dimanche 27 novembre 2016

Les médias russes n’ont plus le droit de s’exprimer en Europe

 


Le 27/11/2016


On agit aujourd’hui en Europe comme jadis en URSS sous le joug communiste.

En 1968, je n’étais pas sur les barricades car, au cours des discussions d’étudiants que nous tenions dans nos chambres de bonne, certains de mes amis communistes tenaient des propos que je jugeais peu réalistes.
Certains avaient le Petit Livre rouge de Mao sur leur table de chevet et les plus extrémistes mangeaient avec des baguettes au resto U.
 La Pravda était disponible dans les kiosques et il était facile, aux journalistes de l’époque, de démonter les mensonges que ce journal de référence soviétique nous distillait.
Et puis, les choses ont changé.
Giscard est arrivé, il jouait de l’accordéon et il a tissé des liens solides avec les banques américaines. Avec son ami, le chancelier Schmidt qui fumait la pipe, ils nous ont expliqué qu’avec la création de l’Europe, nous allions vers un futur rose.
Cette Europe-là, à vrai dire, tout le monde s’en fichait et les plus clairvoyants n’y voyaient qu’une couche d’élus supplémentaires qui se contenteraient de s’engraisser tranquillement.
Nous n’avons rien vu venir : c’est le syndrome de la grenouille que l’on amène à l’ébullition sans qu’elle s’en rende compte.
Et puis, le réveil a été rude : le peuple n’avait plus la parole, les libertés se réduisaient comme une peau de chagrin.
 Les « élites » décidaient de ce qui était bon pour lui et pour l’avenir, car le peuple n’a pas les moyens intellectuels de juger.
La démocratie était enfin au pouvoir.
Ceux qui se dressent contre cette volonté deviennent des renégats.
Le concept d’ennemi du peuple commence à poindre son vilain nez.
Aujourd’hui, on dit « fascistes », c’est plus bobo.
 Lorsque, par hasard, une chaîne de télé interroge Marine Le Pen, on veille à ce qu’elle soit encerclée par une meute de bien-pensants qui s’efforcent de la faire trébucher, mais souvent sans succès. D’aucuns diront qu’elle est brillante, ce dont je ne doute pas, mais je crois surtout qu’elle doit son succès au simple fait qu’elle dit la vérité.
 Alors, après l’avoir ostracisée, le monde médiatique officiel n’a trouvé qu’une seule parade : on ne l’invite presque plus.

La dernière trouvaille du Parlement européen a été de voter, ce 23 novembre 2016, dans le silence médiatique occidental le plus total, une loi visant à interdire d’expression les médias russes en Europe : la chaîne RT, pour ne pas la nommer, qui a eu l’indélicatesse de révéler qu’en Syrie, les horreurs de la guerre touchent aussi Alep-Ouest et que les « rebelles modérés » se comptent sur les doigts d’une main.

Fait confirmé par un général américain qui, interrogé par une commission d’enquête au Congrès, a été très vite remercié : les rebelles subventionnés ne seraient plus que… quatre.

 Tous les autres auraient rejoint les rangs de Daech.

Alors, ce qui m’inquiète le plus, c’est de constater qu’on agit aujourd’hui en Europe comme jadis en URSS sous le joug communiste.
Si les journalistes de RT mentent, pourquoi ne pas le prouver ?
Ce devrait être facile, plutôt que de les empêcher de s’exprimer.

 François Fillon, qui semble se démarquer de plus en plus de la russophobie ambiante, s’en serait-il rendu compte ?

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