mercredi 5 octobre 2016

Sauvetage d’Alstom à Belfort : le gouvernement marche-t-il sur la tête ?

 

© Alstom


Le 05/10/2016
 
 
Même s’ils marchaient à l’endroit, quand ils s’avisent de penser, ils pensent de travers !

Les experts en économie s’y retrouveront peut-être.
Mais, pour un non-spécialiste, la décision d’acheter à Alstom des TGV pour remplacer des trains Intercités paraît pour le moins « abracadabrantesque », comme disait Arthur Rimbaud, plagié par Jacques Chirac.
Le gouvernement marcherait-il sur la tête ?
 Ou faut-il que des échéances électorales importantes approchent pour qu’il commence à avoir des idées ?

Qu’on veuille, à quelques mois des élections, éviter un nouveau Florange, passe encore : le bilan économique du quinquennat est tel que le plan concocté pour sauver le site de Belfort a peu de chances d’en inverser la courbe déclinante.
L’État va donc consacrer près de 500 millions à l’acquisition de 15 rames de TGV – pour alimenter des lignes Intercités et non les lignes à grande vitesse : construire des machines destinées à rouler à plus de 300 km/h pour rouler en moyenne à 200 km/h, c’est d’une logique qui ne détonne pas avec la politique habituelle de nos gouvernants.
S’y ajouteraient six rames pour la ligne Paris-Turin-Milan et 20 dépanneuses diesel.


De son côté, Alstom s’engagerait à investir 40 millions d’euros d’ici 2020 pour convertir le site de Belfort en centre de maintenance européen et envisagerait la construction de bus électriques.

Mais, objectera-t-on, si les trains Corail devaient être remplacés d’urgence, que ne l’a-t-on prévu avant la crise d’Alstom ?
Certaines personnalités politiques ne se sont pas privées de critiquer le manque d’anticipation du gouvernement.
 « La chance des salariés d’Alstom, c’est la présidentielle », déclare Benoît Hamon, dénonçant un « bricolage industriel ».
 Si l’État peut investir 500 millions d’euros, pourquoi ne pas nationaliser Alstom de manière temporaire et partielle, s’interroge Florian Philippot.
Et François Fillon d’ironiser : « C’est le sapeur Camember : on creuse un trou pour en boucher un autre. »
Sans compter que c’est le contribuable qui paiera pour réparer l’impéritie de nos dirigeants.

Quelles sont les raisons qui ont conduit à prévoir la fermeture du site de Belfort ?
 Pas assez de commandes – bien qu’on s’enorgueillisse des ventes effectuées à l’étranger : mais les TGV ne seront pas fabriqués en France !
 
 Le problème vient, surtout, des procédures d’achat public imposées par l’Union européenne, dont se sont bien accommodées la gauche et la droite.
 
 La règle est simple : il faut passer par des appels d’offres.

C’est ainsi que les prochaines locomotives de manœuvre de la SNCF seront fabriquées en Allemagne : le marché de 140 millions d’euros a échappé à Alstom Transport !
 Pas de priorité pour les entreprises françaises, fussent-elles de pointe.
 Et tant pis si cela provoque du chômage et des fermetures de site !
 Par Toutatis !
 On est européen avant d’être gaulois !

Nos dirigeants marchent sur la tête mais, même s’ils marchaient à l’endroit, quand ils s’avisent de penser, ils pensent de travers !


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