jeudi 28 mars 2019

« Silence on tue dans les hôpitaux français! Colère dans les cathéters. » L’édito de Charles SANNAT


par | 28 Mar 2019 |
 
Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,
Dans notre pays, tout devient comptable.
On compte.
Trop cher.
 
Silence on tue.

Chaque jour.
 
Avec « tact, humanité et délicatesse »…
Elle est vieille votre grand-mère… « va falloir vous y faire ». 93 ans, on ne lui donne plus à manger à la petite vielle.
Elle se meurt. La famille arrive. Tendance « Gilets Jaunes » à 11… et bon sens paysan…. « chez nous la bouffe c’est la vie ».
Il n’y a pas 10 ans d’études de médecine dans cette phrase mais 1 000 ans de bons sens.
La mamie est mise sous simple perfusion.
Alimentée à nouveau. 3 jours après elle rentre chez elle pas en courant mais en trottant… 93 ans, il va falloir s’y faire ou pas…
Cette scène a eu lieu dans un hôpital de France la semaine dernière. En Belgique, les derniers sondages à la mode concernent l’âge à partir duquel on doit cesser les soins. Questions que l’on pose à des gens de 30 ans qui pensent avoir toute la vie devant eux et dont les parents n’ont pas encore 85 ans âge à partir duquel il faudrait cesser de soigner…
 
Vous savez pourquoi ils l’ont alimentée?

Parce qu’ils n’ont pas le droit de laisser mourir les gens, même si cela coûte cher.
Quand on tue, il ne faut pas que cela se voit!
Ne pas alimenter un ancien n’est pas la même chose que refuser de faire de l’acharnement thérapeutique.
C’est condamner volontairement à la mort.
Si la famille râle, s’il y a une famille pour le faire, alors, pas vu pas prix, mais prix pendu (si je dis prix c’est bien parce que c’est vraiment une question de prix).
Il ne faut pas en vouloir aux personnels.
Quand il n’y a plus de sous et que l’on fait croire que tout est gratuit, on rationne! On compte.
La perf on la donne à qui? Qui est prioritaire quand il n’y en a pas assez? Evidemment, pas la petite mamie de 93 ans.
Tous les jours des médecins appellent des familles, qui sont souvent loin. « On fait quoi pour votre maman/papa/oncle/tante/ (rayez la mention inutile)?
Vous êtes à 500 kilomètres, vous êtes au travail, prix (faute volontaire) de cours.
 
« On fait quoi »?


Réponse classique….
« Je n’en sais rien moi, je ne suis pas médecin, vous en pensez quoi vous »?
Elle a 93 ans, il va falloir vous y faire…
Vous voyez où je veux en venir?
Le système ne veut pas « d’histoire », pas de « problème », nous sommes en démocrassie. Ne l’oubliez pas. C’est important la « démocrassie ».
« Nos valeurs qu’il faut défendre blablablabla »… mais sans dépenser trop de pognon pour des gueux qui ne sont rien, et ne servent pas à grand-chose, en plus en haut lieu on pense que « ça coûte un pognon de dingue ».
Alors on s’y fait et 3 jours après la petite mamie de 93 ans ne rentre pas chez elle mais rejoint sa dernière demeure.
 
La vie c’est comme votre épargne… ne laissez jamais les autres décider pour vous!

A un dîner entre amis, un couple de copains nous disait, « tu sais Charles, nous on n’a pas tes compétences pour comprendre toutes ces choses-là l’économie, machin toussa, alors tu sais, moi je ne suis pas qualifié pour avoir un avis ».
Sauf que ce couple de copains a créé une entreprise de construction où ils bâtissent chaque année 300 maisons, font travailler des dizaines de gens, et savent tenir une boutique.
Ils sont en économie appliquée, qui est la seule qui au bout du compte compte véritablement, nettement plus qualifiés que moi et que l’immense majorité des mamamouchis qui prennent des airs doctes sans avoir jamais rien fait d’autre que de passer des concours très difficiles ce qui n’est qu’une toute petite partie de la problématique.
 
On ne gère pas un pays parce que l’on a passé un concours. Maladie française.

On ne gère pas avec efficacité un pays uniquement parce que l’on est « fort en math ».
Marc Aurèle, l’un des mes empereurs romains préférés, n’avait pas fait l’ENA ni l’X…
On ne gère pas un pays uniquement en regardant les tableurs excel de Bercy, même si c’est très important!
Ne laissez donc jamais les autres décider pour vous.
Vous êtes les plus qualifiés pour défendre vos propres intérêts et ceux de ceux que vous aimez.
Trop cher donc…
Silence on tue.
On ne fait plus la différence entre soins et acharnement thérapeutique.
Même les soins sont trop coûteux.
Trop cher.
 
Dans un pays où les soins sont gratuits, pour économiser on les rationne!

