samedi 23 juin 2018

En comparant le populisme à la lèpre, Macron fait preuve d’un sectarisme primaire

 
 




À quand une loi pour définir la critique de l’immigration comme un délit ?

Emmanuel Macron aime bien ceux qui se prosternent devant lui, mais abomine ceux qui le contestent.
Il n’a pas apprécié qu’on souligne son attitude ambiguë dans l’affaire de l’Aquarius.
Il estime que « nous n’avons pas à rougir » de la politique migratoire de la France qui consisterait, selon lui, à mieux intégrer ceux qui obtiennent l’asile, mais à expulser systématiquement les autres. En visite en Bretagne, jeudi, il a dénoncé la « lèpre qui monte » en Europe, visant notamment le ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini et tous les mouvements qui demandent une meilleure maîtrise des frontières et une politique plus ferme à l’égard des migrants.
Si le débat est légitime, il est caricaturé quand on compare les inquiétudes face à l’immigration débridée à une épidémie de « lèpre ».
Les mots ont un sens et des connotations.
Notre Président, qui veut toujours illustrer le « et en même temps », manque ici de mesure.
En utilisant ce terme, il ne fait pas preuve de quelque compassion envers ces « malades » mais les voue, comme autrefois, à l’exclusion.
C’est tout juste s’ils ne sont pas sommés d’agiter leur clochette pour avertir de leur passage : ils sont marqués du sceau de l’infamie.
À quand une loi pour définir la critique de l’immigration comme un délit ?
Tout débat implique, par nature, qu’on accepte d’écouter les arguments de ceux qui ne pensent pas comme soi.
Les vouer aux gémonies, les condamner au silence, les désigner à la vindicte publique, c’est non seulement une faute intellectuelle, c’est un péché d’orgueil : on prétend détenir la vérité, alors qu’on ne peut l’approcher que par la confrontation d’idées et avec l’humilité propre aux esprits qui ne se croient pas supérieurs mais ont l’intelligence de reconnaître qu’ils ont encore à apprendre.
On peut comprendre, sur le plan moral, le point de vue qui considère que tous les hommes sont frères et que les droits de l’homme doivent être respectés.
Mais il serait aberrant d’appliquer aveuglément ces préceptes sur le plan politique.
Avoir une vision manichéenne et simpliste d’un problème nous éloigne de sa solution.
Au demeurant, beaucoup de nos généreux politiciens dissimulent, sous des intentions apparemment louables, des arrière-pensées moins avouables : l’européisme, le mondialisme ou l’internationalisme se fondent moins sur la foi dans la fraternité universelle que sur le culte de l’argent roi ou la volonté de faire table rase du passé.
En traitant les eurosceptiques et les anti-migratoires de « lèpre », Emmanuel Macron proclame que lui a réfléchi, qu’il a toujours raison et que les autres sont des imbéciles.
Il n’a pas plus de jugement que Pangloss, qui répétait, sans l’avoir compris, la formule de Leibniz : « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. »

Son credo, c’est l’Europe, hors de laquelle il n’est point de salut.
« Je vous demande de ne rien céder, dans ces temps troublés que nous vivons, de votre amour pour l’Europe », a-t-il lancé aux Bretons.
Il aurait pu leur rappeler que l’amour de la France n’est pas une maladie honteuse.

Par son arrogance et sa superbe, par son refus de prendre en considération les points de vue différents du sien, par sa passion intéressée d’une Europe technocratique, il incarne une forme de sectarisme qui a toujours eu, dans l’Histoire, des effets désastreux.

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