samedi 17 septembre 2016

L’État a encore menti : il y aura bien des migrants en Île-de-France !




Le 17/09/2016
Caroline Artus

Le gouvernement chercherait à essaimer des jungles tout court qu’il ne s’y prendrait pas autrement


Le 13 septembre, Le Figaro (document à l’appui) rapportait la décision du gouvernement « d’écarter dans la répartition [des migrants venant de Calais] les régions Île-de-France – particulièrement tendue sur la question de l’hébergement – et Corse ».
Faux ! révèle, le 15 septembre, Valeurs actuelles : parmi les 12.000 migrants dispatchés partout en France, un certain nombre sera bel et bien envoyé en Île-de-France.

On nous a donc menti. Un mensonge, d’ailleurs, « confirmé » par Valérie Pécresse le 14 septembre au micro de RMC/BFM TV, le gouvernement lui ayant « demandé de mettre un campement de migrants à Cergy-Pontoise (95) et un autre à Vernouillet (78) ».

Des décisions prises en ce moment même, à huis clos, s’il vous plaît, par les préfets, seuls, sans concertation aucune avec les maires concernés, ces derniers n’ayant pas été conviés à cette réunion. Philippe Brillault, le maire du Chesnay, dans les Yvelines, s’en étrangle.
« Combien de milliers de migrants va-t-il y avoir en Île-de-France ? »
Et d’affirmer avec force défendre « les intérêts de [ses] citoyens » avant les siens.
En effet, dit-il non sans humour, mettre un camp de migrants dans une banlieue bourgeoise, « ça peut faire plaisir, mais il y a aussi des gens simples, chez nous ».

Pour Philippe Brillaud, d’ailleurs, cela ne fait pas un pli : le gouvernement avait bien prévu deux étapes.

La première était de répartir des migrants en province – y compris, comme nous l’apprend La Dépêche, dans de tout petits villages comme celui de Bruniquel (82), classé, qui s’apprête à en accueillir 24 -, « d’attendre de voir les réactions tout en nous disant que l’Île-de-France et la Corse ne sont pas concernées ».
La deuxième… ce sont les décisions qui ressortiront de cette opaque réunion entre préfets.


C’est exactement cela : sous couvert de désengorger la jungle de Calais (qui finira par se remplir à nouveau), camp devenu si grand qu’il ne peut qu’engendrer tout ce que l’on sait déjà – saleté, multiples agressions à l’intérieur, violences inouïes à l’extérieur -, l’État crée un peu partout des « mini-Calais », comme l’a souligné Marine Le Pen, sortes de laboratoires expérimentaux à plus petite échelle.
Comment cela va-t-il se passer, les habitants vont-ils accepter ces afflux d’étrangers ?
 Pas de grandes protestations ni autres émeutes ?
Alors, on continue, pour paraphraser Jean-Claude Juncker interrogé par le Spiegel, à propos des décisions européennes en… 1999.
L’édile du Chesnay, outré par « l’ignorance » de l’État à l’égard des élus locaux, ne semble pas de cet avis et il « craint que dans les mois qui viennent, les semaines qui viennent, il puisse y avoir une réaction populaire forte ».
Gare « à l’étincelle ».

Le gouvernement chercherait cependant à essaimer des jungles tout court qu’il ne s’y prendrait pas autrement…

« Car, de toute façon, personne ne comprend ce que nous décidons, alors nous continuons, pas à pas, jusqu’à ce qu’un retour en arrière devienne impossible », concluait, très satisfait, le président de l’Union européenne.

Exactement ce que ce gouvernement sortant met en place avant son éjection, en mai prochain.

Qu’il se méfie, quand même.

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