lundi 22 septembre 2014

Air Algérie : deux mois d’enquête et toujours rien !


Crash du vol d’Air Algérie: les zones d’ombre de l’accident - YouTube thumbnail


Le 21 septembre 2014


   
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la communication dans cette affaire a été aussi catastrophique que l’événement lui-même.

On pensait bien avoir tout entendu au sujet du crash du vol Air Algérie au Mali dans la nuit du 24 au 25 juillet 2014 mais les dernières déclarations du Bureau d’enquêtes et d’analyses en date du 20 septembre ressemblent fort à une mauvaise farce.
Après deux mois de coûteuses investigations, les enquêteurs ont benoîtement affirmé que leur méticuleux travail « n’a pas permis pour l’instant de parvenir à une piste privilégiée expliquant l’accident ». Une conclusion somme toute logique lorsque l’on se remémore les grandes phases de cette enquête rocambolesque.
Dès le 25 juillet, en effet, la réunion de crise rassemblant en urgence à l’Élysée le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur, le ministre des Affaires étrangères et le ministre de la Défense avait un air de conseil de guerre en totale contradiction avec les déclarations rassurantes et compassionnelles d’un président de la République devenu, pour quelques jours, directeur de cellule psychologique, porte-parole de l’aviation civile et enquêteur en chef du désormais très célèbre BEA ; un remarquable enquêteur capable d’indiquer d’emblée la cause du crash et disserter longuement sur la météorologie sahélienne alors même que l’on ignorait officiellement ce soir-là où l’appareil et même si l’appareil s’était crashé.
Le contraste fut, par la suite, de nouveau souligné par la très martiale décision de mise en berne des drapeaux sur tout le territoire alors même que les autorités françaises continuaient à donner des signes d’affolement à chaque fois qu’un journaliste ou un spécialiste proposait une explication non accidentelle du drame, qu’il s’agisse d’un tir de missile sol-air ou d’un attentat à bord.
Quelques jours plus tard, cette volonté de ne pas laisser place au moindre doute fut, de nouveau, mise en évidence par la reconstitution des dernières minutes de l’appareil.
 La trajectoire décrite – à savoir un détournement de route suivi d’une chute brutale de 10.000 mètres – pouvait parfaitement correspondre au comportement d’un avion dont les pilotes auraient été menacés dans un premier temps puis exécutés dans un deuxième temps.

Curieusement, c’est la seule hypothèse qui n’a jamais été évoquée.
Elle promettait, pourtant, d’être facilement invalidée par l’étude de la deuxième boîte noire, celle qui enregistre les conversations dans le cockpit.
Las, le 7 août, les enquêteurs révélaient à l’opinion publique et aux familles des victimes que par un affreux coup du sort, cette boîte noire solennellement remise à la France par les autorités malienne le 28 juillet n’était pas exploitable et que l’on ne serait peut-être jamais en mesure de reconstituer ce qui s’est passé dans le cockpit.
On laissait cependant entendre, alors, que d’autres avions en déplacement dans la région auraient pu enregistrer ces informations.
 Au vu de la déclaration du BEA du 20 septembre, il faut croire que ce ne fut pas le cas.
 Notons tout de même que pour la première fois, la piste terroriste n’est plus écartée.
 Il est simplement dit que « rien ne peut la confirmer ou l’infirmer ».
Lorsque François Hollande avait fait savoir le 26 juillet que la France s’employait à sécuriser au plus vite le site du crash, seuls les citoyens les plus méfiants ont pensé qu’ils ne connaîtraient, par conséquent, jamais la vérité et qu’il eût été préférable que l’Algérie, le Burkina Faso et le Mali aient mené les investigations.
Après 15 jours de gestion élyséenne de l’affaire, et un mois et demi de recherches officiellement vaines, même les citoyens les plus confiants ont la curieuse impression qu’on leur raconte des « craques ».

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la communication dans cette affaire a été aussi catastrophique que l’événement lui-même.

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