jeudi 28 juin 2018

Gwendoline Chaudoir : « Ils auraient très bien pu semer la terreur dans la station. C’est ce qu’ils ont fait l’année dernière »

 
 



                 
Maire de Portiragnes (Hérault)

Lundi soir, près de 150 caravanes conduites par des gens du voyage sont arrivées par surprise à Portiragnes, commune de 3.000 habitants de l’Hérault, pour s’installer illégalement sur un terrain privé. Gwendoline Chaudoir, maire de la commune, a voulu s’opposer à cette intrusion. Elle raconte au micro de Boulevard Voltaire comment a eu lieu la confrontation.

Vous êtes le maire de Portiragnes dans l’Hérault.
Lundi soir, 150 caravanes des gens du voyage se sont installées illégalement sur votre commune. Comment s’est passée la rencontre ?

Elle s’est plutôt mal passée.
J’étais dans le convoi sur la départementale qui longeait la commune.
J’étais inquiète de revivre l’intrusion de l’année dernière lorsqu’ils étaient venus en force sur la station de Portiragnes Plage.
J’ai donc rapidement appelé à la vigilance les services de police municipale de la commune. Malheureusement, au bout de cinq minutes, mes craintes se sont confirmées.
Le convoi tournait à gauche et prenait l’intersection en direction de la plage.
Arrivée au niveau de l’intersection, j’ai décidé d’arrêter mon véhicule pour stopper cette intrusion.
Je savais qu’une fois installés, nous ne pourrions plus rien faire.

Nos collègues de France Bleu rapportent qu’il y a eu usage de violence.
Vous avez été vous-même agressée par des gens du voyage.
Ce n’est pas la première fois qu’une telle action se présente chez vous.
Avez-vous des moyens de résister à cela ?

Nous sommes très impuissants.
Au début, j’étais toute seule dans mon véhicule, mais rapidement, ma police municipale est arrivée. Ils sont quatre agents en temps normal, et une dizaine l’été.
Une partie des gens du voyage était déjà installée sur un terrain privé, il a donc fallu qu’on partage les forces, le temps que la gendarmerie arrive.
Nous étions donc six à l’intersection.
Il est évident que, lorsque les choses se sont envenimées, nous n’étions plus en mesure de tenir le carrefour.
Pour éviter qu’il y ait des blessés et que les choses s’enveniment, il a fallu libérer la circulation pour, malheureusement, céder et leur laisser l’accès à Portiragnes Plage pour qu’ils s’installent.

Ils se sont installés lundi soir et nous sommes mardi soir.
Qu’en est-il, aujourd’hui ?

Fort heureusement, suite à la réunion tenue en mairie avec moi-même, la gendarmerie, la police municipale et les propriétaires du terrain avec lesquels nous étions convenus d’avoir une action commune, nous n’avons pas cédé à leur proposition de convention.
Ils ont essayé de monnayer, mais nous n’avons pas voulu céder.
Je leur ai dit que je lançais un référé, car nous sommes en cohérence avec le schéma départemental des gens du voyage.
Le propriétaire a eu le courage de leur dire qu’il allait porter plainte.
Le soir même, ils sont partis vers 21 h.
Nous avons eu de la chance, ils auraient très bien pu rester une semaine ou quinze jours et semer la terreur dans la station.
C’est, d’ailleurs, ce qu’il s’est passé l’année dernière.

Votre commune a-t-elle toutes les infrastructures pour les accueillir à des endroits précis ?

Nous sommes une commune de 3.300 habitants et n’avons pas de structure pour les accueillir.
En revanche, nous faisons partie d’une agglomération sur laquelle se trouvent des aires de grand passage pour accueillir les gens du voyage.
Or, ce groupe-là ne veut pas se mélanger avec d’autres groupes.
C’est un petit peu à la carte.
Nous avions également une autre aire disponible, mais ils n’ont pas voulu s’installer sur cette aire-là non plus.
Ils sont donc arrivés en force et les agriculteurs n’ont rien pu faire non plus pour les empêcher.

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