dimanche 21 septembre 2014

Rhône. Filière jihadiste lyonnaise: les deux frères voulaient "mourir en martyr" .

Publié le 19/09/2014 à 20:33

                  
Sept personnes ont été interpellées à Vaulx-en-Velin et Meyzieu entre mardi et jeudi. (Photo Loïc Bon)
 
Sept personnes ont été interpellées à Vaulx-en-Velin et Meyzieu entre mardi et jeudi. (Photo Loïc Bon)

 
Deux frères interpellés cette semaine dans la région lyonnaise, dans une enquête sur une filière jihadiste vers la Syrie, «nourrissaient l’ambition de mourir en martyr», a assuré vendredi le parquet de Paris.


Selon le parquet, «un membre de leur famille» est déjà «décédé dans un attentat suicide en Syrie en juin».
Dans cette enquête, cinq personnes doivent être présentées samedi à des juges d’instruction en vue de leur mise en examen.
L’enquête préliminaire, ouverte le 15 juillet, s’était concentrée sur une famille de Vaux-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise.
Trois membres de la fratrie «combattent actuellement en Syrie au sein de l’organisation terroriste de l’EI» (État islamique) «et trois autres demeurent en région lyonnaise», a précisé le parquet.
Le coup de filet a été déclenché car «l’enquête a, du fait d’éléments laissant craindre un passage à l’acte violent imminent, connu de rapides développements avec cette opération d’interpellations», selon le parquet.
Selon une source proche du dossier, si aucune cible spécifique n’a été identifiée, «un passage à l’acte a été envisagé» par les protagonistes.
En conséquence, un frère et une soeur de la famille, âgés de 22 et 24 ans, ont été interpellés et placés en garde à vue mardi, tandis qu’un troisième frère, âgé de 19 ans, prenait la fuite avant d’être arrêté jeudi dans une boutique à Vaux-en-Velin, porteur d’un Smith & Wesson chargé de calibre 38.



Cet homme a déjà été mis en examen avant d’être relâché sous contrôle judiciaire en novembre 2012 dans le dossier «Forsane Alizza», un groupuscule salafiste radical dissous.
A son domicile, les enquêteurs ont trouvé «une kalachnikov approvisionnée de 27 cartouches et d’une cartouche chambrée, le mode rafale engagé», ainsi que «des munitions de divers calibres».
«Un téléviseur, allumé, diffusait l’emblème de l’EI», selon le parquet.
Cet homme est également soupçonné d’avoir voulu «commettre des actions violentes, destinées à se procurer des fonds pour financer le jihad en Syrie».
Parmi les autres personnes présentées aux juges samedi figurent son fournisseur présumé d’armes.
Placée en garde à vue et interpellée lors du coup de filet, une mineure de 13 ans, mariée religieusement à un des frères, «fait l’objet d’une prise en charge éducative», selon le parquet.
L’enquête a, selon le parquet, également confirmé «l’existence d’une filière d’acheminement de candidats au jihad en Syrie, et notamment de jeunes filles, en lien avec les membres de la fratrie présents dans ce pays».
Lors des perquisitions, les enquêteurs ont également saisi «de nombreux documents, de sommes d’argent, de téléphones portables, de matériels informatiques».

L’information judiciaire a été ouverte pour «association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste», «financement du terrorisme» et «port, transport, acquisition et détention d’armes et munitions».

Selon le gouvernement, environ 930 Français sont impliqués dans des filières vers la Syrie et l’Irak (350 sur place dont 63 femmes, 185 repartis de Syrie, 170 en transit vers la zone et 232 ayant des velléités de départ), un nombre en «augmentation de 74% en huit mois».
AFP

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