jeudi 22 septembre 2016

Najat et la scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans : encore du pipeau !




Le 22/09/2016
Marie Delarue

Dernière bouteille à la mer : la scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans.

Quand on est entraîné au milieu du fleuve sur une barque qui prend l’eau, on cherche un banc de sable où s’échouer, des roseaux auxquels s’accrocher, un tronc d’arbre à la dérive qui vous servira de bouée et vous sauvera peut-être la vie ; en désespoir de cause, on jette une bouteille à la mer.
C’est ce que fait, aujourd’hui, le gouvernement et, derrière lui, les quelques soutiens qui lui restent encore au Parti socialiste.

Dans le rôle de la vigie : Najat Vallaud-Belkacem.

Dernière bouteille à la mer : la scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans.

 Présent le week-end dernier aux « universités de l’engagement », le ministre de l’Éducation a, l’air de rien, balancé ce tweet : « Pour aller plus loin sur l’éducation, je proposerai d’étendre la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans. »

Avec un sens du syllogisme maintes fois démontré, nos têtes chercheuses feraient donc ce pari : sachant que 110.000 jeunes sortent chaque année du système scolaire, et sachant que la sortie est sans issue, supprimons donc la sortie.
 Ainsi, par miracle, nous n’aurons plus de « décrocheurs ».

En voilà une idée qu’elle est bonne, comme aurait dit feu Coluche.
 C’est tellement simple qu’on se demande pourquoi on n’y avait pas songé plus tôt.
Faux, d’ailleurs : certains y songent depuis longtemps.

C’est même une revendication du SNES-FSU (syndicat national des enseignants du second degré) et du Parti communiste.

Mais c’est totalement utopique, me direz-vous !
 En effet, sachant qu’appliquer cette mesure signifie réintroduire 180.000 jeunes par an dans le système scolaire, comment fait-on ?
 Avec quels fonds, quels personnels, quelles structures ?
 Pour quels projets, quel type d’enseignements ?

On l’a bien compris, tout cela, une fois de plus, n’est que de la com’.
 Du pipeau.
 La raison n’est évidemment pas le sauvetage des jeunes en perdition mais celui d’une gauche en pleine noyade.
Jusqu’ici, le monde enseignant constituait le gros des troupes socialistes, mais les réformes de la ténébreuse Najat l’ont fâché.
Que faire, alors, pour récupérer ce vivier de voix ?
 Promettre l’impossible : le bac pour tous, l’université universelle, les diplômes au distributeur…

Il faut satisfaire les troupes de gauche, voire de l’ultra-gauche, les frondeurs comme les frontistes de Mélenchon.

En juin 2015, déjà, on pouvait lire dans L’Humanité : « Depuis plus de cinquante ans, malgré les multiples évolutions de la société et l’évidence des parcours d’études (80 % d’une génération décroche le bac, obtenu l’année des dix-huit ans), l’âge de la scolarité obligatoire reste désespérément scotché à seize ans.
Un anachronisme qui remonte à 1959 et est devenu un frein à une nouvelle phase de démocratisation des savoirs. […]
 En clair, les nouvelles générations veulent massivement poursuivre leurs études bien au-delà de 16 ans. […]
 Passer l’obligation scolaire à 18 ans semblerait donc une évidence. »

Généreuse utopie qui évite les questions qui fâchent : pourquoi les jeunes décrochent-ils ?

 Pourquoi 20 % d’illettrés dans un système à la traîne, reculant d’année en année vers le fond de la classe européenne ?

 Pourquoi des décennies de « démocratisation » ont-elles rendu l’école française plus inégalitaire qu’elle ne l’a jamais été, cela malgré un budget de l’Éducation nationale – le premier de l’État – qui gonfle à mesure que le niveau baisse, atteignant en 2015 la somme colossale de 94,17 milliards d’euros ?

Ce qui place la France en tête pour les dépenses et en queue pour les résultats !

Qui veut répondre ?

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