dimanche 26 février 2017

Le programme de Macron, ou la novation éculée

 


Le 26/02/2017
 
 
Sans surprise, on retrouve les annonces à l’emporte-pièce du bonimenteur politique de base, où dansent les milliards sans vraiment savoir d’où ils viennent..
 
Ça y est, Macron annonce enfin les premières mesures de son programme.
Après des semaines d’attente fébrile, les Français vont savoir ce que signifie être moderne, novateur, hors des clivages partisans, bref, incarner l’homme politique du 2 1e siècle.
 Mais voilà, petit inconvénient : l’annonce vient surtout confirmer les craintes de ceux qui doutaient des super-pouvoirs de Macron Président.
Sans surprise, on retrouve pour commencer les annonces à l’emporte-pièce du bonimenteur politique de base, où dansent les milliards sans vraiment savoir d’où ils viennent ni où ils partent.
 On réorganise l’assurance maladie pour quinze milliards et on lance un programme de cinquante milliards d’investissements publics.
Où ? Comment ? Pourquoi ? Avec quel objectif ?
 Pour ça, que les électeurs votent d’abord, on leur répondra après.
Et si on s’aperçoit, finalement, que, via de très vertueux « investissements publics », cinquante milliards d’impôts sont passés directement dans les caisses de grandes entreprises, il ne faudra pas voir ça comme de la magouille mais comme un progrès.
Qu’y a-t-il, ensuite, de si novateur à vouloir supprimer des postes d’emploi public ?
Voilà des décennies que la droite s’y attelle, avec les résultats que l’on connaît dans certains corps de métier.
 Progressiste, également, que de donner plus d’autonomie aux collectivités territoriales ?
Gaston Defferre, qui a lancé la décentralisation, a déjà appliqué ce programme en… 1982.
Les recettes sont donc éculées, ce qui est le comble du paradoxe pour cet avant-gardiste autoproclamé.
 Plus grave : elles montrent surtout son ignorance de l’état de délabrement de l’autorité publique, et tout particulièrement à l’échelle des collectivités.
Pour ne prendre que cet exemple, la gestion de certaines communes est justement plombée par la liberté d’action dans le recrutement.
Donner ainsi à des élus – souvent obsédés par leur réélection – un pouvoir élargi pour employer des personnes qui n’auront plus à prouver leur qualification et fixer librement leur salaire est la porte ouverte à tous les copinages.
 La racaille n’aura même plus besoin de créer des associations pour détourner l’argent public.
 Elle pourra faire ça directement depuis un bureau de directeur général des services.
 Anticiper les conséquences de ses décisions en dépassant les grandes annonces démagogiques, voilà ce qui aurait été vraiment novateur de la part d’un homme politique.
Alors, c’est sûr, c’était sympa, la période de l’enfumage, où on se produisait à Londres, Berlin ou Alger.
 Mais voilà venu le temps du concret.
Et là, malheureusement, pas de miracle. Macron n’a rien de plus à proposer qu’un vague et banal programme libéral : coupes dans les budgets publics, allégement des charges des grandes entreprises, réduction de l’ISF.
Alors, pourquoi pas ?
 La doctrine libérale n’a rien d’infamant. Mais, en revanche, elle n’est pas franchement novatrice.
 Et les groupies hystériques qui squattent les réseaux sociaux pourront continuer à taxer de rétrogrades les observateurs lucides du cas Macron, ça n’y changera rien.
Celui qui voulait se faire passer pour un nouveau messie politique n’est, finalement, qu’un simple mortel.
Son action ne conduira qu’à affaiblir l’État au profit de tous les intérêts privés qui, par définition, n’ont jamais travaillé pour l’unité de la nation.

Non, décidément, rien de nouveau : il y aura bien un choix à faire entre la France et une colonie du mondialisme triomphant.

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