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samedi 22 février 2014

Nantes : la manifestation contre l'aéroport Notre-Dame-des-Landes dégénère

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Des CRS face à des manifestants qui protestent contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, à Nantes (Loire-Atlantique), le 22 février 2014.
  CRS face à des manifestants qui protestent contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, à Nantes (Loire-Atlantique), le 22 février 2014. (FRANK PERRY / AFP)
La manifestation des opposants à l'aéroport Grand Ouest à Notre-Dame-des-Landes a dégénéré, samedi 22 février, à Nantes (Loire-Atlantique).
 De violents heurts ont opposé des manifestants aux forces de l'ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau.
Ces incidents ont fait trois blessés parmi les forces de l'ordre qui ont interpellé une personne, selon la préfecture de Loire-Atlantique.
"La fête est gâchée, les organisateurs sont débordés par la frange radicale sur laquelle ils s'appuient depuis le début de ce mouvement", indique la préfecture, qui ne donne pas d'évaluation du nombre de manifestants.
"C'est plusieurs dizaines de milliers", assure Julien Durand, porte-parole de l'Acipa, la principale organisation d'opposants au projet d'aéroport, tout en refusant de donner un chiffre précis.
 Selon lui, la participation est équivalente aux précédents grands rassemblements, comme celui de novembre 2012 qui avait compté selon les organisateurs 40 000 personnes (13 000 selon la police).

Des projectiles lancés sur les forces de l'ordre
 
En différents endroits du parcours de la manifestation, des participants ont tiré des projectiles - bouteilles, canettes, billes d'acier, fusées de détresse - en direction des forces de l'ordre et s'en sont pris à un poste de police ainsi qu'à une agence du groupe Vinci, concessionnaire du projet d'aéroport.
Les forces de l'ordre ont chargé à plusieurs reprises.
 Depuis un barrage tenu par les forces de l'ordre cours des Cinquante-otages, la principale artère de la ville, les CRS ont fait usage d'une grande quantité de grenades lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de canons à eau.
Une foreuse de chantier a aussi été incendiée, des objets ont été lancés sur les caténaires SNCF afin de bloquer la circulation des trains, selon des sources policières.
Une antenne policière près du lieu d'arrivée de la manifestation a fait l'objet d'une "attaque et d'une tentative d'incendie", selon la même source.
Jean-Marc Ayrault, cible des manifestants
"Peu importe ce que dira la préfecture, pour vous tous et toutes c'est un grand succès", a commenté Julien Durand, en se plaignant que la manifestation ait été "coupée par une intervention des forces de l'ordre".
 La manifestation avait commencé dans une ambiance bon enfant.
"Ayraultport non merci", "Non à l'Ayrault porc", "Vinci dégage Ayrault aussi", "Ni aéroport ni métropole, la ville est à nous" entendait-on dans le cortège.
A un mois des municipales, les manifestants visaient directement dans leur slogans comme sur leurs banderoles le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien député-maire de Nantes et fervent partisan du projet.
 L'inauguration du futur aéroport, prévue initialement en 2017 est désormais envisagée seulement "en 2019 ou avant 2020" par les partisans du transfert.
 Le projet, reconnu d'utilité publique en 2008, est justifié par ses partisans, du PS comme de l'UMP, notamment par le risque de saturation de l'actuel aéroport de Nantes Atlantique. 

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