lundi 5 novembre 2018

Interview de Patrick Jardin, père d’une victime du Bataclan : « Ces morts auraient pu être évités et trois ans après rien n’a changé »


 



Patrick Jardin a perdu sa fille Nathalie dans le massacre du Bataclan.


Le Monde a consacré un article à sa « haine », le journaliste Claude Askolovitch l’a qualifié d’homme « qu’on ne peut pas aider » parce qu’il refuse de se soumettre au discours obligatoire de l’islam « religion de paix » et à l’éloge du vivre ensemble.

— Le 13 novembre, c’est la date anniversaire tragique, trois ans après, de la tuerie islamiste du Bataclan.
Votre fille Nathalie, 31 ans, éclairagiste de la salle de concert, est morte ce soir-là.
Connaissez-vous aujourd’hui les circonstances de la mort de votre fille ?

— Non. Aujourd’hui je ne sais toujours pas ni où exactement, ni comment est morte ma fille.
Je sais qu’elle avait réglé tous ses projecteurs puis qu’elle était partie à l’Opéra Rock à côté, boire un verre. Je sais aussi que dès qu’elle a entendu les premiers coups de feu elle est retournée à l’intérieur du Bataclan alors que le patron de l’Opéra Rock a tenté de l’en empêcher.
Elle lui a dit : « J’ai mes potes qui y sont, il faut que j’y retourne. »
Je crois que ce sont ses dernières paroles.

— Qui était Nathalie ?

— C’était une fille brillante et passionnée avec un cœur énorme.
Elle a eu son bac S avec mention, elle a fait l’EFAP, l’école des attachés de presse, puis un doctorat de communication et enfin une école d’ingénieur lumière.
Elle était passionnée par son boulot et par la musique.
Elle était joyeuse, drôle, entière, elle savait ce qu’elle voulait.
Ma fille était quelqu’un de formidable.

— Tout au long de cette nuit de cauchemar et le jour suivant, vous avez cherché votre fille sans relâche.
Le lendemain dimanche, alors que vous n’avez toujours aucune information de toute la journée, vous vous trouvez fortuitement en présence du Premier ministre Manuel Valls et du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.
Vous dites : « Ce jour-là j’aurais dû mettre mon poing dans la figure de Valls. »

— Oui, car j’étais dans la détresse et je pensais bêtement qu’en m’adressant à lui il m’aiderait à retrouver Nathalie.
Mais, lui, la seule chose qui lui importait, c’était que je ne fasse pas un scandale devant les caméras. Il était très préoccupé de cela.
J’ai été choqué par son attitude, par la maladresse et la bêtise d’un Premier ministre face à l’une des victimes d’un terrorisme dont il est en grande partie responsable.

— Vous affirmez que les terroristes ont torturé et égorgé les victimes du Bataclan.
Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer cela ?

— Il y a des témoignages de policiers consignés dans les 1 417 pages du rapport de la commission d’enquête parlementaire.
De même plusieurs des hommes du RAID qui sont entrés dans le Bataclan avec la BRI sont ressortis en vomissant, indiquant que ce qu’ils avaient vu était « épouvantable ».
Alors que ce sont des hommes rompus à toutes les situations, ils ont affirmé n’avoir jamais vu de choses aussi terribles.
Enfin au procès de Jawad Bendaoud, le logeur des terroristes, le père de l’une des victimes est venu témoigner en pleurs à la barre disant que lorsqu’il est allé reconnaître le corps de son fils à la morgue il n’avait plus d’yeux dans les orbites.

— Vous n’observez pas le discours obligé des proches de victimes des attentats : « Vous n’aurez pas ma haine », « Au nom du vivre ensemble », etc. Pourquoi ?

— Parce que je ne peux pas comprendre que l’on puisse pardonner à ceux qui ont perpétré un tel carnage et de telles souffrances.
Et puis pour pardonner il faut que l’on demande pardon, or ce n’est pas le cas, loin de là.
Certains musulmans se sont même réjouis de ces attentats et cela me révolte.

