lundi 28 mars 2016

Où sont les parents ? Où sont les proviseurs ?


         
 
Le 28/03/2016
Bérenger de Montmuel

Les valeurs ont complètement changé dans ce pays.


L’inversion des valeurs fait le terreau des djihadistes.
On se demandait encore récemment comment on devient djihadiste.
 Eh bien, la réponse est arrivée en regardant les vidéos de ces jeunes criant « Mort aux flics » et attaquant commissariats et dévalisant des supermarchés.
Ils ont 15 ans, ils sont collégiens et ils manifestent dans la rue.
D’abord, quelles en sont les raisons ?
 Il y a la version officielle et la version officieuse.
La version officielle : une lutte forte et légitime contre une loi de régression sociale : « Nous, on veut vivre aussi bien que nos parents et même mieux. »
Sauf que s’ils étudiaient de pied ferme, ils apprendraient peut-être que l’État-providence dont ils se réclament dérive directement de la planche à billets et que les déficits abyssaux qui se creusent seront pour eux. Ils feraient bien de s’en alerter et, mieux, de manifester devant le ministère du Budget pour essayer d’endiguer l’héritage qui sera le leur.
Car nous ne leur laisserons que des dettes.
 Ça, c’est pour la version officielle.

Et la version officieuse ?

 Il se trouve que j’ai des antennes dans le milieu estudiantin, et le milieu estudiantin de ce que l’on appelle le 9-3.
Alors là, le son de cloche est tout autre : « On manif’ parce que ça fait toujours ça de pris, pour une fois, on ne sera pas en cours et personne ne nous dira rien. »

Quel bel idéal !
 La loi El Khomri, ils s’en foutent.
Mais se retrouver en bandes, descendre dans la rue pour manifester, casser et voler, quel pied !
Et, s’il y a des dérapages, des scènes d’émeutes, si on récolte des gnons, qu’importe : on aura passé une bonne journée et on aura eu l’impression de participer à une action collective et valorisante.
Même les médias en parleront.
 Et les médias en ont parlé.
Et le gouvernement a été tétanisé à l’idée que les jeunes et les étudiants fassent jonction avec les syndicats et les salariés.
 Quelle image déplorable pour un gouvernement qui se dit de gauche à la veille d’élections cruciales !
Et maintenant, que conclure de tout cela ?

 Que les valeurs ont complètement changé dans ce pays.
Eût-on imaginé, il y a cinquante ans, que des lycéens descendent dans la rue ?
 Qu’un ministre de l’Intérieur en fasse cas sur les médias au lieu d’admonester parents et proviseurs ?
 Les uns sont civilement responsables des actes de leurs enfants.
 Leur demande-t-on de payer pour la casse et les vols ?
 Les proviseurs ont-ils reçu l’ordre de sanctionner les élèves absents ?

Cerise sur le gâteau : au lieu de défendre les forces de l’ordre, ce même ministre les met en position d’accusé pour une prétendue bavure.
 Quelle lâcheté !
 Manifester dans la rue est devenu une coutume gauloise au même titre que la baguette de pain ou l’anticléricalisme.

Ces jeunes n’ont pas de repères et on ne leur en a pas donné.

 Ils sont abandonnés à eux-mêmes.

Comment trouveraient-ils leur place dans une telle société ?

Certains seront les djihadistes de demain.

Étonnant ?


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