samedi 23 août 2014

La vraie fausse invasion Russe, ou l'art de manipuler.

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Ceci est une invasion…

La Russie a perdu la tête, l’occident l’avait pourtant prédit, Moscou n’attendait qu’une chose, envahir l’Ukraine.
C’est chose faite le Kremlin a lancé l’invasion…avec près de 300…camions humanitaires (sans doute que Poutine ne dispose plus de chars).

Redevenons sérieux quelques instants!
 Depuis hier les médias s’offusquent et crient à l’invasion.
Sur le fait en lui-même, le président russe a-t-il eu raison d’ordonner au convoi humanitaire de rentrer en Ukraine ou aurait-il dû attendre ?
Tout dépend sous quel angle on se place.
 Sous l’angle Atlantiste, cela n’arrangera pas les relations c’est certain, mais depuis le début de la crise ukrainienne et le putsch de Kiev (n’oublions pas que le précédent gouvernement a été renversé et que les occidentaux ont applaudi des deux mains), quoi que puisse faire Moscou, et surtout ne pas faire, est détourné et immédiatement sujet à des sanctions.
L’exemple le plus flagrant reste le tragique cas du vol MH17: immédiatement après le crash, l’Ukraine, les Etats-Unis, l’Otan et l’Europe pointaient la responsabilité de la Russie.
 Les pro-russes n’ayant pas les capacités ni le savoir faire il y avait obligatoirement des cadres militaires russes impliqués, sans compter les photos prouvant la livraison de matériels.

Puis une fois les divers « arguments » décryptés, on ne parla plus que de l’implication des pro-russes, la maison blanche dans sa conférence de presse expliquant qu’il n’y avait aucune preuve de l’implication de la Russie, mais ceci ne fut pas repris par les médias.

 Et au final, depuis que les néerlandais examinent les boîtes noires du vol, plus personne ne parle du drame…
Plus personne ne réclame les enregistrements confisqués par les services ukrainiens (SBU), de la même manière que personne ne s’étonne de la récente déclaration des services affectés au décryptage des boîtes noires, qui viennent d’affirmer qu’ils ne publieraient pas l’intégralité du contenu des boîtes…
Pourquoi ?
 
De même, personne ne s’étonne que les preuves étasuniennes n’aient toujours pas été publiées.
Non, personne puisque de toutes façons, c’est la faute de Poutine.
 Il y a quelques jours, ce va-t-en guerre digne héritier de Staline avait même lancé une tentative d’invasion, selon les dires du gouvernement ukrainien, avec une colonne de 23 chars…heureusement, quasiment tous détruits par l’artillerie ukrainienne.

Une petite question est restée cependant sans réponse, où sont les carcasses des chars détruits ?

 Lorsque les journalistes sont arrivés, nulle trace de débris ou de combats.
 Mais la presse n’en avait cure, pas plus que l’Otan qui nous annonçait avoir des preuves,  enfin, quand il a été demandé qu’elles étaient les preuves, ils ont reconnu qu’il s’agissait des photos de chars roulant de nuit prises par un journaliste.


Un peu léger surtout en l’absence de carcasses.
 Se rendant compte eux-mêmes de la légèreté de la chose, l’événement fut transformé l’air de rien.
 On ne parla plus de la destruction (on ne démentit pas non plus), mais on affirma que la Russie avait livré des chars aux insurgés.
 Nulle trace de ces derniers non plus, mais le devoir de vérité n’en est plus à une entorse.
Voici donc depuis hier, Poutine réduit à envahir l’Ukraine avec des camions blancs humanitaires.
 Cela se comprend aisément puisqu’ayant donné tous les chars de l’armée russe aux séparatistes, il ne lui reste plus que des 38T pour envahir l’Ukraine.
Il aurait pu, c’est vrai attendre l’accord ukrainien qui ne serait sans doute jamais arrivé.
L’Ukraine prétextant n’avoir pas eu le temps d’inspecter les camions, alors que ceux-ci attendent depuis une semaine…
 Il n’y a pas eu la même entrave pour l’aide humanitaire venant de Pologne, il faut dire qu’elle n’était pas destinée aux civils de l’est de l’Ukraine mais à l’armée ukrainienne comme l’explique le site du gouvernement polonais.

