mardi 9 mai 2017

La fin du vieux monde

 
 
 
Le 09/05/2017
 
La France est à cran. Elle est divisée. Une grande partie des Français ne se parlent plus, ne se comprennent plus.
 
 De la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon à celle du Front national de Marine Le Pen, le divorce est consommé d’avec une société qui n’a plus rien à proposer.
Bien plus : derrière les écrans de fumée entretenus par un système médiatico-politique qui refuse de voir la réalité en face au profit de ses seuls intérêts, c’est une entreprise de destruction massive qui est à l’œuvre, pour que puisse survivre une élite fortunée qui ne s’est jamais aussi bien portée.
Ces élections, présidentielles et législatives, auraient pu être celles de la dernière chance, celles du renouveau.
 Après deux quinquennats ratés, les Français manifestaient une réelle volonté de changement.
Ils souhaitaient voir émerger une force politique neuve, porteuse d’un projet d’avenir, qui aurait su ménager notre culture et notre modèle social, tout en sachant s’organiser et se projeter pour faire face aux grands défis de demain.
Dans un cadre sécuritaire retrouvé, fait à la fois de fermeté et de compréhension, ils espéraient pouvoir tourner la page d’un quinquennat Hollande qui aura, in fine, dégoûté de nombreux électeurs de la politique.
Là où devait renaître l’espérance s’imposent désormais le scepticisme et la défiance.
Quant au système en place, tel le phœnix, il est en train de renaître de ses cendres.
 Le vieux monde politique ne plaît plus ?
Qu’à cela ne tienne, à coups de milliards venus on ne sait d’où, et de complicité médiatique, on reconstruit, selon la technique du home staging, sur les ruines du premier.
Mêmes acteurs, mêmes modèles, mêmes perspectives.
Seul l’emballage diffère.
 On fait dans l’illusion et l’illusoire.
 Dimanche, c’est bien à une nouvelle « journée des dupes » que nous avons participé.
Car il n’y aura ni réformes, ni renouveau, ni projets d’avenir, seulement la continuité d’une politique que l’on connaît déjà, et qui ne tardera pas à mettre dans la rue des centaines de milliers de manifestants.
Combien, parmi eux, auront pourtant, par leur vote, cautionné cette mascarade ?
Pour le changement, il faudra donc attendre.
 Attendre que celles et ceux qui incarnent l’opposition nationale cessent de se regarder le nombril et pensent, enfin, à l’intérêt supérieur de la France.
Attendre que les intellectuels qui ont quelque chose à dire et à apporter sortent de leur tour d’ivoire et daignent mettre leur cerveau et leur plume au service d’un projet national au lieu d’engranger les droits d’auteur.
Attendre que l’idéologie, pour aussi nécessaire qu’elle soit dans le combat politique, soit mise au service du peuple de façon pragmatique, réaliste et cohérente.

C’est ce combat-là qui attend maintenant les patriotes.
Trop de partis pris, d’incertitudes, d’approximations et d’erreurs ont empêché de faire de l’année 2017 l’année utile.
Sachons en tirer les leçons.
 Et modestement, remettons l’ouvrage sur le métier pour continuer de convaincre et de rallier.

Soyons certains que le paysage politique qui se mettra en place dans les prochaines semaines ne reposera que sur du sable et de vaines espérances.

Qu’il s’effondrera tout seul, tant ses fondations hâtivement et opportunément montées ne sauront résister aux assauts du chômage, du terrorisme, de la criminalité et de la régression sociale qui ne peuvent, compte tenu des acteurs et des remèdes envisagés, qu’advenir.


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