vendredi 3 février 2017

Penelope Fillon : assistante parlementaire à l’insu de son plein gré ?

 


03/02/2017


On peut se demander si François Fillon avait songé à prévenir son épouse des emplois pour lesquels elle était rétribuée.
 
« Je ne vais pas vous dire que je passe un moment agréable mais je vais vous dire que j’ai choisi d’être candidat à l’élection présidentielle. Et quand on choisit d’être candidat à l’élection présidentielle, on ne vient pas se plaindre, ensuite, de la violence des attaques. On les accepte comme malheureusement des scories de notre système démocratique et on les affronte », a déclaré François Fillon au Salon des entrepreneurs.

Raide dans ses bottes, le candidat des Républicains.
En bon pilote automobile qui voit que la concurrence lui colle aux fesses, il cale le pied sur le champignon dans la ligne droite des Hunaudières.
Sauf qu’il est déjà en pleine glissade sur la tache d’huile, l’ami François, et que les glissières de sécurité paraissent bien minces pour pouvoir éviter la catastrophe.
Nous sommes jeudi après-midi.
Dans quelques heures passera, sur France 2, le reportage d’« Envoyé spécial » consacré au « Penelopegate », reportage dont les bons moments – comme on dit, les bonnes feuilles – sont visionnables depuis le matin sur France Info.
Alors, au train où ça file, je ne sais pas si François Fillon sera encore candidat demain matin à l’heure où vous lirez ces lignes.
François Fillon est un homme qui se cache à l’ombre de ses sourcils.
Un broussailleux dans l’âme, de l’espèce « taiseux ».
Si taiseux, même, qu’on peut se demander s’il avait songé à prévenir son épouse des emplois pour lesquels elle était rétribuée.
En un mot, on se demande si Penelope Fillon n’a pas, durant plus de trente ans, travaillé « à l’insu de son plein gré ».
C’est, en effet, la conclusion qui paraîtrait s’imposer devant le reportage exhumé par « Envoyé spécial », soit l’interview de 45 minutes accordée par Penelope Fillon au journal britannique The Sunday Telegraph.
On est alors en mai 2007, François Fillon vient d’entrer à Matignon comme Premier ministre de Nicolas Sarkozy et son épouse « Penny » se confie face caméra : « Je n’ai jamais été son assistante, ou quoi que ce soit de ce genre-là », « Je ne me suis pas occupée de sa communication non plus ». Propos réitérés l’année suivante, cette fois devant la presse française : « Je n’ai pas de rôle, je l’accompagne de temps en temps comme ça, ça se limite à ça. »
 Ou encore, en novembre dernier : « Jusqu’à présent, je ne m’étais jamais impliquée dans la vie politique de mon mari. »
Interrogé au JT de TF1 le 26 janvier, François Fillon déclarait quant à lui : « Ma femme travaille pour moi depuis toujours, depuis 1981, ma première élection. Elle m’a toujours accompagné dans ma vie publique. […] Elle l’a fait bénévolement pendant des années. »

Alors, qui ment ?
 Qui dit vrai ?
 Faut-il croire que maman est aux confitures pendant que papa fait de la politique et remplit des bulletins de salaire bidon ?

Allons plus loin : cette mère attentive ignorait-elle également que ses deux grands enfants étudiants émargeaient au Sénat quand d’autres servent les frites chez McDo ?

S’il est un point sur lequel Fillon a raison – pour autant que ce qu’on lui reproche soit exact –, c’est celui des « scories de notre système démocratique »…
Les emplois fictifs et les petits arrangements entre amis, ça suffit !

PS : aux dernières nouvelles, on a bien retrouvé un contrat de travail concernant Penelope Fillon, mais elle ne se souviendrait pas l’avoir signé !

 Un peu négligents, ces Fillon, pour un couple qui brigue la présidence de la République…

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