dimanche 4 juin 2017

Attentat de Londres : six morts, 48 blessés hospitalisés dont deux Français

Le 04/06/2017
 
 
L'attentat de Londres a fait au moins six morts samedi soir. @ AFP

 00h00, le 04 juin 2017, modifié à 09h43, le 04 juin 2017
 

Un attentat a fait six morts, en plus des trois assaillants, samedi soir à Londres, sur le London Bridge et à Borough Market. Une cinquantaine de blessés, dont deux Français, ont été transférés à l'hôpital.
L'ESSENTIEL EN DIRECT

Un attentat terroriste a de nouveau frappé samedi soir le cœur de Londres, faisant six morts et plus de cinquante de blessés, a annoncé la police.
Vers 22 heures locales (23h00 heure française), trois assaillants à bord d'une camionnette ont foncé dans la foule sur le London Bridge avant d'attaquer des passants au couteau.
 Les trois hommes, qui portaient en outre de fausses ceintures explosives, ont été abattus par les forces de l'ordre.
 
Les principales informations à retenir :
  • Trois assaillants à bord d'une camionnette ont foncé dans la foule samedi soir sur le London Bridge, avant d'attaquer des passants au couteau
  • Six personnes ont été tuées, en plus des trois assaillants, et une cinquantaine de blessés ont été hospitalisés
  • Deux Français figurent parmi les blessés, l'un se trouve dans un état grave
  • Attentat au véhicule bélier et au couteau. Vers 22 heures (23 heures heure française) une camionnette a foncé à vitesse élevée sur des passants, renversant plusieurs d'entre eux à la sortie du London Bridge, situé au cœur de la capitale londonienne. Les occupants du véhicule en sont ensuite sortis pour poignarder des passants près du London Bridge, mais aussi dans un restaurant du marché couvert voisin de Borough Market. Un officier de la police des transports, qui se rendait sur les lieux, a été grièvement blessé, mais "ses jours ne sont pas en danger", a expliqué la police.
Les trois assaillants abattus.
 Le chef de l'antiterrorisme britannique, Mark Rowley, a indiqué devant la presse que les assaillants, dont la police pense qu'ils n'étaient que trois, ont été abattus dans les huit minutes suivant le premier appel de la police.
 "Des policiers armés ont réagi très rapidement et courageusement et ont fait face aux trois suspects qui ont été abattus dans le Borough Market", a-t-il déclaré devant la presse.
"Malheureusement, six personnes sont mortes en plus des trois assaillants qui ont été abattus", a-t-il ajouté, précisant que les auteurs de l'attaque "portaient ce qui ressemblait à des vestes explosives mais qui se sont avérées être des faux".

Six morts et au moins trente blessés.

 En plus des trois assaillants, l'attaque a fait six morts et quarante-huit blessés qui ont été hospitalisés dans cinq hôpitaux à travers Londres.
 Les services d'ambulance ont également soigné des blessés plus légers sur place.
 Le London Bridge devait rester fermé pour la nuit, et trois hôpitaux du centre de Londres ont été bouclés, selon des sources officielles.

Des Français parmi les victimes.

 "Il y a deux Français sont blessés, dont un dans un état assez grave", a indiqué le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, interrogé par Europe 1.
 "Il semble" que ces deux personnes aient été blessées par la camionnette, a-t-il ajouté. Un numéro d'urgence a été mis en place "pour ceux qui auraient sérieusement des doutes et des inquiétudes".
Il s'agit du 01 43 17 51 00.
 Le porte-parole invite les Français à "utiliser tous les moyens de renseignement possible en appelant d'abord les téléphones portables des proches dont on pense qu'ils pourraient se trouver à Londres", afin de ne pas saturer la ligne.



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Une attaque "terroriste".

 La police, qui parlait dans un premier temps d'un "incident de sécurité majeur", l'a requalifié en "attaque terroriste" environ trois heures après les faits.
Ce scénario rappelle celui de l'attentat du 22 mars dernier, une attaque à la voiture bélier sur le pont de Westminster, non loin du London Bridge.
L'assaillant avait ensuite mortellement poignardé un policier.
"Après avoir échangé avec la police et les services de sécurité, je peux confirmer que l'événement terrible survenu à Londres est considéré comme un possible acte terroriste", avait déclaré quelques minutes plus tôt la Première ministre Theresa May.
 
Un troisième incident sans lien avec les attaques. 

Un troisième incident avait été signalé dans la soirée dans le quartier de Vauxhall, dans le sud de Londres, mais la police a rapidement indiqué qu'il n'était pas lié aux précédents ni au terrorisme.

#LES TÉMOIGNAGES
 
"Les gens essayaient d'échapper à la course du véhicule". 

