mercredi 30 août 2017

Le Liban en guerre contre Daech et le silence assourdissant de la France

 

 
Le Liban, pays ami et allié de la France, certains disent même pays frère, a lancé une offensive d’envergure contre Daech.

L’armée libanaise avance rapidement et a déjà libéré près des deux tiers du territoire du jurd de Qaa et de Ras Baalbek de l’emprise des terroristes.
Pourtant la France officielle se tait.
 Pas un communiqué de soutien, pas un tweet, rien.

Les comptes Twitter de l’Elysée, du Quai d’Orsay et d’Emmanuel Macron ne mentionnent pas l’offensive de l’armée libanaise contre Daech, pourtant ennemi officiel de la France.
Si la photo des soldats libanais portant le drapeau espagnol en hommage aux victimes des attaques daechistes en Catalogne n’avait pas fait le tour du monde, il est fort à parier que les médias français mainstream auraient fait l’impasse sur la bataille du jurd.

Ces mêmes médias qui n’ont pas hésité pas à colporter, il y a quelques semaines, les pires calomnies contre l’armée libanaise, l’accusant de tous les crimes, et à présenter le Liban comme un pays peuplé d’infâmes racistes qui maltraitent les Syriens qui y sont réfugiés.
Tout ça nourri par des journalistes libanais et franco-libanais peu scrupuleux ainsi que par des ONG liées à l’opposition syrienne et financées par l’Union européenne.


Quand Fahad Almasry, ancien porte-parole de l’armée syrienne libre résidant à Paris, a agité le spectre d’une insurrection armée des réfugiés présents au Liban, menaçant ainsi la sécurité de l’Etat libanais, les autorités françaises n’ont rien dit et rien fait.
Pourtant la vidéo menaçante d’al-Marsy a fait le tour du web, autant au Liban qu’en France.
Il est difficile de croire que le Quai d’Orsay n’en fut pas informé.

En tant que citoyen français, en tant que binational franco-libanais, en tant qu’amoureux de la France, de sa langue, de son histoire, de sa culture et des principes qu’elle incarne, je ne peux qu’exprimer mon amertume et mon incompréhension.
La France n’est-elle pas en guerre contre Daech? N’entretient-elle pas les meilleures relations avec le Liban? Les garden-parties de son ambassade beyrouthine n’accueillent-elles pas tout ce que le Liban a d’officiels?

Alors pourquoi ce silence?
Pourquoi Emmanuel Macron, qui était venu à Beyrouth pendant la campagne présidentielle, s’était fait photographier en amoureux de la cuisine libanaise et exprimé son attachement au Liban, est-il silencieux?
Le Liban ne vaut-il pas un communiqué?
Ne vaut-il pas un tweet?

Quant à la guerre contre Daech, cette organisation monstrueuse qui a ensanglanté Paris, Nice et Saint-Etienne-du-Rouvrey, c’est aujourd’hui l’armée libanaise qui en est l’étendard.

C’est elle qui se bat au nom de toutes les victimes du terrorisme, quelle que soit leur nationalité.

Dans cette guerre, le Liban a retrouvé son universalité.

Mais sa victoire contre Daech se fera sans la France.

Une France qui semble avoir oublié qu’elle fut un jour une nation universelle.

Et qui, par son assourdissant silence, fait hélas figure de province chabrolienne.
 
© Claude El Khal, 2017

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