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mercredi 14 septembre 2016





Le 14/09/2016
Certains sondages, dont on nous abreuve régulièrement ces temps-ci, peuvent réserver des surprises.

Tel est le cas de celui publié par l’IFOP pour le JDD au sujet de la personnalité politique qui serait « la plus à même de garantir la sécurité des Français face à la menace terroriste ».
C’est, en effet, presque un choc de voir Alain Juppé arriver en tête de nos « chefs de guerre » avec 58 %, suivi de Sarkozy (50 %), Valls (49 %), Fillon (48 %), Macron (45 %) et… Marine Le Pen (42 %).

Si ce résultat, obtenu auprès d’un échantillon de 961 personnes selon la méthode des quotas, n’était le fruit du travail du très sérieux institut ci-dessus mentionné, on pourrait facilement croire à une mauvaise plaisanterie ou, pour les plus suspicieux, une vaste opération d’intoxication.

En effet, s’il est un domaine où on attendait peu notre adepte de « l’identité heureuse », c’est bien celui de la sécurité et du terrorisme, et cela pour plusieurs raisons.

Tout d’abord son bilan d’homme politique. Force est de constater que son passage à la tête du gouvernement de Jacques Chirac, entre 1993 et 1995, n’a pas laissé que de bons souvenirs.
Sur le plan économique, Juppé a laissé 200.000 chômeurs supplémentaires en deux ans, et une hausse importante des impôts.
Rappelons, pour mémoire, les deux points d’augmentation de TVA et la suppression du plafonnement de l’ISF, dont l’intéressé dit lui-même aujourd’hui que ce fut une erreur.

Sur le plan de la criminalité, ensuite, le bilan du gouvernement Juppé n’a pas brillé par ses résultats, et les délinquants ont pu continuer leurs coupables activités sans être particulièrement inquiétés.

En ce qui concerne la lutte antiterroriste, sujet du sondage, il suffit de se rappeler le Juppé ministre des Affaires étrangères d’un Président nommé Sarkozy.
L’intervention de la France en Libye a, en effet, jeté ce pays dans le chaos et largement contribué à alimenter la crise migratoire et l’insécurité que notre pays connaît aujourd’hui.

Là encore, l’intéressé considère maintenant ces initiatives comme des erreurs.

Certes, tout le monde peut se tromper et, ainsi que le dit l’adage, « l’erreur est humaine ».
Mais le dicton dit aussi que « persévérer est diabolique » et, en ce qui concerne le maire de Bordeaux, il a manifestement la persévérance chevillée au corps !

Par ailleurs, ce ne sont pas les mesures qu’il annonce dans ces domaines pour 2017 qui sont de nature à rassurer.
Redéploiement de 4.500 policiers et gendarmes – un cautère sur une jambe de bois en matière d’effectifs !
 Construction de 10.000 places de prison supplémentaires.
Selon les experts, ce sont 20 à 30.000 places de plus qu’il faudrait.
Négocier un pacte avec l’islam de France.
Comme si l’islam de France était le vrai problème.
Bref, des mesures sans consistance ni réelle portée opérationnelle et politique.

Nous savions qu’en matière électorale, les Français avaient parfois la mémoire courte, mais là, l’échantillon sélectionné souffrait visiblement d’amnésie.

À moins qu’il n’ait pas compris la question !

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