mercredi 21 janvier 2015

Nantes. Un tag sur le Mémorial de l’esclavage fait du bruit.

 
Mémorial_de_l'abolition_de_l'esclavage
 
21/01/2015 – 08H00 Nantes (Breizh-info.com)
 
«Actes racistes au mémorial de l’abolition de l’esclavage». Depuis quelques jours, une affaire sème l’émoi dans l’entourage de la municipalité nantaise : le Mémorial de l’esclavage, situé quai de la Fosse, a en effet été tagué dans la nuit du 17 au 18 janvier dernier.
 
D’après les informations – difficilement recueillies auprès des services concernés qui ne souhaitaient pas communiquer sur l’affaire – on pouvait y lire «Taubira Casse Toi » en référence à la très controversée garde des Sceaux, Christiane Taubira, à qui «le peuple de droite» reproche notamment son laxisme judiciaire tout en étant dans le même temps intransigeante voir vindicative sur les lois mémorielles et les limites de la liberté d’expression.
L’inscription, ornée d’une croix celtique, symbole de mouvements classés à l’extrême droite, était complétée d’un tag sur lequel on pouvait lire « immigration = esclavage moderne ».
A l’initiative de ce monument, Jean-Marc Ayrault a aussitôt « condamné avec force les actes de vandalisme inacceptable au mémorial de l’abolition de l’esclavage de Nantes. Restons unis et vigilants ! »
 Johanna Rolland, l’actuelle maire de la Cité des Ducs, s’est exprimée pour « condamner fermement ces inscriptions intolérables et inacceptables. Ce monument qui a été inauguré en 2011 en présence de Christiane Taubira et Lilian Thuram, symbolise le devoir de mémoire et, au-delà, le combat pour les valeurs de la République : Liberté Égalité Fraternité».
La Ville de Nantes a déposé plainte contre X.

Johanna Rolland est ensuite allée rejoindre lundi soir une poignée de membres des collectifs Mémoire de l’Outre-mer, SOS Racisme Nantes et la Ligue des droits de l’homme afin de participer à une «chaîne humaine contre le racisme» devant le mémorial.
Voté en 1998 par la majorité PS de l’époque, le mémorial de l’esclavage a été construit sur le quai de la Fosse, au coeur de Nantes. 
 Son coût avait été estimé à 7 millions d’euros, pris en charge notamment par la Ville de Nantes, le conseil général de Loire-Atlantique et le conseil régional des Pays de la Loire et l’Union européenne.

 Un projet pharaonique, unique en France, qui aborde uniquement la traite atlantique.
Pas un mot en effet sur la traite arabo-musulmane, la traite interafricaine ou la traite des Juifs.
 
« Pour la municipalité de Nantes, seuls les Français devraient se rappeler de leur passé, en culpabilisant si possible. Mme Rolland  et M. Ayrault, qui vantent partout  l’aspect multiculturel deleur ville ont visiblement oublié la ‘diversité’ dans cet énième projet de repentance», souligne un enseignant en histoire de la région. 
 
Les nombreuses inscriptions haineuses ou incitant à la violence – du type «un flic, une balle, justice sociale» etc.- que l’on peut voir fleurir de temps à autre sur les murs de Nantes n’ont pas jusqu’à présent suscité de réactions ni de «chaînes humaines» ni de descente dans la rue de Madame Rolland et de ses amis.

 Une simple lacune, sans doute.
 
Photo : wikimedia commons (cc)[cc]  Breizh-info.com , 2015, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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