mercredi 25 juillet 2018

Un copinage malsain selon le préfet de police. Assurément, mais à l’Élysée.


Lors de son audition par la commission des lois, le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, a employé, pour qualifier les méfaits de Benalla, l’expression de « copinages malsains ».
 

Dans son esprit, les graves dysfonctionnements observés dans l’entourage proche du président de la République ne seraient donc dus qu’à une poignée de trublions, trois fonctionnaires de police de la DOPC (direction de l’ordre public et de la circulation de la préfecture de police) et, bien entendu, Benalla et son comparse de la République en marche, Vincent Crase.
Il est vrai que ces hauts fonctionnaires de police feraient des coupables idéaux.
Surtout si, à l’Élysée, on parvient à persuader l’opinion que des réseaux parallèles sont à la manœuvre au sein de la police parisienne.
Heureusement pour ces policiers, de nombreux témoignages, y compris filmés, viennent contredire le système de défense mis en place par la garde rapprochée de Macron.
Manifestement, ce système repose sur trois piliers.
Tout d’abord, l’accusation sans discernement des policiers.
Et là, tous les coups sont permis, y compris les pressions sur certains d’entre eux afin, le cas échéant, de les faire revenir sur certaines de leurs déclarations.
Le second rempart édifié par LREM est le leitmotiv selon lequel il ne s’agit en aucun cas d’une affaire d’État mais bien des dysfonctionnements individuels auxquels l’Élysée serait tout à fait étranger.
Là encore, les faits démentent chaque jour davantage cette argumentation.
En effet, Benalla, employé par l’Élysée, disposait de moyens considérables pour un individu qui aurait agi seul et de sa propre initiative.
Voiture de fonction équipée police, appartenant sans aucun doute au parc automobile du palais présidentiel.
Port d’armes obtenu en infraction à la réglementation en place.
Insignes de police et radio portable que l’Élysée, par ses réseaux, n’a aucun mal à se procurer.
Et tous les avantages, logement luxueux, salaire mirobolant, que la presse révèle au jour le jour.
Il ne s’agit donc en aucun cas de la faute d’un individu mais bien des exactions d’un système policier parallèle sciemment mis en place au plus haut niveau de l’État.
Enfin, les nombreux contre-feux allumés par les députés de la République en marche qui ne cessent de crier au complot politique, comme s’il s’agissait d’une banale affaire d’arrière-cuisine.
À n’en pas douter, les faits qui chaque jour sont révélés par les protagoniste de cette affaire mettent bien en évidence, comme l’a souligné dans son témoignage le préfet de police de Paris, des « copinages malsains ».
Mais ceux-ci sont, sans aucun doute, davantage à rechercher dans la caste macronienne qui dirige la France aujourd’hui que chez des fonctionnaires de police qui sont soumis actuellement à une pression hiérarchique sans précédent.
Plus que jamais, le système se resserre autour de Macron.
Des consignes fermes sont données pour que les témoignages devant les différentes commissions (Assemblée nationale et Sénat) soient verrouillés, et ce, quitte à mentir de manière flagrante.
Ainsi, n’en déplaise à la Macronie aujourd’hui aux abois, il s’agit bien d’une affaire d’État et non de quelques dérives individuelles.
Ce que révèlent les faits de manière parfaitement claire, c’est la mise en place, au plus sommet de l’État, d’un réseau chargé de contrôler, de diriger et, au besoin, de s’immiscer dans le fonctionnement normal de nos institutions, celui de la police nationale, notamment.

Non, Benalla n’est pas cet électron libre que la majorité présidentielle veut nous vendre à n’importe quel prix.

Il est tout simplement le révélateur d’un système corrompu actuellement en perdition.

Olivier Damien

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