dimanche 26 mars 2017

Présidentielles : le bal des infidèles

 


Le 26/03/2017


L’important, c’est de sauver sa peau ou, plus exactement, son siège
 
Le bal des infidèles ou le bal des cocus ?
 Les deux à la fois.
 Mais, dans cette histoire, les cocus sont moins ridicules, sans doute plus estimables que les politiciens qui les trompent sans vergogne.
La France assiste, ces temps-ci, à un spectacle qui tiendrait du vaudeville si l’intrigue n’était pas si peu ragoûtante.
Les personnages sortent d’une armoire pour passer dans une autre, en se donnant des airs de moralisateur.
 C’est vrai aussi bien à gauche qu’au centre ou à droite.
Il faut voir ces personnalités socialistes, ces ministres qui rallient Emmanuel Macron, au mépris du résultat de la primaire !
 Le dernier en date, Jean-Yves Le Drian : « Je soutiens Emmanuel Macron, mais je reste socialiste. » Macron serait-il un jeune avatar de François Hollande ?
 En décembre 2016, le ministre de la Défense avait fermé la porte au retour du service militaire obligatoire : aujourd’hui, il estime que son candidat « a le mérite de poser cette question ».
 On comprend que Benoît Hamon soit dépité !
Il fallait voir aussi, vendredi soir, sur une chaîne d’information en continu, François de Rugy justifier son soutien à Macron, malgré l’engagement pris à l’égard du vainqueur de la primaire, quel qu’il soit. Il trouve tant de qualités à l’ancien ministre de l’Économie qu’il s’enorgueillit, toute honte bue, de faire passer les programmes avant les personnes.
 C’est tout juste s’il n’en est pas venu aux mains avec une journaliste du Figaro qui soulignait ses contradictions.
« Soutenir Emmanuel Macron, c’est probablement l’ultime reniement d’une vieille caste que vous incarnez, face aux citoyens, aux militants qui vous ont portés »
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écrivent les jeunes socialistes du Finistère dans une tribune publiée dans Libération.
Comment ne pas leur donner raison ?
 On peut ne pas approuver les idées de Benoît Hamon ou de Jean-Luc Mélenchon, mais eux, au moins, sont restés fidèles à leurs principes.
Les centristes ne sont guère plus constants.
 Ne parlons pas de François Bayrou, qui a depuis longtemps montré son caractère volage, mais de certains membres de l’UDI, aux amours passagères, que François Fillon a réussi à garder au prix de quelques circonscriptions : d’aventure en aventure, ils n’attendent qu’une occasion pour aller voir ailleurs si les prébendes sont plus intéressantes.
À droite, on soutient Fillon, faute de mieux : à l’exception de quelques proches, on est fidèle, contraint et forcé.
Surtout qu’avec ses affaires…
Mais ses affaires ne sont qu’un prétexte : l’important, c’est de sauver sa peau ou, plus exactement, son siège.
 Si jamais leur candidat ne se qualifiait pas pour le second tour, adieu la fidélité, bonjour la débandade pour rejoindre le plus offrant !
D’anciens ministres de Jacques Chirac n’attendent même pas le second tour : Renaud Dutreil, Jean-Paul Delevoye, Serge Lepeltier, Anne-Marie Idrac ont déjà rejoint le leader d’En Marche !
 Il est vrai que Chirac, en juin 2011, annonçait devant le candidat socialiste : « Moi, je vote Hollande ! »
 Et de le prendre par les épaules, au grand dam de Bernadette.

Au demeurant, ces ministres n’ont pas laissé un souvenir impérissable lors de leur passage au gouvernement : sans doute espèrent-ils faire une nouvelle carrière dans le macronisme.
Le grand séducteur, c’est Emmanuel Macron.

Passé par le lycée Henri-IV, l’ENA, la banque Rothschild et l’Inspection générale des finances, conseiller puis ministre de François Hollande, il prétend incarner la rupture avec le système.

Et les vieux beaux qui lui font les yeux doux représentent, bien sûr, le renouveau !

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