dimanche 12 août 2018

Quand Emmanuel Macron fait son cinéma à Brégançon



Emmanuel Macron est un enfant gâté de la République.

Il est aussi, et peut-être surtout, le fils spirituel de Jacques Attali qui, au passage, pense que la douce mort (« l’euthanasie, qu’elle soit une valeur de liberté ou une marchandise ») sera « une des règles de la société future ».
Et Emmanuel Macron, en nous jouant la grande scène de la verticalité, s’est voulu en quelque sorte le père de la nation.
Pas gagné.
D’abord, il faudrait qu’il commence par élever correctement sa progéniture politique – je veux parler de ces députés élus sur un coup de folie comme seule la France en est capable et grâce à la bobine de leur père spirituel accolée à la leur sur les affiches électorales.
Le Canard enchaîné nous a, en effet, révélé que le pot organisé, pour fêter la fin de la session parlementaire, le 31 juillet dernier, par François de Rugy, s’est prolongé pour un petit groupe de « Macron’s boys », façon troisième mi-temps ou soirée étudiante, dans un bureau de l’Assemblée nationale.
Tapage nocturne, intervention de la garde républicaine, riverains appelant la police…
Bref, la classe.
Parmi les bambochards écharpés de tricolore cités par le journal, le député de la Vienne Sacha Houlié qui qualifiait, chez Bourdin en mai dernier, derrière ses lunettes rondes de garçon bien sage à sa maman, de « comportementales » les taxes sur les cigarettes et le carburant, n’hésitant pas à évoquer la nécessité de changer le comportement des gens.
Et pour le tapage nocturne, on fait quoi, Sacha ?

Mais il est vrai que ce n’était pas la première fois qu’on faisait la teuf au palais Bourbon, puisqu’en novembre 2017, déjà, des députés macronistes avaient transformé la buvette en boîte de nuit.
Cela dit, leur maître à penser a fait mieux depuis : la cour du palais de l’Élysée, carrément.
Au fond, c’est peut-être cela, la vision de la France pour Emmanuel Macron : une vaste boîte de nuit. Avec, quand même, des salles privatives pour les soirées entre happy few, les fameux « premiers de cordée ».
Père de la nation, disions-nous.
Et quoi de mieux, pour cela, que de s’afficher avec des enfants autour de soi lorsqu’on a cette prétention.
Un truc vieux comme le pouvoir, donc comme le monde.
Ils l’ont tous fait, les gentils comme les méchants, vous pouvez vérifier.
C’est donc ce qu’a fait Emmanuel Macron à Brégançon.
Le 7 août, après ou, mieux, avant son bain dans la piscine, le Président s’en est offert un, mais de foule.
Renouement, en quelque sorte, sans passer par l’église tout de même, avec la grande tradition des vacances à Brégançon sous Pompidou, Giscard et Chirac.
Et là, rencontre fortuite avec un gamin de six ans et demi (ça compte, à cet âge !), pur fan d’Emmanuel Macron qui « adore la politique », selon sa mère.
Il y a bien des enfants qui croient au père Noël et des parents qui n’osent pas dire qu’il n’existe pas ou bien que, s’il existe, il se pourrait qu’il soit une ordure.
Alors, pourquoi ne pas croire en Emmanuel Macron ?
Petit échange entre le Président et le gamin devant les caméras et les micros – dont celui d’Europe 1 -, la France pleure d’émotion et s’essuie une larme au coin de l’œil en même temps que le front trempé de sueur, canicule aidant.
Sauf que la rencontre n’avait rien de fortuit puisqu’un journaliste, justement d’Europe 1, vient de raconter qu’il avait facilité cette rencontre, le service de presse de la présidence ayant appris que le gamin guettait son idole depuis quatre jours devant les grilles du fort.
Quand on peut aider…

Correction : la France n’est pas une boîte de nuit mais une émission de télé-réalité.

Georges Michel

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