mercredi 25 mars 2015

Dans l'Yonne, le système UMPS se porte bien

Posté le 25 mars 2015 à 06h35
Philippe Carhon


On comprend mieux pourquoi certains s'accrochent à leur poste de conseiller généraux.
 
Les électeurs du département de l'Yonne vont comprendre eux à quoi servent leurs impôts depuis quarante ans : 
 
"L'Amicale d'entraide des conseillers généraux de l'Yonne porte bien son nom. Les membres de cette association, tous d'anciens élus du département, reçoivent en effet par le biais de "l'Amicale" un généreux complément de retraite (...)
 Ils sont 24 à toucher entre 3 000 et 21 000 euros par an, avec une moyenne s'établissant à 10 600 euros annuels.

Cette discrète "caisse complémentaire de retraite" créée en 1975 compte parmi ses bénéficiaires des personnalités politiques de tous bords, qui ont en commun d'avoir toutes siégé à un moment ou un autre au conseil général de l'Yonne.
 L'ancien maire communiste de Sens, Jean Cordillot, a ainsi perçu 17 291 euros de pension en 2012 et 2013, tout comme Roger Lassalle, ex-député PS de l'Yonne.
C'est 5 915 euros de plus que ce qu'ont empoché ces mêmes années les élus de droite Philippe Auberger, ex-député-maire UMP de Joigny ou Michel Pichon, ancien élu UDF (...)

L'association sert aussi à améliorer la pension de plusieurs anciens ministres.
 Jean-Pierre Soisson, cofondateur du Parti républicain et ministre d'ouverture de François Mitterrand, a ainsi perçu plus de 100 000 euros en dix ans.

En 2013, sa retraite complémentaire s'élevait à 11 376 euros. Tout comme celle d'Hubert de Raincourt, ministre chargé des Relations avec le Parlement puis de la Coopération sous Nicolas Sarkozy (...)

Dans le cas de l'Amicale d'entraide des conseillers généraux de l'Yonne, le système n'a rien d'illégal (...)
Le problème, c'est le montant de cette cotisation comparé à la pension empochée.
29 euros par an, en échange de compléments de retraite de plusieurs milliers d'euros !
 Le différentiel ?
Il est pris en charge par le conseil général, qui subventionne l'association depuis bientôt quarante ans. D'après les calculs du Point.fr, sur dix ans, ce sont plus de 3,5 millions d'euros d'argent public que se sont "auto-votés" les bénéficiaires."

Cette situation dans l'Yonne explique peut-être pourquoi le sénateur UMP Henri de Raincourt est favorable au front républicain et soutient "sans ambiguïté les candidatures de Nicolas Soret (PS) à Joigny et de Cyril Boulleaux (DVG) à Villeneuve-sur-Yonne" tous deux engagés dans un duel avec le FN.
Restons entre nous, c'est plus sûr.
 
Les journalistes qui sont acharnés à traquer les "dérapages" des candidats FN pourraient peut-être consacrer un peu de leur temps à enquêter dans les autres départements où ce système existe peut-être ausssi...
 
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