— Savez-vous si d’autres parents de victimes d’attentats sont dans le même état d’esprit que vous ?

— Non, je ne pense pas.
Il y en a qui se battent au quotidien avec leurs avocats mais je n’en connais pas d’aussi virulent que moi.
Je ne leur en veux pas, chacun se bat avec ses propres armes et sa propre sensibilité.

— On vous a beaucoup reproché de « faire le jeu de l’extrême droite », d’avoir été « récupéré par la fachosphère », pourquoi vous êtes-vous rapproché des médias alternatifs ?

— Je ne me suis pas rapproché de qui que ce soit, j’ai appelé TOUS les hommes politiques à lutter à mes côtés afin d’empêcher l’inacceptable, à savoir la tenue du concert de Médine au Bataclan.
Le problème, c’est qu’il n’y a que des gens de droite qui m’ont répondu et il n’en a pas fallu plus pour que les journaleux me traitent de « facho », c’était tellement facile.
J’ai été victime de la couardise et du manque de courage des politiciens de gauche.
Pour moi peu importe qui luttait à mes côtés et de quel bord il était, l’essentiel était d’avoir le même but.
Mon combat n’était pas celui d’un parti politique.
Nous avons gagné. Je me suis battu pour empêcher une énième et insupportable provocation islamiste et parce que pour moi c’était comme si l’on tuait ma fille une seconde fois.

— Que répondez-vous à ceux qui comme Edouard Philippe ou Benjamin Griveaux prônaient la tenue de ce concert au nom de la « liberté d’expression », justement en réponse à l’ennemi terroriste et totalitaire ?

— La liberté d’expression s’arrête là où commencent la liberté et la sécurité des autres (première des libertés).
On ne peut pas tout accepter sous le prétexte de la soi-disant liberté d’expression.
Surtout lorsque le rappeur islamiste en question appelle au meurtre.
Quant à Edouard Philippe, lui, c’est différent, il connaît très bien Médine, ils fréquentent le même club de boxe et Edouard Philippe a subventionné ce club lorsqu’il était maire du Havre.

— Trois ans et un nouveau gouvernement après, est-ce que les choses ont changé en France en matière de menace terroriste et d’islamisation ?

— Trois ans après rien n’a changé.
Nous sommes toujours à la merci d’un attentat islamiste sanglant.
La menace n’a pas reculé.
Les responsables politiques n’ont tiré aucune expérience ni aucune conclusion des attentats précédents.
Depuis, il y a eu d’autres morts.
Les Français sont menacés chaque jour d’une nouvelle tuerie sous une forme ou sous une autre.

— Pensez-vous qu’il y a une défaillance de l’Etat dans le traitement des fichés S et des djihadistes ?

— Bien entendu. Comment expliquez-vous que l’un des terroristes du Bataclan qui était fiché S ait réussi à se faire refaire un autre passeport ?
Certains fichés S plus dangereux que les autres sont astreints à un contrôle judiciaire strict mais seulement de 6 heures à 18 heures, cela leur laisse du temps libre pour commettre leurs méfaits.
Les fichés S étrangers ou binationaux devraient être expulsés et ceux qui sont Français devraient être enfermés.
Il y va de la sécurité de nos concitoyens, c’est une question de vie ou de mort.

— Vous préparez un livre.
Que cherchez-vous aujourd’hui, que réclamez-vous, quel est votre combat pour la mémoire de Nathalie ?

— Je travaille effectivement à écrire un livre dans lequel je dénonce les manquements de l’Etat dans ces attentats.
Je veux démontrer que ces centaines de morts et de blessés qui souffrent encore dans leur chair et auxquels je pense chaque jour, auraient pu être évités.
Je cherche à ouvrir les yeux des Français pour qu’il n’y ait plus jamais d’autres Nathalie.
La première des mesures à prendre est de faire reculer l’islamisation de notre pays, cela commence par là.

Propos recueillis par Caroline Parmentier
 
Article paru dans Présent daté du 2 novembre 2018


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