Un témoin travaillant pour la BBC, Holly Jones, a indiqué qu'elle avait vu une camionnette blanche se déporter sur le trottoir et heurter plusieurs personnes.
La camionnette, qui roulait à environ 80 kilomètres/heure, a quitté la chaussée pour foncer sur le trottoir contre des passants, selon ce témoin.
 "J'ai vu une camionnette rouler en zigzag en tentant de faucher un maximum de personnes. Les gens essayaient d'échapper à la course du véhicule. J'ai ensuite essayé d'aider les blessés, des jeunes essentiellement", a raconté un autre témoin, Alessandro, à la BBC.
 "J'ai vu une camionnette heurter la rambarde de London Bridge, puis un homme sortir avec un couteau pour se diriger vers un bar", a encore déclaré Dee, une habitante de Londres de 26 ans, à l'AFP.
 
"J'ai entendu des tirs, des cris, des gens pleurer".

"Un homme avec un couteau est entré en courant dans mon restaurant", a témoigné Alex, serveur dans un restaurant de Borough Market, au micro d'Europe 1.
"Il s'est mis à crier, et avec son couteau, il a balancé par terre tout ce qu'il y avait sur les tables... Alors j'ai couru à l'arrière, j'ai sauté derrière un mur pour aller me cacher dans une grande poubelle", raconte-t-il.
 "Les rues étaient bloquées donc je n'ai pas bougé. Et là, j'ai entendu des tirs, des cris, des gens pleurer, mais je n'ai rien vu d'autre".
 
"J'ai été poignardé cinq fois".

"On regardait la télé avec les fenêtres ouvertes et on a entendu un  grand bruit et des cris", a encore raconté Claudia, interrogée par la BBC.
 "On s’est penchés à la fenêtre et on a vu des gens s’enfuir en courant et en criant : 'on nous poignarde'. Les tables étaient par terre, certains hommes ont même pris des chaises pour se protéger. Un urgentiste est arrivé et un homme de 50 ans est sorti du bar couvert de sang. Il a dit : 'j’ai été poignardé cinq fois, aidez- moi !'."
 
#LES RÉACTIONS

La France "aux côtés du Royaume-Uni". 

Le président français Emmanuel Macron a assuré sur Twitter que la France était "plus que jamais aux côtés du Royaume-Uni", son ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, assurant pour sa part les Londoniens de la "totale solidarité de la France".
 
Le maire de Londres condamne des "actes barbares".

Le maire de Londres Sadiq Khan a condamné "dans les termes les plus forts possibles" le nouvel attentat qui a frappé samedi soir la capitale britannique, y voyant "une attaque délibérée et lâche contre des Londoniens innocents et des visiteurs de notre ville qui profitaient d'un samedi soir.
Il n'existe aucune justification possible pour de tels actes barbares", a-t-il déclaré dans un communiqué.
 
Trump propose son aide.

 Informé par son équipe de sécurité nationale, le président américain Donald Trump n'a pas tardé à proposer son aide à la Grande-Bretagne.
 "Quoi que les États-Unis puissent faire pour apporter leur aide à Londres et au Royaume-Uni, nous sommes là - NOUS SOMMES AVEC VOUS. QUE DIEU VOUS BENISSE !", a-t-il écrit sur Twitter.
 
Merkel exprime sa "compassion".

 "Nous sommes aujourd'hui liés au-delà de toutes les frontières par l'effroi et le deuil mais aussi par la détermination", a de son côté déclaré la chancelière allemande Angela Merkel, dimanche.
"En ce moment, je pense avec solidarité et compassion à nos amis britanniques et à tous les gens à Londres."
 
#LE CONTEXTE

Deux semaines après l'attentat de Manchester.

Cet attentat est le troisième en moins de trois mois.
 Le 22 mars, également à Londres, un homme avait foncé sur la foule sur le pont de Westminster, tuant quatre personnes avant de poignarder un policier.
Deux mois plus tard jour pour jour, le 22 mai, un attentat a fait 22 morts à Manchester, lorsqu'un Britannique d'origine libyenne s'est fait exploser à la sortie d'un concert d'Ariana Grande.
Un concert en hommage aux victimes est d'ailleurs prévu dimanche.
 La Première ministre Theresa May avait élevé à son maximum le niveau d'alerte terroriste après cet attentat, avant de le ramener au niveau "critique", soit celui d'un attentat hautement probable, samedi dernier.
 
À quelques jours des élections législatives.

 Cette attaque terroriste intervient également à cinq jours d'élections générales au Royaume-Uni, prévues jeudi, qui mettent aux prises Theresa May et le chef du parti travailliste, Jeremy Corbyn. Samedi soir, la police a annoncé un renforcement de ses effectifs dans Londres dans les jours à venir. Le parti conservateur a par ailleurs indiqué qu'il suspendait sa campagne, au moins pour la journée de dimanche.

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