vendredi 28 octobre 2016

En plein hommage de Hollande à Mitterrand, Bartolone tourne les talons !

 



Le 28/10/2016


Ah, le sens des formules, les petites blagues, les calembours irrésistibles… Et dire que certains se vexent. On se demande bien pourquoi !

On a souvent souligné ici combien il est périlleux, pour les politiques, de se lancer dans l’exercice de la biographie « en miroir ».
Généralement, on confie cela à un ou plusieurs nègres qui sauront vous ficeler un livre sur une figure de l’Histoire à laquelle il est flatteur de s’identifier.
Par exemple un Jack Lang qui se peint en François Ier et se rêve en Laurent de Médicis.
Le livre, par son épaisseur et le temps qu’on y consacre, permet un peu de subtilité dans l’approche. En revanche, quand on espère boucler cela le temps d’un discours, c’est nettement plus difficile à faire passer.
François Hollande s’y est pourtant risqué ce mercredi, allant célébrer à la pyramide du Louvre le centenaire de la naissance de François Mitterrand.
Il y a avait, là, tout le ban et l’arrière-ban, les gloires d’hier et les illustres du jour, la fille cachée et le fils montrable, la cour du Florentin et ses traîtres de comédie… la GAUCHE, mesdames messieurs, celle qui se rêve un passé glorieux devant son présent de déconfiture.
Et le Président normal, fort de ses 4 % de popularité frais émoulus du matin (enquête Ipsos pour le CEVIPOF et Le Monde), de tenter d’expliquer urbi et orbi combien lui, c’était moi et moi, c’est lui, hier comme aujourd’hui, inversement et vice versa.

« La marque de François Mitterrand, c’est la volonté, une volonté farouche, inébranlable. Il n’a jamais cédé au moindre découragement même quand les épreuves semblaient l’avoir écarté à tout jamais de la vie politique », a dit François Hollande, plus culbuto que jamais.
« François Mitterrand savait attendre pour mieux durer. »
Sans doute, mais quand il a été réélu après deux années de cohabitation princière avec son ami Chirac, il l’a fait avec un score de 54 %.
 On ne voit guère Hollande récupérer 50 points en six mois !
 Même avec des djihadistes aux fesses.
Pointant l’incompréhension des masses et la solitude du pouvoir, Hollande assène : si Mitterrand « semblait à contretemps, c’est parce qu’il avait pris de l’avance ».
Ah ! Ah !
 Mais surtout, « à la gauche, à toute la gauche, il laisse un testament décisif : se rassembler pour gouverner et gouverner pour réformer et changer le pays ».
Pauvre Hollande, qui crie dans le désert : « Ouh ouh ! y a quelqu’un ? »
Car la gauche, la sienne, déjà bien éparpillée, est en train de le fuir comme la peste.
Il porte la poisse, le Président normal.
 Il file la scoumoune.
Tellement content de lui, il se saborde tout seul, et distille son mépris pour ceux qui l’entourent sur 600 pages.
Comme Mitterrand, dit-il là encore, incompris « sans doute parce qu’il avait le sens des formules et qu’il lui était arrivé de blesser, sans doute aussi parce qu’il savait ce qu’était la politique, ses enjeux, ses combats, ses luttes, y compris dans sa propre famille politique ».

Ah, le sens des formules, les petites blagues, les calembours irrésistibles, les jeux de mots pour amuser la galerie…
Et dire que certains se vexent.
On se demande bien pourquoi !

C’est assurément ce qui est arrivé à Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale, quatrième personnage de l’État dans l’ordre protocolaire.
Ce mercredi, sous la pyramide du Louvre, après avoir écouté les éloges des mitterrandolâtres et le panégyrique de Mazarine Pingeot, la fille cachée, il a très ostensiblement quitté la salle au moment où François Hollande allait prendre la parole.
Il lui a tourné le dos.
A fait savoir à la presse que ce n’était pas pour une envie pressante mais un acte délibéré de rupture.

 C’est que Bartolone n’a pas aimé lire, dans Un président ne devrait pas dire ça, qu’il n’avait « pas l’envergure » pour être Premier ministre et qu’il n’avait « pas un charisme considérable ».

De vous à moi, personnellement, je trouve ce jugement bien trop tendre, mais je ne suis pas une amie de 40 ans.

Encore moins président de la République.


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