jeudi 6 octobre 2016

Hollande réforme – mais pas trop ! – le train de vie des anciens Présidents !

 


Le 06/10/2016



Dans une France faillie par tant d’incompétents successifs, François Hollande avait promis de restreindre le train de vie des ex.

Depuis qu’il trottine à pas menus derrière ses facultés qui se débinent, Jacques Chirac s’avance à grands pas vers la canonisation civile.
 La renommée et l’estime du peuple et des pairs sont en effet inversement proportionnelles à la santé de l’impétrant.
Parlons franc : la France pratique allègrement la rédemption par le gâtisme.
 Encore un peu d’hôpital et nous aurons (presque) tous oublié combien Jacques Chirac fut le Président le plus nuisible de la Ve République : élu en 2002 avec un score soviétique dans une France hystérisée contre Le Pen, il s’est appliqué comme personne à ne rien faire…
… et à en profiter grassement !
Car la République est bonne qui garantit l’impunité à vie à ses roitelets indélicats.
 Il leur suffit, pour cela, de durer jusqu’à l’heure de la prescription.
 C’est sans doute pourquoi Nicolas Sarkozy, nourri au lait de la Chiraquie, court par tous moyens après un second mandat.
Mais la République est aussi très généreuse avec ses anciens Présidents, et si l’actuel vient de décider de restreindre un peu les privilèges exorbitants qui, jusqu’à ce mardi 4 octobre, leur étaient octroyés à vie, il s’est bien gardé de trop les rogner.
Si, donc, je parle de Jacques Chirac, c’est qu’on ne voit pas bien à quoi lui servent actuellement ses sept collaborateurs permanents, ses deux agents de service, la voiture de fonction (avec deux chauffeurs) et l’appartement du même nom meublé sur le patrimoine national.
À quoi s’ajoutent une dotation annuelle de 65.000 euros et la gratuité des transports (train et avion) en première classe.
La médecine et l’avancée en âge étant ce qu’elles sont, nous, contribuables, avons actuellement sur les bras trois anciens Présidents : Valéry Giscard d’Estaing (90 ans), Jacques Chirac (84 ans dans un mois) et Nicolas Sarkozy (62 ans). Coût annuel de la plaisanterie : 10,3 millions d’euros.

Des personnages que la nation n’a pas jugé utile de reconduire aux plus hautes fonctions, vu leurs brillants états de service, mais qu’elle continue néanmoins d’entretenir grassement pour services non rendus.
C’est le rusé Mitterrand qui, en 1985, sentant comme on le sait venir sa fin prochaine, avait décidé d’adoucir sa retraite.
Grand seigneur, c’est par une simple lettre signée de Fabius et adressée à VGE que le gouvernement d’alors fixait les modalités de cette retraite dorée et sans équivalent dans le monde (à part, bien sûr, dans les républiques bananières).
François Mitterrand en profita donc peu, puisqu’il quitta la scène sept mois après la fin de son second mandat.
Pour Valéry Giscard d’Estaing, en revanche, voilà trente-cinq ans que ça dure.
Pour Jacques Chirac, neuf ans.
Et l’excité Nicolas Sarkozy aimerait beaucoup prolonger la partie pour les raisons qu’on sait (et celles qu’on ignore encore).

Dans une France faillie par tant d’incompétents successifs, François Hollande avait promis de restreindre le train de vie des ex.
Alors, mardi, ayant le matin même creusé encore le déficit en commandant – en notre nom – 15 Ferrari à faire rouler sur des chemins vicinaux (des TGV pour jouer les TER), il se rattrapait (!) en rabotant les frais de nourrice des anciens Présidents.
Mais pas trop quand même.

D’abord, on ne fait rien avant cinq ans.
 Et puis on ne touche pas à la dotation, ni à l’appartement de fonction, ni aux collaborateurs. Simplement, passé cinq ans, on réduit leur nombre à trois et un agent de service.
 Fini, aussi, la gratuité des transports et les chauffeurs, les « frais de réception et de déplacement » n’étant désormais pris en charge par l’État que « pour des activités liées spécifiquement à leurs fonctions d’anciens chefs de l’État ».

Mais on leur laisse les 65.000 euros.

Pour les menus frais.

Je m’inquiète : ça va pas être trop dur ?

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