jeudi 5 juillet 2018

Émeutes urbaines à Nantes : des incendies partout, l’extrême-gauche manipule les émeutiers [Photos]

 
 
 
 
 
MAJ : Les lignes de tramway 1, 2 et 3 ainsi que plusieurs lignes de bus ont été perturbées entre 6 et 8h ce matin à cause de nouvelles barricades et émeutes notamment à Bellevue, Malakoff et aux Dervallieres.

Au Clos Toreau où deux voitures ont brûlé cette nuit une barricade en flammes barrait le Busway devant la mairie annexe Nantes sud vers six heures du matin, selon une riveraine.
Il est une heure et demie.
Dans la rue du maréchal Joffre, au centre de Nante, une forte odeur de brûlé flotte.
C’est le vent qui rabat les fumées des incendies du quartier Malakoff.
Au fond, un voile flotte sur la place Louis XVI, seul le roi en haut sur sa colonne surnage au milieu de la fumée.
A Malakoff, la maison de quartier des Haubans, incendiée vers minuit, est complètement détruite.
La poste a aussi vu sa vitrine fracassée, mais le commerce halal au fond de la place est tout à fait intact.
Nous nous rendons sur place.
Aux divers accès de la place, des véhicules ont brûlé.
 Des affrontements ont opposé plusieurs dizaines de délinquants aux policiers.
Une voiture, retournée sur le toit entre la place et le pont, clignote toujours.
Les délinquants n’ont pas eu le temps de l’allumer.
Une dizaine de voitures au bas mot a brûlé dans le quartier, entre le boulevard de Sarrebruck – dont deux près de l’église – et la place Rosa Parks.
 
Nantes entre dans sa deuxième nuit d’émeutes, commencées avec la mort d’un délinquant recherché par la justice qui a refusé de s’arrêter à un barrage routier au Breil-Malville la veille.
Pendant ce temps, des incendies éclatent au Chêne des Anglais, rue Samuel de Champlain, où une dizaine de voitures sont brûlées et plusieurs aubettes de bus pulvérisées.
Suite à des dégradations à Bellevue et aux Dervallières, la TAN arrête tout son réseau dès minuit.
Au Breil, les émeutes avaient commencé dès la fin de soirée.
« J’étais à dîner chez un ami », nous raconte un témoin.
« J’ai bien vu, il y avait d’un côté une centaine de personnes – de cinq à cinquante ans – qui attaquaient les policiers, et ceux-ci répliquaient avec des flashballs et lacrymos. Plusieurs voitures ont brûlé, c’était chaud, très chaud ».
Un pompier confirme : « ça crame de partout ; à Bottière, à Bellevue, Dervallières, Malakoff, Clos Toreau [Nantes sud], Chêne des Anglais, au Breil, partout. Là où il n’y a pas de risque de propagation, on ne vient pas, on n’arrive pas à suffire à la tâche ».
Les incendies se concentraient aux entrées des quartiers  » sensibles  » ainsi qu’en plein centre, souvent autour des places centrales ou des centres commerciaux.
Un policier de service cette nuit confirme « plusieurs dizaines d’interventions » au moins.
Au moins huit personnes ont été interpellées pour participation masquée à un attroupement, dégradation volontaire, jets de projectiles principalement.
Quatre policiers auraient été légèrement blessés dans les affrontements.

L’extrême-gauche tente de récupérer les émeutes et conseille les délinquants

Selon nos informations, l’extrême-gauche locale joue un rôle clé dans la radicalisation subite – et   » spontanée  » – des délinquants, souvent d’origine africaine, de ces quartiers nantais.
En effet, la « convergence des luttes » qu’elle avait essayé en vain de mettre en place lors de la fausse affaire Théo – et qui s’était soldée par des émeutes sans lendemain aux Dervallières et à Bellevue – a été ressortie.
Et l’extrême-gauche a multiplié communiqués et déclarations incendiaires pour dénoncer le soi-disant « meurtre » du délinquant Aboubakar multirécidiviste tué au Breil pour avoir voulu forcer un barrage de CRS.
Plusieurs militants d’extrême-gauche – très connus des forces de l’ordre et ce depuis des années – ont en effet été repérés au Breil en train de conseiller les délinquants, certains au cœur même des émeutes.
A l’entrée du quartier, d’ailleurs, nous avons constaté un camion tagué « la police tue » (rue des Plantes).
Des poubelles sont rassemblées boulevard des Anglais, en tas, déjà ouvertes, pour être facilement brûlées – une tactique que l’extrême-gauche utilise souvent lors d’émeutes de rue.
D’autres étaient poussées près de voitures – boulevard Pierre de Coubertin – ou de lampadaires – à l’angle de la rue des Plantes et du boulevard des Anglais.
La multiplication des incendies et leur emplacement – le long de presque tous les accès du quartier et des voies encadrantes, pour servir d’appui à des affrontements et retarder au maximum la progression de la police et des secours – ne laisse aucun doute sur le caractère prémédité et savamment préparé des émeutes du Breil-Malville.
Il n’y a d’ailleurs guère qu’à Bellevue – où vit le principal militant d’extrême-gauche chargé de la coordination avec les délinquants de quartier – et place Rosa Parks à Malakoff que l’on retrouve cette nuit le même caractère préparé, quasiment stratégique, de l’échelonnement des incendies, des émeutes et des affrontements.
Plus tôt dans la journée, des dizaines de tags « la police assassine (elle fait son travail) » ont été faits en ville et des affiches anti-police ont été placardées un peu partout dans Nantes.
Des slogans souvent utilisés par l’extrême-gauche qui n’a d’attention que pour les « violences policières » présumées ou inventées.
Cependant, ce sont les délinquants qui subiront toute la rigueur de la justice, tandis que ceux qui les manipulent essaient de tirer leur profit politique ou personnel de la situation.

