dimanche 26 juin 2016

Le Brexit dessine l’Europe des oubliés

 
 

Le 26/06/2016

 
La nation est le dernier bien des plus modestes, des humbles. Les fortunés de naissance peuvent bien s’en passer, ils sont partout chez eux.

Suite au Brexit, Gaspard Koenig, chouchou des médias, fulminait dans les colonnes du Figaro Vox : « Ce référendum a fait ressurgir l’autre Angleterre, celle des hooligans et des Little Englanders. Cela semble méprisant ? Oui. Je hais les nations, épiphénomène sanglant de l’histoire humaine, et méprise les nationalistes. »

Ce Bernard-Henri Lévy des bacs à sable devait, à l’identique de son devancier, « peiner à imaginer » que le peuple britannique puisse décider unilatéralement de restaurer sa souveraineté pleine et entière. En tant que cosmopolites assumés, ils méprisent tout autant les communautés anciennes que les savantes constructions politiques qu’elles ont bâties avec le temps.
 Pour toutes ces raisons, ils « peinent » à comprendre le peuple.
 Ils n’en sont pas issus et ne partagent rien avec lui, pas même l’identité nationale.
Car, la nation est le dernier bien des plus modestes, des humbles.
 Les fortunés de naissance peuvent bien s’en passer, ils sont partout chez eux. Londres, Paris, Alger, Tokyo ou Brazzaville ?
 Qu’importe tant qu’on y trouve des hôtels, des aéroports, des clubs et des restaurants « fusion ».
Au moins, ils l’assument.
Angela Merkel et François Hollande pensent exactement la même chose, mais ils n’osent pas le dire explicitement.
 Bien qu’il s’en défende, Nicolas Sarkozy est aussi tout entier acquis à l’idée d’un mondialisme uniformisant défendue par Gaspard Koenig, Jacques Attali et tous les autres.
Ils frémissent, tremblent, s’inquiètent : leurs idéaux si parfaits ne suscitent pas l’unanimité.
 Les peuples européens comprennent maintenant qu’ils sont menacés d’invasion, de soumission, voire de disparition.
Seule la nation peut encore les protéger des funestes desseins des aspirants Attali qui pullulent dans les cabinets ministériels et les organisations supranationales.
L’Angleterre populaire a bien fait pencher la balance, celle des grèves de mineurs, des « cockney rejects », des stades de football, des lecteurs du Sun et des mains salies par les papiers journaux qui entourent les « fish and chips » huileux.
Certains bastions traditionnellement acquis au Labour ont d’ailleurs majoritairement voté pour le « Out », alors que la direction du parti appelait à voter « In ».
 Intelligemment, Jeremy Corbyn, chef des travaillistes qui avait voté non à l’intégration de la Grande-Bretagne en 1975, s’est tenu à l’écart de la campagne, conscient de l’exaspération croissante de l’Angleterre des « petits ».
Lui, at least, ne peinait pas à imaginer ce que le peuple pouvait décider.
Du pub au bar PMU, se dessine une cartographie de l’Europe des oubliés que ne renierait pas Christophe Guiluy.
Quand les Français des classes moyennes fuient les quartiers de la diversité, où règne la tyrannie multiculturelle, les Anglais de souche britannique fuient Londres, écrasés par les coûts des loyers et l’immigration extra-européenne.
 Ce phénomène du « White Flight » a été durement ressenti par ceux qui l’ont vécu, et ceux qui craignent de devoir s’y résoudre.
Le déclassement de l’Angleterre traditionnelle s’est fait pareillement ressentir lors de l’élection de Sadiq Khan à la mairie de Londres, avalisant politiquement le déclin démographique des Anglais dans la métropole.
 Le Brexit était en grande partie un référendum contre l’invasion migratoire que subit la Grande-Bretagne dans l’esprit des votants.

 Ces personnages « grossiers », « incultes », « ignares », « xénophobes » et « alcooliques » ont voulu dire qu’ils étaient encore chez eux.
 Ils nous laisseront lutter seuls, avec l’Europe centrale, contre la folle politique allemande.
Acceptons en l’augure.
Face à cette autre Angleterre qu’on a voulu cacher, la métropole londonienne qui n’a plus rien d’anglaise.
 Une partie de ses habitants voudraient même déclarer l’indépendance de la ville, dégoutée par le Brexit.
 Les capitales européennes sont des villes monde, des aéroports géants dénués d’identité propre.
Toutes les richesses matérielles, ou presque, sont concentrées dans cette réalité parallèle, à laquelle appartiennent aussi les gens qui nous gouvernent en France, sortis du pays réel.
Plutôt que d’essayer d’entendre ce qui se trame, notre classe politico-médiatique cherchera à imposer plus d’intégration européenne, plus d’immigration, plus de règlements, plus de technocratie.
Stéphane Le Foll l’a dit : « La sortie de la Grande-Bretagne n’entraînera pas de changement sur les traités relatifs à l’immigration et à Schengen ».
Juridiquement, c’est exact.

 Politiquement, c’est une démonstration d’aveuglement absolument sidérante.

 Ils le paieront cher.

 Peut-être plus vite qu’ils ne le pensent.


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