mardi 19 février 2019

La Finlande enterre son expérimentation du revenu universel

 
 
La Finlande enterre son expérimentation du revenu universel
 
 
Il est très difficile d’aborder en quelques lignes seulement un sujet aussi passionnant et complexe que le revenu universel.
 
 
Je vous invite donc à prendre ces quelques considérations comme une contribution modeste d’éléments pour alimenter une réflexion bien plus vaste évidemment.
À titre personnel, je suis opposé au revenu universel, qui est un revenu favorisant l’oisiveté au lieu d’inciter les individus à réaliser leur potentiel de création pour le bien de la collectivité dans son ensemble.
Nous avons besoin de nous sentir utiles autant que nous avons besoin d’argent, l’ensemble constituant la dignité légitime que nous nous devons à tous.
C’est les raisons pour lesquelles je préfère l’idée de droit opposable au travail (même si ce travail n’est « rentable », car il ne faut pas confondre utilité sociale et rendement) à celle du revenu universel.
Que sort-il donc de l’expérimentation finlandaise ?
Quelques réponses et pistes dans cet article du quotidien La Croix.
 
En Finlande, le gouvernement enterre son revenu universel
 
« Les conservateurs au pouvoir ne souhaitent pas prolonger l’expérimentation lancée en 2017, au motif qu’elle ne facilite pas la reprise d’un emploi de manière significative.
Le programme, en revanche, a eu un effet sur le bien-être des bénéficiaires. »
« Du premier juin 2017 au 31 décembre 2018, deux mille chômeurs ont reçu 560 € chaque mois sans aucune contrepartie.
Pécule qu’ils pouvaient cumuler avec des allocations familiales et des revenus en cas de reprise d’emploi.
Mais la conclusion est sans appel : le mécanisme social s’est peut-être avéré efficace pour améliorer le bien-être et l’état de santé des bénéficiaires, mais pas pour la réinsertion sur le marché du travail. »
Résultat, la proportion de personnes qui ont retrouvé un emploi était de 43,7 % avec le revenu universel, contre 42,85 % sans.
Un gain trop minime pour aller plus loin, estime Ohto Kanninen, responsable de recherche à l’Institut.
« Les bénéficiaires du revenu de base se sont révélés ni meilleurs ni moins bons que le groupe de
contrôle », a-t-il conclu.

 Que peut-on mettre en relief ?
 
Rapidement, le montant proposé est sensiblement identique à notre RSA.
Un tel revenu diminue le stress, ce qui est logique puisque cela assure le « minimum » vital et fait diminuer la nécessité de « trouver » un travail.
Ce qui est, je trouve, surprenant dans cette étude et dans cette expérimentation est évidemment le fait de lier ou de vouloir lier la mise en place d’un revenu universel avec la volonté de trouver un travail !!
On constate d’ailleurs avec surprise (pour les tenants du « ils » ne veulent plus travailler) que globalement, avec ou sans revenu universel, le taux de retour vers l’emploi est le même.
On peut donc conclure que cela ne décourage pas particulièrement d’aller travailler (en tout cas en Finlande).
Dans l’esprit des partisans de ce revenu universel, l’idée n’est certainement pas de pousser les gens à rechercher quand même un travail, mais bien de pouvoir se passer de travailler.
Et c’est sur ce dernier point qu’il est essentiel de sortir de l’aspect purement économique pour devenir un tantinet plus philosophe.
 
Il ne peut pas y avoir de bonheur ou d’épanouissement sans la participation individuelle à une forme de création (qu’elle soit rentable ou non étant un autre sujet).
 
Charles SANNAT
 
Source journal La Croix ici

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