers de kilomètres de nos frontières. Qu’auraient-ils fait si le conflit s’était trouvé à nos portes ?
Creusé des bunkers dans leurs jardins ?
Tué le voisin pour encabaner ses lapins et hamsters au congélateur ?
On ne sait jamais, la disette est si vite arrivée…
Voilà peut-être pourquoi, au-delà de l’indéniable progression d’Ebola, toutes les précautions demeurent évidemment à prendre, sachant qu’il vaut toujours mieux prévenir que guérir.
Mais de là à ce que certains parents refusent d’envoyer leurs enfants à l’école parce que l’une de leurs camarades reviendrait de vacances en Afrique, comme d’autres naguère refusaient d’embrasser un homosexuel réel ou présumé, il y a de la marge.
Saint Louis, pourtant, ne craignait pas d’étreindre les lépreux, de nettoyer leurs plaies, tout comme ses augustes successeurs ne rechignaient pas à soulager les écrouelles, même au risque de se faire plomber au passage.
Petit détail, pour finir.
 Les autorités médicales mondiales ne savent que peu de choses du virus en question.
Si ce n’est que dans les jungles africaines, il se transmettrait de singes en chauves-souris, et éventuellement ensuite aux humains, par contact de sang ou d’humeurs corporelles.

 Il est aussi dit, sans que cela ne soit scientifiquement prouvé, que la déforestation massive de l’Afrique – pour que les Occidentaux puissent, sur des tables basses en bois précieux, poser des livres qu’ils ne liront jamais – aurait libéré de ces mêmes jungles des monstres viraux qui n’auraient jamais dû en sortir.

Quand le monde tourne fou, quoi d’étonnant à ce que les hommes s’en rendent malades ?

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