jeudi 23 juin 2016

La faute de M. Hollande

 
         

Le 23/06/2016


L’art de la synthèse hollandienne s’achève en foutaise généralisée et concourt à accélérer la décrépitude de l’État.

La semaine dernière, au lendemain de la désastreuse manif de la CGT à Paris, j’attendais mon train sur le quai.
 Près de moi, quatre hommes discutaient entre eux à propos de cette manif.
Je tendis alors mon oreille de concierge occasionnelle et compris vite qu’ils appartenaient à la CGT, qu’ils avaient participé à la manif et qu’ils en déploraient les graves incidents.
 Ils n’avaient jamais vu cela !
L’un d’eux affirma même à ses copains que les forces de l’ordre avaient laissé passer les casseurs par des rues adjacentes…
Vrai, faux ?
Je ne fais que rapporter ce que j’ai entendu et rassure les lecteurs qui ne m’ont pas lu depuis longtemps sur Boulevard Voltaire : je n’ai pas adhéré à la CGT !
 Mais cela en dit long, en tout cas, sur l’état – non pas d’urgence – de confusion dans lequel notre pays est tombé.
 Au moment où je commençais à écrire ces lignes, la manifestation de jeudi était interdite par la préfecture de police.
Une première depuis des lustres.
Christian Paul, député socialiste « frondeur », pèse ses mots sur i>Télé en parlant de « faute historique » : la première fois depuis 1958, selon lui, qu’« un gouvernement – un Premier ministre – interdit une manifestation organisée par les grandes organisations syndicales ».

Soulignons, tout de même, que Christian Paul commet aussi une faute historique.
 En effet, Marianne, un peu taquine sans doute, rappelle que cette première ne remonte pas à 1958 mais à 1961.
Alors que le pays connaissait les dernières affres de la guerre d’Algérie, le pouvoir avait interdit plusieurs manifestations organisées par la CGT.
Et à l’époque, le préfet de police s’appelait… Maurice Papon.
De là à faire l’amalgame entre Papon et Valls, vous voyez le truc !
Ces lignes achevées, j’apprends que le préfet de police va devoir manger sa casquette brodée d’or car, finalement, la manif serait autorisée sur un petit circuit.
« Quand j’avance, tu recules », pourront chanter, grivois, les manifestants qui devront donc tourner demain autour d’un pâté de maisons, un peu comme les fidèles autour de la Kaaba, histoire de s’habituer au fond…
L’art de la synthèse hollandienne s’achève donc en foutaise généralisée et concourt à accélérer la décrépitude de l’État.
Là est la faute historique.
Tout le « règne » de François Hollande tient finalement entre deux séries de manifestations : celles de 2013 contre le mariage homosexuel, celles de 2016 contre la loi Travail.
Un pouvoir idéologue qui fait reculer à coups de gaz lacrymogène les poussettes, met en garde à vue des centaines de jeunes pacifiques dans des conditions indignes.
Un pouvoir impuissant devant la rue livrée aux gauchistes de Nuit debout, aux hooligans venus de l’étranger et aux racailles descendues des banlieues.
Fort avec les faibles, faible avec les forts.
 Tout le contraire de ce que doit être un État digne de ce nom.

Un État…
 Mais lorsque le chef de ce soi-disant État n’est plus que le préfet de la Commission de Bruxelles…
Fallait-il interdire ou pas cette manifestation ?
 Là n’est pas la question.
 Marine Le Pen l’a très bien dit la semaine dernière : « Il faut maintenir l’ordre […] Interdire les manifestations, c’est admettre qu’on est dans l’incapacité de maintenir l’ordre. »

Les tergiversations hollandiennes et vallsiennes démontrent, une fois de plus, l’impéritie de ce gouvernement.

Pire qu’un crime, une faute, selon la formule consacrée.

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