mardi 22 décembre 2015

En Norvège, les migrants ont un cours spécial sur les femmes


Par Arièle Bonte | Le 22 décembre 2015


La Norvège offre des cours aux migrants qui souhaitent apprendre les codes sociaux européens.


La Norvège a mis en place un programme à destination des migrants de sexe masculin. L'objectif : leur apprendre les codes socio-culturels européens.
 
Un homme voit une femme en tenue légère boire de l’alcool et embrasser une autre personne dans un bar.
 En Norvège comme en France, cette scène est banale.
 Mais pour le migrant Abdu Osman Kelifa, seule les prostituées se comportent ainsi dans son pays, raconte-il à un journaliste du New York Times.
Cet homme a quitté l'Érythrée pour migrer au nord de l'Europe, en Norvège.
Il a alors choisi de suivre un programme - controversé dans le pays - qui apprend aux hommes issus de cultures différentes et non occidentales les codes d’une société où les femmes ont le droit de s’habiller comme elles le souhaitent et de montrer des signes d’affection, le tout dans un lieu public.

Connaître la différence entre "le bien et le mal"

 
La plupart des pays européens ont renoncé à ces questions d’adaptation, souligne le New York Times.
Par peur de stigmatiser les migrants comme violeurs potentiels et d'encourager les discours des politiques anti-immigration.
Des activistes se sont alors emparés du sujet pour offrir des cours hebdomadaires, où les incriptions sont libres et basées sur le volontariat.
Une initiative soutenue financièrement par le gouvernement norvégien et organisée par la fondation Alternative to Violence.
L’objectif est simple : faire en sorte que les participants « sachent au moins la différence entre ce qui est bien et ce qui est mal », explique l’une des organisatrices du programme suivi par Abdu Osman Kelifa.
 Les élèves de ce projet reçoivent même un manuel dans lequel on peut lire que « forcer quelqu’un à avoir un rapport sexuel n’est pas autorisé en Norvège, même si vous êtes marié à cette personne ».

"Les hommes sont faibles"

 
En évoquant la loi du pays, l’organisation peut ainsi contourner les questions liées à la religion.
 « Le plus grand danger pour tout le monde, c'est le silence », explique le psychologue Per Isdal.
 « Beaucoup de réfugiés viennent de cultures où il n'y a pas d'égalité hommes - femmes, et où les femmes sont les propriétés des hommes », ajoute-t-il.
L'adaptation et la compréhension des comportements des Norvégiennes peuvent alors être compliquées pour ces nouveaux arrivants.
Abdu Osman Kelifa confirme au New York Times : « Les hommes sont faibles et quand ils voient quelqu'un leur sourire, c'est difficile de se contrôler. »

 En Norvège, les choses sont différentes et Abu Osman Kelifa l'a bien compris : « Les Norvégiennes peuvent exercer n'importe quel métier, de Premier ministre à conductrice de camion, et peuvent aussi s'amuser dans les bars ou dans la rue sans être ennuyées », ajoute-t-il.

Cette initiative est inédite en Europe.

 La Bavière, région du sud-est de l'Allemagne, expérimente ce type d’enseignement mais dans un seul refuge dédié aux migrants adolescents.

Au Danemark, les choses sont peut-être sur le point de bouger.

 Les hommes de loi du pays demandent en effet l'instauration de cours obligatoires d’éducation sexuelle et de langue à tous les réfugiés.

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