lundi 29 juin 2015

Nous sommes en guerre contre l'islam radical

          

Seifeddine-Rezgui-sousse
        
"Nous ne sommes pas en guerre contre l’islam", jure le monde politique français. Manuel Valls l’a réaffirmé, après la décapitation au couteau, vendredi, d’Hervé Cornara, chef d’entreprise de Saint- Quentin-Fallavier (Isère).

 Son bourreau, Yassin Salhi, avait accroché la tête de sa victime à un grillage de l’entreprise et l’avait entourée de deux drapeaux de l’Etat islamique (EI) sur lesquels étaient écrits en arabe : "Il n’y a de Dieu que Dieu et Muhammad est son prophète".
Le pompier qui l’a courageusement neutralisé, à mains nues, avait été précédemment repoussé aux cris d’"Allahou Akbar !" (L’Humanité, ce lundi).
 Le même jour, sur la plage d’un hôtel cinq étoiles d’El-Kantaoui, près de Sousse (Tunisie), Seifeddine Rezgui, étudiant à Kairouan, faisait feu sur des touristes.
Durant une demi-heure, il allait méthodiquement faire le tri entre les occidentaux, immédiatement assassinés par balles (38 morts), et les musulmans, épargnés.
"Je n’ai rien contre vous !", "Dégagez ! Dégagez !", leur disait-il, selon les témoignages rapportés dans Le Monde de ce week-end.
Une semblable distinction avait été faite, le 18 mars, lors de la tuerie du musée du Bardo, à Tunis (22 mort, dont 21 étrangers).
 L’Etat islamique (Daesh), qui fête le premier anniversaire de son nouveau Califat en Irak et en Syrie, a revendiqué l’attentat de Sousse, ainsi que celui perpétré, le même jour également, à Koweït City, contre une mosquée chiite (26 musulmans tués).
Ce dernier crime, lié à la guerre intestine entre sunnites et chiites, permet aux dénégationnistes professionnels de contester une guerre de civilisation, termes néanmoins repris samedi par le premier ministre, qui opposerait le monde islamique au monde occidental.

 Cette querelle sémantique est vaine.
Les faits montrent que l’islam radical, au-delà de son conflit interconfessionnel, est en guerre contre l’Occident, et singulièrement contre la France, le maillon faible.

 Les "méchants et sales Français" désignés par l’EI doivent répondre à cette guerre, qui suscite pour l'instant la passivité d’une partie de la communauté musulmane.

Il faudra s’interroger, le moment venu, sur le rôle ambigu joué par Barack H. Obama dans la consolidation de Daesh, né sur les ruines de l’expérience démocratique que Georges W. Bush avait su initier en Irak avant que son successeur n’abandonne cette politique.
La poignée de Frères musulmans, ou proches d'eux, qui conseillent le président américain (Arif Alikhan, Mohammad Elibiary, Rashad Hussein, etc) est une réalité qui peut être mise en parallèle avec la réhabilitation du Califat, objectif revendiqué par cette organisation islamiste.
Alors que Daesh ne compte que 50.000 combattants, ses conquêtes fulgurantes (présence dans 14 pays) ne se sont à l’évidence jamais heurtées à de véritables obstacles de la part des forces menées par les Etats-Unis.
 Cette débandade, née d’une culpabilisation du monde libre et d’un "soft power" ayant tous les traits de la capitulation, serait une attitude mortelle pour la France.

Tandis que le président de la république et son ministre de l’intérieur persistent encore à ne parler que de "terrorisme", il est temps de désigner l’islamisme pour ce qu’il est : notre ennemi déclaré.

La décision du gouvernement tunisien de fermer 80 mosquées salafistes est un exemple qui doit être suivi.
 La proposition du député Frédéric Lefebvre (Les Républicain) d’ouvrir une commission d’enquête parlementaire sur les associations proches des fondamentalistes est à encourager.

 La sous-estimation de la barbarie contre Hervé Cornara, par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), ("Le vrai danger réside du côté de ceux qui utilisent ces événement (Isère) pour déverser leur haine contre une partie de la population qui est, de fait, celle qui paye le plus lourd tribut face au terrorisme") a laissé voir le cynisme victimaire qui sert trop souvent à détourner les yeux des lourdes menaces.

 Les Français musulmans sont également attendus, afin qu’ils se désolidarisent de ceux qui répètent : "Qu’Allah maudisse la France !".

Est-il si difficile pour eux de proclamer à leur tour : "Pas en notre nom !" ?

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