vendredi 17 avril 2015

Chloé, une petite fille comme la mienne, comme la vôtre


 
 
Le 17/04/2015
 
Chloé est la victime d’un criminel. Elle l’est aussi - et c’est plus terrible encore - d’une société anesthésiée et devenue incapable de protéger les plus faibles. Forte avec les faibles, faible avec les forts.
 
L’horreur.
 Une petite fille de 8 ans, enlevée presque sous les yeux de sa mère : « Elle était derrière les poubelles et il y avait le gars. Il a pris Chloé par le bras, il a couru et il est parti. »
 La fillette a été retrouvée quelques heures plus tard dans la forêt, violée et étranglée.
 À proximité, un individu errant que les gendarmes ont arrêté, et dont on sait désormais qu’il est le principal suspect dans cette affaire. Il aurait avoué les faits.
Le père de famille qui embrasse ses enfants chaque soir à leur coucher, chaque matin en partant travailler, peut-il rester sans frémir à l’annonce d’une telle nouvelle ?
 Chloé a le visage de toutes les petites filles de 8 ans qui nous entourent. Comment peut-on violer un enfant ?
Comment expliquer l’inexplicable ?
Questions sans réponses posées à chaque fois qu’un tel drame intervient, du soudard antique au criminel moderne, des républicains de Vendée aux soldats de 1945.
Questions éternelles.
À la vérité, nul n’empêchera jamais qu’un homme devienne assez fou pour accomplir de tels forfaits.
 Nul ne pourra jamais mettre la société totalement à l’abri de tels prédateurs.
Tout au plus peut-on prévenir, poursuivre et punir.
Et sur ce plan, notre État est gravement défaillant.
L’essentiel est que ce genre de chose ait le moins de probabilités de se passer.
Pour cela, il faudrait peut-être s’interroger sur cette hyper-sexualisation, sur cette banalisation du porno, qui donnent à certains des idées allant parfois jusqu’au viol.
Mais aussi se poser la question des moyens alloués aux autorités policières pour surveiller ces individus, les traquer, leur imposer l’exécution des peines prononcées contre eux et, en définitive, les empêcher de passer à l’acte.
L’individu interpellé, de nationalité polonaise, avait déjà été condamné à plusieurs reprises.
 En vertu des traités européens, et en dépit d’une interdiction de territoire suivie d’une expulsion vers la Pologne, il circulait librement en France sans être inquiété.
En 2010, il était condamné à 6 ans de prison pour une série d’agressions.
 Dans le système judiciaire actuel, 6 ans, c’est une lourde peine, qui traduit des faits extrêmement graves, ou un casier judiciaire bien chargé.
 Mais, en France, les peines de prison ne sont jamais purgées en totalité.
Dès l’entrée en maison d’arrêt, le condamné bénéficie automatiquement de diverses remises de peine.
Ce n’est pas aux forces de police qu’il faut en faire le reproche.
Saturées de travail, elles sont très occupées à remplir les missions prioritaires que leur confie le gouvernement : protection des personnalités, répression routière, statistiques, surveillance des opposants politiques…
Et comme les journées n’ont que 24 heures, leur tâche prioritaire de sécurisation du territoire n’est pas toujours prioritaire.

 Quant à la justice de notre pays, gangrenée par le laxisme ambiant, elle détruit allègrement tous les efforts des policiers et gendarmes pour attraper délinquants et criminels.

Lorsque, par hasard, elle se montre sévère, les prisons surpeuplées ne peuvent plus recevoir les condamnés, faute de volonté politique pour les agrandir, les rénover, les rendre décentes et efficaces.

Chloé est la victime d’un criminel.

 Elle l’est aussi – et c’est plus terrible encore – d’une société anesthésiée et devenue incapable de protéger les plus faibles.

 Forte avec les faibles, faible avec les forts.

À chaque petite fille victime de cette barbarie, la société proclame « plus jamais ça ! »

Jusqu’à la prochaine.

 La mienne, la vôtre.

Repose en paix, Chloé !

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