dimanche 23 octobre 2016

CETA: pourquoi l’UE veut-elle mettre les Wallons à genoux?

23 octobre 2016


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Après le refus wallon de donner un feu vert à la signature du CETA la semaine prochaine, l’Union Européenne confirme son incapacité, déjà constatée en Grèce ou en Grande-Bretagne avant le Brexit, de négocier intelligemment avec ses Etats membres.
 
L’attitude du président (polonais) du Conseil, Donald Tusk, devrait rapprocher un peu plus l’Union de son suicide institutionnel.
Mais pourquoi les Européens veulent-ils ratifier si vite le CETA?
 
Les Wallons demandent une déclaration interprétative

On se souvient que les Wallons alertent, de longue date, leurs voisins européens sur leur probable refus du CETA.
Conscients qu’ils n’obtiendraient pas une révision du texte, qui supposerait une réouverture des négociations, les Wallons ont demandé à l’Union Européenne une déclaration interprétative précisant certains points problématiques du texte.
 En particulier, les Wallons s’inquiètent de la protection de leurs petites et moyennes entreprises face aux multinationales et aux arbitrages que celles-ci pourraient solliciter.
L’Allemagne avait, en son temps, exprimé les mêmes craintes sur le TAFTA.
L’Union a décidé de répondre à cette demande.
 
La réponse nulle de l’Union Européenne

Assez curieusement, l’Union Européenne a semblé incapable de réagir intelligemment à cette demande.
L’Union a envoyé, en trois jours, trois versions différentes du même texte.
La dernière version du texte est, selon les Wallons, en retrait sur les attentes exprimées par leur Parlement la semaine dernière.
La méthode suivie ne devrait donc pas apaiser le climat de sédition qui règne aujourd’hui en Europe.
 
Le cataclysmique ultimatum de Donald Tusk

Parallèlement, les dirigeants européens se livrent, selon les responsables wallons, a des pressions extrêmement fortes pour que Paul Magnette, le président du gouvernement régional, change d’avis. Pire, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lancé un ultimatum au gouvernement belge.
Dans l’entourage de M. Michel [le Premier Ministre belge], on indiquait dimanche, évoquant l’appel de Donald Tusk, que «si la Wallonie persistait à refuser de signer, aucun report ne serait accordé et le Sommet prévu jeudi n’aurait pas lieu».
Dire ça à des Wallons, c’est vraiment très mal les connaître.
Tusk a raté une belle occasion de se taire.
 
Pourquoi Tusk est-il si pressé?

Devant ce passage en force, on peut évidemment se demander pourquoi Tusk commet autant de maladresses.
Il est difficile ici de ne pas se souvenir que le mécanisme prévu par le CETA permet à n’importe quelle filiale canadienne d’une multinationale non canadienne de revendiquer l’application du traité.
De là à dire que le CETA pourrait constituer un substitut rapide et durable au TAFTA qui a du plomb dans l’aile, il n’y a qu’un pas.
 
L’Allemagne à la manoeuvre derrière Tusk?

Selon toute vraisemblance, Donald Tusk, le Polonais proche de l’Allemagne, agit ici en service commandé par Angela Merkel.
 On se souvient que Merkel tenait particulièrement à signer rapidement le TAFTA.
Le calendrier électoral américain a finalement rendu l’exercice compliqué.
En revanche, obtenir fin octobre la signature d’un traité de substitution au TAFTA conviendrait parfaitement aux objectifs allemands.
 
Et le tour est joué.
 
Reste à savoir si les Wallons résisteront à ce nouveau coup de force allemand.

On prend les paris.

eric-verhaeghe

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