Quand Nantes brûle : Braises infos, des nouvelles brûlantes

Deux heures du matin.
Plus d’une demi-heure que Nantes centre sent le brûlé, l’odeur du feu, l’odeur du pneu, l’odeur de la guerre.
Quatre heures que les émeutes ont commencé au Breil, deux heures pour le Chêne des Anglais, Bellevue, Malakoff, une demi-heure à une heure pour la plupart des autres quartiers sensibles.
A Malakoff, la maison de quartier Haubans finit de brûler, les pompiers arrosent les ruines, protégés par des dizaines de CRS.
Une dizaine de voitures ont été brûlées aux abords, et d’autres cassées pour permettre des vols à la roulotte.
Nous repartons pour le Breil-Malville.
Une barricade a été disposée en travers du tramway 3 entre les arrêts Sainte-Thérèse et Longchamp, au droit d’un chantier.
Au Breil-Malville, ça brûle à tous les accès.
Le long du boulevard de Coubertin au sud, rue des Primevères, et encore une à l’angle de la rue des Plantes et de la rue Charles Dullin, devant la police, vers trois heures du matin.
Derrière une murette à quinze mètres en biais, de très jeunes émeutiers caillassent régulièrement les policiers avec des pétards.
Rue Méliés, au nord, des groupes de cinq à six jeunes délinquants sont dehors, guettent le départ des policiers, alpaguent les voitures qui passent.
Ils sont vindicatifs.
Derrière le centre commercial, un local d’une association a été incendié.
La force de l’incendie a réussi à fendre l’arrière du bâtiment.
Aux Dervallières, deux commerces ont été brûlés sur la place centrale.
Sous la fumée noire, des dizaines de véhicules brûlés sur la place centrale.
Les pompiers finissent d’éteindre puis ne s’attardent pas.
La police est déjà appelée ailleurs. « C’est Bagdad », soupire un habitant.
Nous remontons vers Orvault Plaisance.

A quatre heures du matin, une barricade finit de brûler, disposée entre les deux arrêts de bus Cravate sur l’avenue Chasteland – des bordures hautes qui empêchent les voitures de faire demi-tour sur place, parfait guet-apens pour la police.
Direction les quartiers nord.
La rue Samuel de Champlain est barricadée par des poubelles vidées et brûlées.
Plus près du tramway, toutes les aubettes sont cassées depuis une heure du matin et plusieurs voitures brûlées, quasiment sous les fenêtres du premier adjoint de la mairie socialiste Pascal Bolo.
Oui, celui-là même qui ne découvre la délinquance que lorsqu’il est personnellement dérangé.
 
4h30 du matin.
La Bottière, devant la Basinerie – ancienne maison de campagne des évêques de Nantes et manoir XVIIe, une pelleteuse incendiée vers 1h30 finit de brûler, juste devant un chantier lancé par Nantes Métropole Habitat.
Un grand trou bée devant, nous le signalons tant bien que mal.
Cinq voitures au moins ont brûlé aux environs proches, certaines sont retournées sur le côté, d’autres ont brûlé dans le quartier.
La police a compté une cinquantaine de véhicules dégradés à divers degrés aux abords.
Rue Pierre Boulgier, des poubelles disposées attendent d’être brûlées pour former un guet-apens.
On repasse devant Malakoff.
Boulevard de Sarrebruck, toujours des groupes de jeunes délinquants dehors, des feux derrière.

Clos Toreau, cinq heures du matin, Nantes-sud.
Presque devant la mairie de quartier, intacte, des poubelles brûlent, des pompiers arrivent pour les éteindre rapidement.
Ils sont épuisés, éteignent le feu et repartent immédiatement sur un autre front.
« On est déjà venus ici tout à l’heure pour un feu de poubelle. Ça n’arrête pas cette nuit, il y a eu des dizaines de feux, ça brûle vraiment partout ».
Le jour commence à pointer, la nuit d’émeutes est finie, les feux non.
Nantes sent toujours le feu et la guerre.
 
Louis Moulin
 
Crédit photo : breizh-info.com
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