mercredi 25 mars 2015

Directeur d’école soupçonné de viol : quand le laxisme de la justice rejoint l’incompétence de l’Éducation nationale


 
 
Le 25/03/2015
 
La justice française est ainsi faite : des photos comparant un ministre à un animal sont punies de neuf mois de prison ferme, des photos pédopornographiques de six mois avec sursis.
Le directeur d’une école de l’Isère a été placé en garde à vue lundi matin.
Quand le laxisme de la justice rencontre l’incompétence de l’Éducation nationale, le résultat est explosif, et les deux institutions se renvoient tour à tour l’affaire comme une grenade dégoupillée.
 Et au milieu de cet imbroglio de responsabilités partagées, deux petites filles de six ans et demi, violées au cours d’une « semaine du goût » (sic) très spéciale, et sans doute, encore, d’autres enfants.
 Les gendarmes ont trouvé, chez ce directeur nouvellement nommé, des photos et un film à caractère « pédopornographique ».
Instituteur depuis 2001, il avait déjà été condamné en 2008, pour recel d’images du même genre, à six mois de prison avec sursis, avec obligation de soins et mise à l’épreuve.
 Mais aucune interdiction d’exercer un travail avec les enfants n’avait alors été prononcée.
 Selon la présidente de l’Union syndicale des magistrats, tout est normal : « Il s’agit d’une peine complémentaire qui n’a rien d’automatique » car « la consultation d’images n’entraîne pas automatiquement un passage à l’acte ».
Pas « automatiquement »… mais donc « parfois » ?
 Et « parfois », n’est-ce pas encore affreusement « trop » ?
Mais quid de cet outil dont nos gouvernants raffolent tant, qu’ils dégainent à l’envi pour les toutes petites choses dérisoires, qu’on appelle « le principe de précaution » et qui vise, précisément, à anéantir le « parfois » : dans les écoles primaires, plus de chaîne ni d’écharpe autour du cou, à cause des étranglements ; plus de gâteau fait maison, à cause des intoxications alimentaires ; plus de Mercurochrome après une chute dans la cour, à cause des allergies… mais des maîtres condamnés pour pédophilie ?
L’inspectrice d’académie, nous explique-t-on, ne « savait pas », elle n’est donc pas responsable.
Mais attendu qu’il est peu probable qu’un tel homme claironne lui-même ses perversions lors de l’entretien d’embauche – « Mes hobbies, dites-vous ? Eh bien, je suis assez cinéphile, et puis un peu pédophile à mes heures » – n’aurait-elle pas dû… vérifier ?
Elle n’y était pas tenue.
 La vérification du Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS) n’est faite qu’une seule fois par l’Éducation nationale, au moment du recrutement initial, pas à chaque changement d’école.
L’homme n’a été condamné que sept ans après son intégration, personne n’a donc rien remarqué.
 Diantre !
 Si la nomination d’un directeur d’école fait l’objet d’un tel soin, on imagine avec quelle vigilance ont été recrutés en masse et dans l’urgence les « animateurs » indispensables à la réforme des rythmes scolaires.

 Puis le monsieur n’avait fait l’objet que d’une condamnation « avec sursis », donc la mention sur le bulletin B2 du casier judiciaire avait été effacée.

Car la justice française est ainsi faite : des photos comparant un ministre à un animal sont punies de neuf mois de prison ferme, des photos pédopornographiques de six mois avec sursis.

 On pourrait aussi, en regardant plus loin, se demander si de « semaine du goût » en « exposition du zizi sexuel », l’école de 2015 n’offre pas un cadre « flou » bien plus propice à tous les comportements déviants que celle qui ne comportait naguère que d’austères cours de maths ou de français, parfaitement codifiés, devant un tableau noir.

 Mais il y aurait, dans ce cas, tellement à dire que l’on préfère s’arrêter là.

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