jeudi 24 décembre 2015

Syrie/Europe : le jeu malsain de la Turquie

                                                    
Le 24/12/2015
On peut se demander quel rôle exact jouent les États-Unis en apportant un appui inconditionnel à la Turquie, si ce n'est pour contrer la Russie.
   
Depuis six jours, une opération militaire, menée conjointement par l’armée et les forces spéciales de la police, se déroule dans le sud-est de la Turquie.
 Pas moins de 102 Kurdes, présumés militants du PKK (Parti des travailleurs kurdes), ont déjà été abattus (source AFP). 10.000 soldats, appuyés par des chars, sont mobilisés pour détruire les militants kurdes dans les centres urbains.
L’opération se concentre sur deux villes proches des frontières syrienne et irakienne, Cizre et Silopi, dans la province de Şırnak.
 Ces opérations se poursuivront avec détermination jusqu’à ce que l’ordre soit totalement rétabli.
Donc jusqu’à l’extermination des derniers Kurdes de cette région (rappelons que la Turquie est experte en génocide : se souvenir des Arméniens !).
Des avions de combat bombardent les camps du PKK même dans le nord de l’Irak, dont le gouvernement les accuse d’ingérence sans autorisation et menace de les attaquer.
Le président de la Turquie Recep Tayyip Erdoğan, depuis sa réélection, concentre toute son action contre le PKK qui est, depuis plusieurs mois, l’opposant le plus sérieux et le plus motivé contre Daech.
Erdoğan, par la voix de son Premier ministre Ahmet Davutoğlu, a dénoncé une tentative de déclenchement d’une guerre civile afin de motiver et de justifier son intervention meurtrière.
 « Nous sommes face à une organisation barbare qui instrumentalise les jeunes afin de porter atteinte à la vie des gens en installant des barricades », a-t-il déclaré. Membre de l’OTAN, la Turquie est engagée dans la coalition internationale contre le groupe État islamique, sous l’aile protectrice des États-Unis, mais sa priorité est la neutralisation des Kurdes et la chute de Bachar el-Assad.
On peut se demander quel rôle exact jouent les États-Unis en apportant un appui inconditionnel à la Turquie, si ce n’est pour contrer la Russie.
 Le secrétaire américain de la Défense Ashton Carter appelle même Erdoğan à s’engager davantage : « La Turquie a un rôle énorme à jouer et nous apprécions ce qu’elle fait. Nous voulons qu’elle en fasse plus. »

On ne peut que s’alarmer devant les avances faites à la Turquie pour lui proposer son entrée dans l’Union européenne, même à présent par Angela Merkel et l’Allemagne.
Il est vrai que le président Erdoğan joue très habilement de « ses migrants », monnayant comme dans un souk le prix à payer par l’Europe pour qu’il les conserve, et le chantage, par la menace de les laisser nous envahir.
L’Europe, déjà bien mal en point, ne résisterait pas à une ouverture de ses frontières à la Turquie.

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