dimanche 21 août 2016

Hollande : « pas de bol » (et pots cassés)




Le 21/08/2016
Olivier Damien

« Fort bien, mais a-t-il de la chance ? » Quand on lui faisait valoir les qualités et les mérites d’un officier, Napoléon s’enquérait immédiatement de la bonne étoile de l’intéressé.

Signe que l’Empereur ne s’en remettait pas uniquement au rationalisme pour conduire ses armées.
Il n’empêche, et l’Histoire l’a prouvé à maintes reprises, la guerre est affaire de spécialistes et de stratèges.
 Napoléon lui-même n’a-t-il pas dû sa défaite à Waterloo, le 18 juin 1815, à la défection de Grouchy plus qu’à son manque de chance ?

Il en est de même en politique.
À cet égard, les récentes confessions de François Hollande auprès de deux journalistes qui l’interrogeaient pour les besoins d’un livre, Conversations privées avec le Président, à paraître chez Albin Michel, ne manquent ni de saveur ni d’intérêt.
En effet, alors qu’il était question de sa promesse électorale sur l’inversion de la courbe du chômage avant la fin de l’année 2016, le Président a eu cette remarque :

Je n’ai pas eu de bol ! En même temps, j’aurais pu gagner.

Curieuse réponse, en vérité, venant de celui qui, depuis bientôt cinq ans, préside aux destinées de la France, et qui semble avoir fait de la chance son mode de gouvernement.

Ainsi, même si, selon les psychanalystes, croire en la chance est nécessaire pour avoir foi en l’existence et pour œuvrer à sa bonne fortune, s’en remettre à sa seule bonne étoile ne peut que conduire à de sérieuses déconvenues.
Le bilan catastrophique de l’ère Hollande suffit à l’illustrer !



Pourtant, cette évidence ne suffit manifestement pas à édifier le locataire de l’Élysée puisqu’il semble, selon ses proches, compter plus que jamais sur sa bonne étoile pour être réélu en 2017.
Il est vrai qu’avec un taux d’impopularité qui dépasse à ce jour les 80 % dans l’opinion, c’est (ce qu’à Dieu ne plaise) un miracle qu’il lui faudra pour signer un nouveau bail avec les Français.

La vraie question, dans tout cela, reste quand même de savoir qui, dans ce qui relève désormais d’une vaste comédie dramatique, a le plus à perdre.

Si Hollande prétend ne pas avoir eu de « bol » avec le chômage, ce sont cependant les Français qui auront payé les pots cassés et vu se détruire de nombreux emplois au cours de ces dernières années.
 Les cinq ans qui viennent de s’écouler auront été parmi les plus catastrophiques de notre histoire. Engagée dans un déclin sans pareil, il faudra à la France bien plus que de la chance pour s’en sortir et retrouver une situation économique, financière, sociale et diplomatique digne de son rang.

Pour 2017, ce n’est donc pas de candidats ou de candidates chanceux que nous aurons besoin.
Mais d’hommes et de femmes politiques déterminés, audacieux, entreprenants et habités par un vrai projet pour notre pays.

La chance n’a rien à voir là-dedans ; seuls comptent le travail, l’esprit de responsabilité et le sens de l’Histoire.

 Bref, tout ce qui nous fait défaut depuis un triste mois de mai 2012.

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