N’oubliez jamais cette règle.
Il n’y a pas assez de médecins?
C’est volontaire.
C’est le fruit des décisions de ceux qui nous dirigent depuis 40 ans.
On fait croire à la gratuité, mais il n’y a rien de gratuit dans la vie, à un moment il faut payer.
Par les impôts, par les cotisations, par les dettes et les déficits, peu importe, à un moment on paye.
Oui.
La santé a un coût.
Mais la santé n’a pas de prix!
La vie n’a pas de prix!
Regardez ce qu’en pense le personnel de cet hôpital…

 



Nous sommes en « démocrassie », nous sommes même dans un système que nous pourrions appeler « hypocrisie » et dans ce système hypocrisie, il ne faut pas que les choses se voient, il ne faut pas se faire attraper, il faut maintenir des fictions imaginaires et faire semblant de croire à des histoires qui ne sont que d’immenses mensonges qui vous font prendre de mauvaises décisions.
Ne laissez pas les autres décider pour vous.
Appuyez-vous sur la charte du patient, sur les droits du patient, surveillez, car, la « confiance n’exclut pas le contrôle » comme le disait le vieux chef de ma femme.
Vous êtes les plus qualifiés pour savoir ce qui est bon pour vous.
Personne ne peut mieux savoir que vous, si vous voulez encore un peu plus de sel ou de poivre dans vos pâtes ou si le goût est à votre parfaite convenance.
Si vous êtes les plus qualifiés pour savoir ce qui est bon pour vous.
Si vous êtes les plus qualifiés pour décider de ce qui vous concerne alors il ne faut pas laisser les autres décider pour vous.
Les implications de ce principe sont redoutables.
Cela signifie qu’il faut se méfier de tous les vendeurs, et autres conseillers, car comme le dit l’adage populaire, « les conseilleurs ne sont pas les payeurs ».
Logique. Encore une fois, vous êtes les plus qualifiés pour savoir ce qui est bon pour vous.
Cela signifie également, que confier son pouvoir de décision et s’en déposséder en remettant lors des élections notre pouvoir à nos « représentants » qui vont dans leur immense sagesse décider de ce qui est bon pour nous est certainement l’une des plus grandes escroqueries intellectuelles.
Mais cette escroquerie n’est pas aussi grande que celle qui consiste à vous faire croire que vous êtes des imbéciles incapables de savoir ce qui est bon pour vous et donc de décider!
Nous sommes en démocrassie, on pourrait même dire avec l’accent giscardien que nous sommes en « démocrachie ».
 
« La démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres »

Normalement à ce niveau du raisonnement on m’explique « Charles, la démocrachie est le pire des systèmes à l’exception de tous les autres »…
Facile! Fermez le ban. Terminé. Fin du débat…
Et bien non, je suis un garçon tenace.
Il y a la démocrachie et la démocratie et plein d’autres formes intermédiaires de démocrassies…
Nous sommes dans une « démocrachie » représentative où les représentants représentent des intérêts qui ne sont pas les nôtres.
Moi, mes amis, mon intérêt c’est de voir toutes les petites mamies de ce pays sans distinction d’origine sociale, culturelle ou ethnique soignées accueillies, aimées et accompagnées avec dignité, bienveillance, avec une main tendue quand le dernier voyage vient quand même et malgré tous les soins prodigués.
Voilà mon intérêt et le vôtre.
Quand la démocrassie ne permet pas cela, alors la démocra-chie… et les événements actuels qui secouent notre pays montrent bien à quel point c’est le cas.
Vous êtes, nous sommes, les plus qualifiés pour savoir ce qui est bon pour nous.
Il n’y a rien de plus subversif que cette idée, car elle implique que vous décidiez pour vous et par vous.
Il n’y a rien de plus subversif que cette idée, car elle implique de dénoncer l’escroquerie de notre démocrassie représentative pour ce qu’elle est, à savoir une escroquerie où une petite caste s’arroge tous les droits pour décider pour tous les autres et confisque le pouvoir (ce qui est d’ailleurs formellement interdit par notre Constitution qui avait très bien vu les dangers).
 
Article 3 de notre Constitution
 
« La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum.
Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice ».
Il n’y a rien de plus subversif que cette idée où vous êtes les plus qualifiés pour décider pour vous.
Si vous comprenez le sens de cette idée, sa force, et ses implications, alors vous êtes un véritable « libéral » dans le sens de la liberté, qui ne va jamais sans immenses responsabilités.
Vous voyez également l’importance d’une autre grande idée que j’avais évoquée ici et qui est celle de la subsidiarité qui est la manière d’organiser le « faire ensemble » ce que nous ne pouvons faire seul ou individuellement, car prôner la liberté individuelle n’a rien à voir avec l’individualisme forcené que l’on veut nous imposer pour nous réduire uniquement à la dimension de consommateur.
 
C’est pour toutes ces raisons que le RIC, revendication maîtresse des Gilets Jaunes, est une idée aussi subversive et décriée!
Parce qu’elle consiste à remettre le pouvoir de décision à ceux qui sont les plus aptes à décider de ce qui est bon pour eux.
 
Il n’y a rien de plus libéral que l’idée de référendum présent d’ailleurs dans l’article 3 de notre Constitution.
 
Vaste programme n’est-ce pas?
 
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !
 
Charles SANNAT

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