jeudi 27 juillet 2017

L'Allemagne crée des minijobs à 80 centimes de l'heure pour les réfugiés

Le 27/07/2017
 
 
Des Syriens arrivent de Turquie au camp de réfugiés de Friedland, en Allemagne, le 4 avril 2016.
 
Des Syriens arrivent de Turquie au camp de réfugiés de Friedland, en Allemagne, le 4 avril 2016.
REUTERS/Kai Pfaffenbach
 
Par lexpress.fr
 
Le gouvernement allemand souhaite offrir 100 000 emplois dans des structures d'accueil pour faciliter l'intégration des migrants qui ne possèdent pas de titre de séjour.
 
C'est une proposition qui choque.
L'Allemagne veut créer 100 000 emplois pour les migrants sur son sol d'ici trois ans, payés 80 centimes d'euro l'heure.
L'objectif est de faciliter leur intégration et leur permettre d'apprendre l'allemand à travers le monde de l'entreprise, relate France Bleu ce mardi.
De tels mini-emplois existent déjà pour les chômeurs longue durée dans le pays, mais ils sont rémunérés 1,05 euro de l'heure, ce qui est déjà minime.
Les recrutements ont déjà débuté.
 
"Ni un salaire, ni un vrai travail"
 
Les réfugiés seront logés gratuitement dans des centres d'accueil, qui les feront travailler dans la structure: restauration, nettoyage...
"Ce n'est ni un salaire, ni un vrai travail, comme remplacer des vendeurs ou autre, mais des tâches qu'ils n'effectueraient sans doute pas en temps normal. Plutôt un travail d'utilité publique", explique la directrice générale de l'association des villes allemandes Gudrun Heute-Bluhm, interrogée par France Bleu.

 
"Ces activités ont été conçues pour des chômeurs de longue durée qui ont besoin d'une structure d'accueil où on les prend en charge au quotidien.
Cela concerne des personnes qui n'ont pas travaillé depuis longtemps, ce qui n'est pas le cas des réfugiés, qui, eux, insistent pour trouver un emploi", conteste une députée des Verts, Brigitte Pothmer, auprès de France Bleu.
 
Les mini-jobs allemands, pénalisants pour l'emploi?
 
Les réfugiés qui n'ont pas de permis de séjour définitif ne peuvent pas trouver de véritable emploi. Mais ils perçoivent une aide financière, comme en France.
En 2011, 20% des salariés allemands étaient payés à un niveau inférieur au Smic horaire français et 40% avaient un salaire mensuel net inférieur à 1000 euros.
En 2012, l'Agence allemande pour l'emploi (BA) a chiffré à 7,4 millions le nombre de "mini-jobs", des contrats à temps partiel rémunérés 450 euros par mois maximum, dont plus d'un tiers concernaient des salariés ayant plusieurs emplois. Selon le BA, ils pénaliseraient parfois la création de vrais emplois.
 
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