samedi 17 mars 2018

Les primes illégales des hauts fonctionnaires de Bercy

 
 
 


 L’élite du ministère des Finances cache beaucoup de choses aux Français, à commencer par la rémunération des hauts fonctionnaires.

Au fil du temps, Bercy est devenue une forteresse appliquée à défendre ses privilèges.
En dépit de leurs incantations sur la baisse de la dépense publique, les hauts fonctionnaires des finances gagnent souvent 30 % de plus que leurs « collègues » (voir « Hauts fonctionnaires : vous payez, ils se sucrent ! »).

Et les mieux lotis d’entre eux perçoivent des rémunérations astronomiques.
On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même…

Le trésorier-payeur général d’Île-de-France est le fonctionnaire le mieux payé de Bercy.
Il a touché en 2015 la modique somme de 21 298 euros net par mois.
« Tous les patrons départementaux ou régionaux du fisc, ainsi que certains de leurs adjoints, sont mieux rémunérés que le chef de l’État » explique le journaliste Vincent Jauvert (« Les Intouchables d’État », Robert Laffont).

Fin 2017, la Cour des comptes a bouclé sa troisième enquête en huit ans (c’est dire s’il y a un loup) sur les revenus des hauts fonctionnaires de Bercy pour la période 2013 – 2015.
Les magistrats financiers ont dénoncé dans un référé spécial, non seulement des salaires anormalement élevés, mais également « des dispositifs de rémunération sans base juridique ».
Autrement dit, les pachas de Bercy, qui planifient au quotidien le matraquage fiscal des Français, se paient sur la bête – ce que l’on savait déjà – mais qui plus est, se versent, toute honte bue, des primes illégales.
Un scandale d’État qui en dit beaucoup sur les super-pouvoirs des agents de Bercy.

Des bureaucrates qui font la pluie et le beau temps

Ce ne sont pas les élus, mais bien les hauts fonctionnaires qui calibrent et infligent aux contribuables des mesures fiscales dont ils sont les seuls à maîtriser le contenu.

Impossible pour un ministre de régenter Bercy quand il a son administration sur le dos.

Bernard Zimmern, co-fondateur de Contribuables Associés, rappelle dans son essai « Changer Bercy pour changer la France » (Tatamis, 2015), que Jean Arthuis, ministre de l’Économie et des Finances de Jacques Chirac entre 1995 et 1997, avait dû attendre six mois pour avoir le droit de consulter la liste des 250 agents les mieux rémunérés de son ministère.
 
Il finit par l’obtenir mais sur du papier chimique impossible à photocopier.

Car à Bercy, on aime beaucoup parler d’argent mais jamais du sien…
 

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