dimanche 14 mai 2017

Quand un maire moucharde le vote de ses administrés FN !



Le 14/05/2017

 
Ce maire auvergnat n’a pas été loin, à bien y penser, de tomber sous le coup de la loi électorale.
 
Comme de nombreux médias, Le Canard enchaîné rapporte la lettre du maire d’une commune auvergnate qui alpague et moucharde sur Facebook ses administrés.
 Commentant les résultats du premier tour de l’élection présidentielle, celui-ci a cherché à humilier, dans un message public, plusieurs de ses concitoyens (en leur donnant un prénom d’emprunt) qui auraient voté Marine Le Pen.
« À toi, Pierrick, qui pense (sic) que l’on ne peut plus sortir tranquille, je veux simplement te rappeler que la dernière fois que quelqu’un s’est fait molester à Saint-Priest tu n’étais pas né […]
À toi Émile, qui pestes contre toutes ces aides sociales, je te rappelle que tu es celui qui a bénéficié des plus gros montants au titre de l’aide de la collectivité pour l’habitat et que ta mère perçoit l’APA. »
« À toi Olivia, qui mets en avant que les logements sont réservés aux “autres”, je te rappelle que tu habites un logement social à Saint-Priest… »

Voilà ce qu’écrit, notamment, ce maire radical de gauche de Saint-Priest-Bramefant, Éric Gold. Avec un nom pareil, on comprend qu’il ait voulu briller en publiant sur Facebook, le 4 mai, cette lettre ouverte qu’il a ensuite supprimée après le deuxième tour.
L’édile de la petite commune du Puy-de-Dôme, où Marine Le Pen est arrivée en tête du premier tour de la présidentielle avec 28,15 % des voix, n’a pas été jusqu’à épingler chacun des « 155 Saint-Priestois » ayant choisi la candidate frontiste dans l’isoloir.
Il a toutefois conclu – ce qui est le comble – en les menaçant : « Aux 143 autres, qui souhaitent une petite phrase avec leur prénom, je me tiens à leur disposition. »
Inutile de vous préciser que « Le canard, laquais de la bien-pensance » s’est réjoui de ces multiples dénonciations en concluant l’article par ces mots : « Ah si tous les maires pouvaient lui ressembler. »
Que n’auraient pas dit les médias du système si un maire FN s’était adressé aux électeurs de Macron en les nommant et en leur rappelant quelques faits significatifs :
« À toi, Germaine, dont le fils est traumatisé depuis qu’il a été bousculé par des « racailles » qui lui ont volé son blouson à la sortie du collège. »
« À toi, Alex, dont le bar-tabac a été cambriolé et la caisse fracturée pour la douzième fois. »
« À toi, Léontine, qui a vu un barbu exiger que ta nièce, pompier volontaire, ne le touche pas alors qu’elle s’apprêtait à le secourir. »
« À toi, Jean-Luc, qui a vu ta vieille mère transportée d’urgence à l’hôpital après être tombée lors de la tentative d’arrachage de son sac à main par un motocycliste. »

Seulement voilà, aucun maire FN ne s’est risqué à cette mise au pilori « facebookienne », ni ne s’est transformé en « corbeau » en dénonçant les habitants de sa commune qui votaient différemment de lui.
En tout cas, ce maire auvergnat n’a pas été loin, à bien y penser, de tomber sous le coup de la loi électorale.
Mais il la connaissait sans doute trop bien pour se risquer à nommer les personnes par leur vrai prénom.

En effet, rappelons l’article L. 116 du Code électoral : – « Ceux qui, par des manœuvres frauduleuses quelconques, accomplies même en dehors des locaux ou commissions visés à l’article L. 113, auront porté atteinte ou tenté de porter atteinte à la sincérité d’un scrutin, violé ou tenté de violer le secret du vote […] seront punis des peines portées audit article […] Soit 15.000 € et un an d’emprisonnement… »



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