mercredi 11 janvier 2017

Blanchiment d’espèces. Une saisie de 400.000 €

Le 11/01/2016
 
Une saisie de 400.000 €

Peu avant les fêtes de fin d’année, les gendarmes perquisitionnaient l’appartement HLM, occupé par un couple de Tchétchènes au Val-Vert. © eveil

Le Puy-en-Velay
Faits divers

Publié le 11/01/2017 à 15h06
 
De l’argent de Grozny, la capitale tchétchène, était investi dans l’immobilier au Puy-en-Velay par des réfugiés. La juge d’instruction devrait faire saisir les biens.
La juge d’instruction, Corentine Renoliet, serait, selon nos informations, sur le point de faire saisir plusieurs biens immobiliers sur le bassin du Puy-en-Velay, à la suite d’une enquête diligentée ces dernières semaines, conjointement par les gendarmes (compagnie du Puy-en-Velay, section de recherche) et le GIR (Groupe d’intervention régional), regroupant des enquêteurs de la gendarmerie et de la police.
 
Une forte somme d’argent en liquide
 
C’est une affaire de blanchiment d’argent d’assez grande ampleur (du moins à l’échelle de la Haute-Loire) qu’ont mis au jour les militaires.
 Les investigations ont été menées au sein de la communauté tchétchène du Puy-en-Velay.
Les ressortissants de cette république constitutive de la fédération de Russie seraient une petite vingtaine à s’être installés au Puy-en-Velay, après avoir été chassés de leur pays par la guerre.
Il est de notoriété publique : sur la côte d’Azur en particulier, les réseaux mafieux originaires du Caucase prolifèrent depuis la fin des années 2000.
 Ils ont acquis quantité de biens immobiliers.
 
 
Avenue de Montredon, un immeuble acquis par les ressortissants tchétchènes.

Dans le cas des acquisitions immobilières altiligériennes, il n’est pas établi qu’il s’agisse véritablement de réseaux mafieux.
Toujours est-il qu’au moins une maison et des terrains ont été acquis, au Puy-en-Velay et à Fay-la-Triouleyre (Saint-Germain-Laprade), au cours de ces trois dernières années, grâce à des fonds dont les possesseurs sont dans l’incapacité de fournir la provenance.
 Cela suffit aux yeux de la loi à caractériser l’infraction de blanchiment.
 
Un véhicule de forte cylindrée au Val-Vert
 
Si les services de gendarmerie, agissant sur commission rogatoire du juge d’instruction ponot, se refusent à tout commentaire, on dispose aujourd’hui de quelques certitudes : les gendarmes ont perquisitionné dans un appartement de l’avenue du Val-Vert au Puy-en-Velay, mi-décembre.
Au domicile des occupants, un couple de Tchétchènes, les forces de l’ordre auraient saisi une assez forte somme d’argent en liquide (plusieurs dizaines de milliers d’euros).
Un véhicule de forte cylindrée, une Audi Q7 (qui n’avait pas manqué d’ailleurs d’attirer l’attention dans le quartier) a été également saisi.
 
 
Deux pavillons en construction vont être saisis, rue des Patureaux à Fay la Triouleyre

Plusieurs sources d’information parlent d’un couple « très discret », « sans histoire ».
En tout cas en situation régulière sur le sol français.
Lui est âgé de 40 ans et bénéficie d’un statut de réfugié, d’une carte de séjour, décernée en 2014 pour une durée de 10 ans, par l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides).
Si le couple logeait en HLM, il n’en menait pas moins grand train de vie, incompatible avec un RSA et un statut, pour l’homme, d’auto-entrepreneur du bâtiment.
« Ils payaient cash en petites coupures »
 
Le dossier d’instruction ferait état de rentrées d’espèces assez régulières ces dernières années.
 Une source parle même « de mallettes entières » transitant par Paris, depuis Grozny, ou de mandats.
Cet argent, dont le couple, entendu dans le cadre d’une garde à vue en décembre, ne peut justifier l’origine, aurait servi à l’acquisition d’une grande maison, route de Montredon (près du lycée Simone-Weil), connue sous le nom de « Maison Thibonnier » et qui abrita, il y a quelques années, un commerce de produits régionaux.
 Autre acquisition : deux parcelles de terrain, rue des Patureaux dans le village de Fay-la-Triouleyre, sur lesquelles les Tchétchènes construisaient deux pavillons (en vue de les louer ?).
Les travaux ont été stoppés ces derniers jours.
 Le voisinage avait remarqué qu’ils étaient menés essentiellement durant le week-end.
Les voisins avaient constaté la présence de nombreux véhicules aux plaques d’immatriculation étrangères au département.
Un entrepreneur de Brives-Charensac avait eu affaire aux Tchétchènes : « C’était des clients réguliers, ils payaient cash, en petites coupures ».
 
Pour 400.000 euros de biens immobiliers
 
Michel Forestier, adjoint au maire de Saint-Germain-Laprade, relate : « Le permis de construire avait été instruit et établi sans difficulté. Le propriétaire avait demandé une modification de celui-ci dans un Français impeccable »
 
La valeur des biens acquis par les réfugiés tchétchènes serait évaluée à environ 400.000 euros.
Ceux-ci devraient donc faire l’objet de saisies.
Leurs propriétaires, remis en liberté après versement d’une forte caution, ont été placés sous contrôle judiciaire, avant de répondre des infractions de blanchiment devant la justice.
 
Philippe Suc
 

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