jeudi 22 novembre 2018

Chroniques de la Révolte(ution) jour 4


par | 21 Nov 2018 |


On ne sait pas encore si c’est une révolte Sire, ou une véritable révolution, d’où le titre de cet article.

 
Une journée encore très riche.
De gros hélicos de l’armée sont partis de Paris vers la Banlieue… commentaires amusés du genre : « Tiens, ils viennent d’évacuer Macron » ou la variante « ils sont venus chercher Macron ».
À propos de Macron, il semble « qu’ils » vont venir le chercher samedi prochain, le 24.
À la Réunion (sur l’île), le Préfet vient de décréter le couvre-feu.
Nos camarades impertinents sur place sont affirmatifs.
La situation est grave.
D’ailleurs, le stade ultime de la dégradation de la situation a été franchi.
En effet, notre camarade Richard qui m’a dit « C’est pas avec mon téléphone à 25 euros que je pourrai vous faire des photos, j’ai pas de i-bidule moi »… mais « je vous assure, il n’y a plus de raviolis bio chez Carrefour », d’ailleurs, il manque pas mal de choses.
En France, des blocages un peu partout dans le pays et des forces de l’ordre qui sont dans l’impossibilité stratégique de tenir longtemps autant de terrain.
Surtout que samedi, il va falloir faire monter des renforts, beaucoup de renforts à Paris.
Il va falloir protéger Paris.
Paris va tenir, le reste de la France va tomber dans la matérialisation symbolique de la fracture de la France et de ses élites, de la France du haut, mondialiste, multiculturelle et de celle éternelle.
La FRANCE pour les uns, la F(Rance) pour les autres.
Deux visions devenues irréconciliables alors que la seconde vient de retirer son consentement à l’impôt à la première.
Vu de Paris, ce qui se passe est incompréhensible.
D’ailleurs, pendant que les « beaufs » qui puent la clope et le gasoil se rebiffent, à la capitale, c’est la panique.
Les geeks cherchent leurs codes pour vendre leurs cryptomonnaies qui s’effondrent.
En Normandie, on se marre de la chute des cryptomachins.
Mais la chute des cours du lait, ça, c’est une autre histoire ma pauvre dame…
Eh oui, les préoccupations sont très différentes.
On ne se comprend plus quand on devient trop différent et qu’il n’y a plus de liant commun.
Laissez tomber le lien social. C’est une fumisterie.
Il y a le même fossé aujourd’hui en France entre Paris et ses habitants et le reste du pays qu’entre Londres et le reste de l’Angleterre sur le Brexit…
On parle de France périphérique, on parle d’Angleterre périphérique…
Comme si les cœurs étaient Londres et Paris, et le reste des périphéries insignifiantes.
La réalité, c’est qu’en termes géographiques, les capitales ne représentent rien.
Elles pèsent en PIB et en habitants, sans être non plus la « majorité ».
 
La « guerre » est déjà perdue par l’État !

60 compagnies de CRS, 108 escadrons de gendarmes mobiles d’un côté.
De l’autre, 2 500 points de blocages tenus par ce que le méprisant de la république nomme « des Gaulois réfractaires »…
Autant dire que le rapport de force est défavorable.
J’écris ces lignes, nous sommes mardi… les gens bossent.
Mais samedi et dimanche, la France sera à nouveau bloquée, et les forces seront utilisées pour protéger et sécuriser Paris.
Macron et le gouvernement n’auront pas de trop de ses 60 compagnies de CRS, 108 escadrons de gendarmes mobiles..
La prochaine étape peut voir se dérouler une phase « d’anarchie » à partir de ce week-end en province, et voir une capitale relativement calme et coupée du reste du territoire et repliée sur elle-même et fortifiée comme un camp assiégé.
Ce sera une sacrée image.
À partir de vendredi soir, Paris va se fermer au monde pour protéger les centres de pouvoir.
« Ils » veulent aller chercher Macron.
La dernière fois, « ils » ont été gentils.
Quand les CRS ont gazé, ils sont partis.
Deux tracteurs pour défoncer les 4 camions des CRS auraient été suffisants pour que la foule prenne le Palais comme on a pris la Bastille en 1789.
Vu le mot d’ordre de monter à Paris, les autorités ne prendront pas le risque de se retrouver dans une telle situation.
 
Pourquoi débloquer les raffineries ?

Vous êtes sans doute au courant, mais tout ça, c’est à cause du gasoil, ça pollue, c’est dégueu, et il faut faire la transition énergétique et écologique avec votre argent.
Mais alors, pourquoi débloquer les raffineries puisque le diesel pollue et qu’il faut se désintoxiquer du gasoil ?
Mieux vaut laisser les gilets jaunes tout bloquer.
Ainsi, nous serions tous à pieds, à vélo, ou en voiture électrique.
Les gilets jaunes qui bloquent les raffineries sont les meilleurs alliés de la transition énergétique.
 
Je ne comprends pas… Ha, ma femme me glisse dans l’oreille qu’il y aurait quand même une histoire de taxes sur le carburant.
 
J’avais oublié !

 Ils s’en fichent bien de l’environnement… J’ai failli y croire.
 
Charles SANNAT

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