mardi 28 juin 2016

Pour Manuel Valls, c’est non au TAFTA ! Mais qui le négocie depuis deux ans ?


         

Le 28/06/2016


À lire les déclarations de Manuel Valls, on se demande qui dirige le gouvernement de la France depuis plus de deux ans.

Tout le monde connaît ce grand classique du gentil et du méchant que l’on prête, à tort ou à raison, aux interrogatoires de police pour faire passer à table le gardé à vue.
Le méchant jouera de la grosse caisse, le gentil du violon – sans jeu de mots -, si bien qu’à la fin, épuisé, déboussolé, le voyou signera sa déposition des deux mains.
C’est à se demander si ce n’est pas le jeu auquel se prêtent François Hollande et Manuel Valls avec les Français.
La fin de la garde à vue pour les Français s’achève légalement dans moins d’un an : demain, en somme, à l’échelle d’une nation.
 Et il est temps d’employer les grands moyens si l’on ne veut pas que les Français sortent libres du commissariat !
Pas à coups d’annuaire sur la tête, évidemment – dématérialisation oblige.
 Mais pire, peut-être.
François Hollande, de son côté, continue dans le registre du gentil en dévidant un discours désespérément insipide, vide de sens, qui n’imprime même plus en noir : « Un sursaut est nécessaire. L’Europe pour aller de l’avant… Les peuples attendent de l’Union européenne qu’elle réaffirme ses valeurs… »
 Une sorte de sermon à trous que même le président de l’Union bouliste de Sainte-Cagoulasse-de-Mildiou pourrait reprendre sans difficultés — à quelques arrangements près — à l’occasion de son assemblée générale, à l’heure où le rosé fraîchit et les cigales stridulent dans les platanes.
Consternation, chantait Mélenchon à la sortie de l’Élysée : il y avait de quoi !
Manuel Valls, de son côté, envoie du bois, comme disent les jeunes.
Prenant la mesure des choses et, plus peut-être encore, celle du temps, le Premier ministre « muscle son discours vis-à-vis de l’Europe », comme le titrait hier soir Le Point.
Ainsi, le traité transatlantique (TAFTA) « ne va pas dans le bon sens ».
Ainsi, « il faut bannir le dumping social et fiscal ».
Ainsi, encore, Manuel Valls souhaite que les Européens puissent retrouver une « pleine maîtrise » de la question des frontières.
 Ainsi, enfin, Manuel Valls déclare : « Quand l’Europe n’est pas le bon niveau de décision, alors elle doit s’effacer et laisser les États décider. »

Tout cela est juste, est bon.
Tout cela vient un peu tard, aussi.
Du reste, quel aurait été le discours de Manuel Valls si, en Grande-Bretagne, le Remain l’avait emporté « largement », « incontestablement » à 50,01 % ?
Posons-nous la question une seconde.
 Un procès d’intention ?
 Un gardé à vue se défend comme il peut.
D’ailleurs, à lire les déclarations de Manuel Valls, on se demande qui dirige le gouvernement de la France depuis plus de deux ans, qui a délégué à la Commission européenne le droit de discuter avec les États-Unis d’Amérique sur le projet de traité transatlantique ?
 Qui ?
 Celui qui affirmait au Parlement européen en avril dernier : « L’Europe n’est pas le problème. C’est la solution. Mais il faut s’en donner les moyens… »

Manuel Valls joue donc maintenant le méchant avec l’Europe, se faisant ainsi le gentil aux yeux des Français, car il sait pertinemment que de tels propos ont, aujourd’hui, chez eux, un écho favorable, d’autant que François Hollande a balayé du revers de sa molle main l’idée d’un référendum sur l’Europe.
Subtil ?
 Un peu gros, quand même.

Mais bon, lorsque la garde à vue prend fin, il n’est plus temps de finasser.

Essayons la fascination.

 On tente le tout pour le tout.

Manu, vas-y quand même doucement avec le Bottin…

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