mardi 26 août 2014

La République des carriéristes


gouvernement-ayrault


Le 25 août 2014


   
L’intégration européenne continue sa marche de somnambule qui prive les gouvernants des pouvoirs que les électeurs ont cru leur confier.

L’incartade montebourgeoise est évidemment plus grave qu’il ne l’avait cru lui-même.
Un ministre et non des moindres qui ne ferme pas sa gueule, qui ne démissionne pas, et qui demande seulement de changer la politique gouvernementale – une paille – mais dans l’esprit quelque peu narcissique du coupable seulement !
Objectivement, l’édifice institutionnel de la Ve République vient de se lézarder en direct au début d’une année politique et menace de s’effondrer alors que le pays affronte des difficultés beaucoup plus quotidiennes.
Des modifications plus ou moins perceptibles l’avaient affaibli, la qualité défaillante du personnel politique est en passe de l’achever.
L’intégration européenne continue sa marche de somnambule qui prive les gouvernants des pouvoirs que les électeurs ont cru leur confier.
 Le quinquennat a ôté au Président ce qui justifiait sa différence.
 Il était élu directement par le peuple avec une durée supérieure à celle de l’Assemblée afin de disposer d’une légitimité pour incarner la nation dans sa totalité, et non à travers un parti, et afin de viser l’intérêt supérieur du pays dans le long terme.
 Il n’est plus désormais qu’un chef de parti lié à une majorité dont il a besoin et qui lui doit tout.

 Plus subrepticement, on a permis aux ministres de retrouver leur siège parlementaire en abandonnant leur portefeuille.
 Ce confort accordé aux carrières n’est pas un détail.
 Le parcours « professionnel » passe désormais avant le sens de l’État.
 La menace d’un échec électoral après démission en avait forcé plus d’un à la sagesse.
Il reste un dernier coup de pioche à donner au bâtiment – la proportionnelle – afin d’en revenir au règne apparent des partis et à l’agitation des ambitieux amplifiée aujourd’hui par la saturation médiatique qu’ignorait l’époque de l’unique chaîne télévisée.
[…]
Mesure-t-on l’inconvenance d’un ministre de l’Économie demandant de changer la politique dont il est responsable lors d’une fête champêtre et néanmoins partisane ?
Sans passer par le Premier ministre ?
 La légèreté d’un ministre français promettant de hausser le ton avec l’Allemagne, en oubliant le Président et son collègue des Affaires étrangères ?
 Mais justement, cet homme n’est pas un ministre, c’est seulement un de ces histrions du théâtre politique qui se voit déjà au sommet de l’affiche en 2017 et n’hésite pas à piétiner les institutions et l’intérêt supérieur du pays pour prendre ses marques, à déployer sa démagogie pour séduire le parti d’abord et les électeurs ensuite.
Valls, en tranchant rapidement, fait preuve de volonté et de courage.

 Il soigne son image et prépare aussi son avenir en l’arrimant à une conception plus respectable du service de l’État.
La comparaison avec le Président lui sera profitable, mais pourra-t-il tenir plus de deux ans encore en défendant une politique qui ne portera pas ses fruits d’ici là ?

Dans ce jeu de rôles qui évite les vraies questions comme celle de l’euro, il est probable que, chez les uns et les autres, le plan de carrière l’emporte sur ce que de Gaulle appelait l’intérêt supérieur de la patrie !

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