 Une aide humanitaire à destination de l’armée tandis que les civils connaissent famine et bombardements comme à Gaza.
 
Alors la réaction du Kremlin peut se comprendre, ce n’est sans doute pas la décision la plus porteuse de paix, mais devant une situation où de toutes façons la Russie aurait été critiquée, autant s’affirmer comme un chef d’état fort et venir en aide aux civils d’Ukraine.
 
Car, si l’on atteint les presque 3.000 morts à Gaza, ici on les a dépassés depuis longtemps…
6.000 morts civils en quatre mois, plus de 400.000 réfugiés et tout cela à seulement 3.217 km de Paris !

 Mais ceci, les médias n’en parle pas, préférant se focaliser sur les déclarations du président Porochenko qui affirme vouloir parler de paix alors qu’il bombarde le coeur de Donetsk.
 Ce scandale n’émeut personne en Europe, où en revanche la baisse du prix des fruits et légumes fait la Une des médias.
 
A Lougansk, l’une des places refuges pour les rebelles, assiégée et inaccessible à la presse, l’eau, l’électricité et les communications sont coupées depuis près de trois semaines.
 A Donetsk, qui comptait un million d’habitants avant le début du conflit à la mi-avril, les rues sont quasiment désertes.
 L’eau courante, coupée entièrement dimanche, a été rétablie dans certains quartiers, mais les approvisionnements les plus simples manquent depuis plusieurs semaines, sans mentionner les médicaments.
 Et, la situation ne fait qu’empirer pour les civils.
Au moins 415.800 d’entre eux ont fui leur foyer, selon l’ONU qui a également fait état de plus de 2.000 morts en quatre mois.
 HRW estime que ce dernier chiffre est sous-estimé, il faudrait compter vraisemblablement 6.000 morts, tous civils, hommes, mais aussi femmes, enfants, vieillards.
 
Face à cette situation et avec un peuple russe attentif aux décisions du Kremlin, mais également les BRICS et d’autres pays émergents qui de plus en plus contestent l’hégémonie étasunienne à l’instar de l’Argentine qui a décidé de ne pas céder aux fonds vautours et à la justice étasunienne, Vladimir Poutine a choisi d’agir.
Il estime par ailleurs, que le délai attendu était amplement suffisant et que la souffrance des populations vivant dans l’est de l’Ukraine ne permettait pas de report supplémentaire.
Cela déclenchera-t-il une guerre, probablement pas.
 Porochenko a déjà annoncé que l’armée ukrainienne n’interviendrait pas, car même s’il parle d’invasion, il sait très bien qu’il ne pourrait faire face à une réelle invasion russe, et que la provocation des mots est le seul luxe qu’il peut se permettre.
 
L’Otan en profitera pour renforcer un peu plus ses bases et tenter d’étendre un peu plus son réseau comme elle le fait régulièrement, et les peuples européens seront en grande majorité confortés dans l’idée que décidément Poutine est un faiseur de guerre…puisque tous les journaux le disent.

 Faute de pouvoir convaincre il faut parfois savoir agir.
A-t-il eu raison ?
 Une telle décision n’est jamais sans danger, mais si cela dégénérait, il ne faudrait pas oublier l’immense responsabilité atlantiste dans cette affaire.

De même qu’il n’y aurait pas eu l’Etat Islamique en irak s’il n’y avait pas eu l’invasion étasunienne en 2003 et le soutien occidental contre al-Assad en Syrie.
 Ainsi, il n’y aurait pas eu ici de conflit et un pays en proie à la guerre civile, si les gouvernements européens et étasuniens n’avaient pas soutenu un coup d’état et par la suite, avant l’élection de Porochenko, un gouvernement putchiste…
 
Ce qui est certain, c’est que notre société ne compte pas beaucoup d’artisans de paix et qu’entretenir la haine ou la crainte par des informations mensongères ne va pas dans le bon sens.

Comme le rappelait le Saint Père, les journalistes ont le devoir de dire la vérité sans céder aux pressions des lobbys ou des politiques diverses…
 
P. D. Iouristoff

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