dimanche 21 juin 2015

N’en déplaise à Nosseigneurs les Évêques, l’immigration est un problème

                                                    
(c) Luc Edouard
          
Le 21/06/2015

Les hommes d’Église se sont toujours aventurés avec plus ou moins de bonheur dans le champ compliqué de la politique.

Les hommes d’Église se sont toujours aventurés avec plus ou moins de bonheur dans le champ compliqué de la politique.
 Sans vouloir remonter trop loin dans le temps, on peut évoquer Richelieu, grand prince de l’Église qui savait parfaitement que la conduite du char de l’État n’a rien à voir avec une œuvre de charité.
Plus près de nous, les évêques de France soutinrent comme un seul homme le maréchal Pétain en 1940.
 Ceux de 2002 soutinrent de la même manière Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen.


Le 17 juin dernier, la Conférence des évêques de France a signé une courte déclaration titrée « Migrants, nous sommes tous concernés » dans laquelle elle appelle les catholiques à ne pas ignorer la misère de ces hommes, ces femmes et ces enfants qui arrivent à nos frontières.
Dans ce texte, les évêques exhortent les gouvernements à intensifier une coopération internationale à la hauteur des enjeux, en appellent l’Europe à assumer ses responsabilités et demandent aux pays qui la composent d’apporter une réelle réponse.
 La conclusion résume bien la portée de ce texte : « La dignité de personnes humaines est en jeu. » Mis à part cette tautologie bien dans l’air du temps que Nosseigneurs auraient pu nous épargner – en ce bas monde, nous ne connaissons pas de personnes qui ne soient humaines !
-, ce texte ne peut que recevoir l’assentiment de tous les hommes de bonne volonté.
En aucune manière il ne s’aventure sur le terrain des modalités, et il reste judicieusement dans le domaine des principes.


Parallèlement, trois évêques, Mgr l’évêque in partibus de Macriana de Mauretania et prochainement évêque de Quimper et Léon, Mgr d’Orléans et Mgr l’évêque in partibus de Macriana Minor, évêque auxiliaire de Paris, se sont sentis obligés de faire paraître un texte intitulé « Aimez donc l’immigré, car au pays d’Égypte vous étiez des immigrés », paroles tirées du Deutéronome.
Cette déclaration se présente comme une longue anaphore, figure de style décidément à la mode depuis 2012.
 « Souvenons-nous… Vous avez été des exilés ! » : phrase reprise sept fois de suite dans ce texte.


Un texte qui est un mélange, un amalgame de paroles épiscopales et de propos lénifiants bien dans le goût du jour et que ne renieraient pas les promoteurs du fameux et désormais fumeux « vivre ensemble », si prompts du reste à vivre entre eux…


« Les migrants ne sont pas des problèmes, ce sont des hommes, des femmes, des enfants : des êtres humains. »
 Personne n’a jamais dit que les migrants étaient des problèmes.
En revanche, peut-on nier que l’immigration massive est un problème, et un problème majeur pour notre pays, pour l’Europe ?
Et la teneur des propos de ces trois évêques vise à relativiser ce problème.


Ainsi, plus loin, ils osent écrire : « Il faut dédramatiser la question : la France est un pays de migrations réussies. Chacun peut chercher dans l’histoire de sa famille ou dans l’histoire des migrations les signes d’un accueil ou d’une intégration réussie. Il ne s’agit pas de nier les difficultés passées ou présentes. Mais s’appuyer sur les histoires de réussite de la migration pour chercher ce qui favorise l’accueil, la fraternité, le vivre ensemble. »


Si la France était un pays de migration réussie depuis 40 ans, cela se saurait.


 On pourrait peut-être rappeler à nos trois Excellences que, dans ces histoires de réussite, il y avait certes l’école de la République qui intégrait – mieux : assimilait -, une école qui n’en peut mais aujourd’hui.


Mais cette intégration, cette assimilation passaient par un autre rendez-vous où se retrouvait la grande majorité de ces enfants, Français de souche ou issus de l’immigration, un rendez-vous hebdomadaire que l’on appelait le catéchisme…

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