lundi 24 avril 2017

Défaite de François Fillon : quand les rats quittent le navire…

Le 24/04/2017




 
Moi qui croyais naïvement qu’une défaite électorale s’assumait collectivement.
 
Je ne reviendrai pas sur l’obstination de François Fillon à persévérer dans l’erreur politique, tandis que sa défaite était presque gravée dans le marbre, ni sur la cabale dont il fut victime, dans l’indifférence quasi générale face à ce déni manifeste de démocratie consistant à salir l’adversaire pour s’assurer la victoire, pas plus que je ne reviendrai sur sa trahison d’hier soir en appelant à voter Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle, oubliant que son électorat catholique, dont il s’enorgueillissait il y a peu, ne saurait se reconnaître dans un candidat se gaussant du socle chrétien de la France.
Ce qui me préoccupe ici, c’est le peu d’honneur des créatures politiques, à commencer par celles des Républicains, qui ont décidé de réunir un comité politique promettant d’être animé. Moi qui croyais naïvement qu’une défaite électorale s’assumait collectivement.
Le Figaro nous offre, ainsi, un florilège édifiant de ce qu’il est convenu d’appeler des rats qui quittent le navire, dont voici quelques savoureux exemples : « Ce n’est pas la droite qui a perdu, c’est Fillon » (Éric Woerth, pourtant soutien fervent du candidat) ; « C’est une défaite personnelle de François Fillon et d’une ligne politique trop peu à l’écoute des aspirations populaires » (Gérald Darmanin).
Quant à Rachida Dati – qui règle sans doute ses comptes avec son vieil ennemi –, elle parle de « défaite morale », comme si elle était un premier prix de vertu politique !

Accordons au moins à Georges Fenech et Pierre Lellouche une constance dans leurs invectives, puisqu’ils s’étaient désolidarisés du candidat LR bien avant les résultats du premier tour.
Qu’il est dur d’être trahi par les siens, Monsieur Fillon !
 C’est sans doute ce que pensent, à l’heure actuelle, beaucoup de vos électeurs – dont je me félicite de ne pas être – auxquels vous avez demandé sans nuance, dimanche soir, de voter pour un candidat qui, au mieux les méprisera, au pire les accablera.
 Il me semble, en effet, assez difficile d’être, par exemple, l’ami d’un Pierre Bergé, qui promettait de ne pas pleurer si, par aventure, une bombe explosait dans un cortège de la Manif pour tous, et celui de familles chrétiennes régulièrement humiliées par des progressistes autoproclamés – quel progrès, effectivement, que de réduire la femme à du bétail juste bon à porter les enfants d’autrui ! –, souvent macronistes. Ceux-là, satisfaits de leur ignorance crasse, n’ont pas bien réalisé que la société dans laquelle ils vivent, ils la doivent pour une grande part au christianisme.
Et Christophe Barbier, soufflant, lundi matin, cette phrase à Macron sur BFM TV, à destination des électeurs LR, n’y changera rien : « Avec moi, vous avez assez de libéralisme pour être satisfaits. »
 La conscience étant plus solide chez les électeurs que les politiques, j’espère !
Cette mascarade me rappelle un bon mot de Clemenceau : « Tout le monde peut faire des erreurs et les imputer à autrui : c’est faire de la politique. »


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